Groupe:

Marillion

Date:

11 Décembre 2016

Interviewer:

Didier

Interview Steve Rothery (face à face)

Salut Steve, merci de m’accorder un peu de ton temps. Parlons un peu de votre groupe pour commencer. T’attendais-tu à ce que votre carrière dure aussi longtemps lorsque vous avez créé ce projet il y a plus de 30 ans ?

Oh non. Nous n’imaginions pas cela. On ne se projette jamais aussi loin dans l’avenir lorsqu’on est jeune et qu’on débute dans la musique. On essaie tout simplement de jouer la musique qui nous plait et de réaliser nos rêves. Nous n’avons fait aucun projet à long terme avant l’arrivée de Fish au sein du groupe. C’est à cette période que nous avons commencé à réfléchir à l’avenir du groupe. Nous avions engagé Keith Goodwin comme manager, nous commencions à nous faire connaître dans la presse musicale au Royaume-Uni et à jouer dans les clubs les plus célèbres de Londres. C’est à ce moment-là que notre carrière a vraiment décollé. Auparavant, on laissait simplement les choses se faire naturellement. On composait, on jouait nos morceaux sur scène et ça s’arrêtait là.

Lorsque Fish a quitté le groupe, avez-vous envisagé de mettre fin à votre carrière ?

Pas vraiment. Car j’ai toujours composé la majorité des morceaux. Nous avions beaucoup d’idées intéressantes et cela nous rendait très enthousiastes. Nous avons exploité certaines de ces idées dans "Seasons End" et dans "Holidays In Eden". Nous ne pensions pas que notre carrière était terminée, mais nous devions évidemment trouver un nouveau membre aussi créatif que nous, afin de créer avec lui une relation complètement différente de celle que nous partagions avec Fish. Nous avons longtemps cherché avant de rencontrer Steve.

Etes-vous toujours en contact avec Fish ?

Oui, occasionnellement. Pour des questions d’ordre professionnel, par exemple lorsque nous rééditons un de nos anciens albums. Nous nous entendons très bien actuellement.

Durant toutes ces années, as-tu déjà envisagé de quitter le groupe ?

Pas vraiment. J’ai consacré ma vie à la musique depuis l’âge de 16 ans. Je n’ai jamais rien voulu faire d’autre. Je n’avais aucun plan B. C’est un merveilleux métier. Nous ne sommes pas le groupe le plus célèbre ou le plus riche du monde, mais notre carrière nous permet de vivre confortablement et de subvenir aux besoins de nos familles. Nous avons également la chance de pouvoir composer et jouer la musique qui nous plaît.

Au cours de vos discussions, avez-vous déjà évoqué la conclusion du projet Marillion?

Non. Mais nous ne sommes plus tout jeunes. Certains d’entre nous ont passé la soixantaine et les autres s’en approchent. Nous aurons bientôt du mal à assurer les tournées. J’ai toujours dit que je voulais composer au moins vingt albums avec Marillion. Si on tient compte du rythme auquel nous travaillons, nous devrons continuer ensemble pendant une dizaine d’année afin d’atteindre cet objectif [rires]. Mais j’aime imaginer que nous avons encore une quinzaine d’année devant nous, mais ce n’est pas certain. Dans dix ans j’aurais 72 ans et dans quinze ans j’en aurais 77. Il est impossible de savoir à l’avance comment notre santé évoluera.

Qu’as-tu à répondre aux personnes qui affirment que le départ de Fish a mis fin à la carrière de Marillion ?

Je pense que tout s’est terminé lorsque Diz Minnitt a quitté le groupe [rires] [Premier bassiste qui a quitté le groupe en 1982]. Pour moi, cela n’a aucun sens. Je pense que certaines personnes s’attachent à un line-up particulier car il leur rappelle des événements ou une période qui les a marqués. Cela compte beaucoup pour eux et ils sont tristes de devoir y renoncer.

Tu as également plusieurs autres projets en cours, comme par exemple The Wishing Tree. Est-il toujours d’actualité?

Plus ou moins. Nous étions sur le point d’enregistrer notre troisième album et Hannah a eu un bébé, il y a environ trois ans et demi. Et elle a dû consacrer tout son temps et toute son énergie à son enfant. Mais je pense que nous réussirons à retravailler tous ensemble lorsque nous en aurons le temps. Nous sommes vraiment très proches et nous entendons parfaitement sur le plan musical. Alors oui, j’espère que nous pourrons enregistrer un autre album ensemble.

L’année dernière, tu as également enregistré un remarquable album solo intitulé "The Ghosts Of Pripyat". Lorsque tu composes, comment choisis-tu les morceaux que tu réserves pour Marillion et ceux que tu préfères garder pour tes autres projets ?

Ce projet a vu le jour lorsque nous avons participé à un festival musical en Bulgarie. Et au départ, mon ami Dave Foster et moi avions simplement prévu de jouer en utilisant une pédale de loop. Mais ils nous ont finalement demandé de jouer pendant une heure et demie, alors nous avons pensé qu’il serait plus judicieux de former un groupe et de composer plusieurs morceaux afin de répondre à leurs attentes. Alors j’ai organisé plusieurs sessions d’improvisation avec Dave, nous avons composé quelques morceaux, j’ai également exploité certaines de mes idées, et tous ces éléments nous ont permis de créer les morceaux de l’album. Le processus de composition ne nous a posé aucun problème, mais l’enregistrement et la production se sont avérés bien plus compliqués car ces deux étapes m’ont demandé beaucoup de temps et d’efforts. Alors je n’ai pas vraiment réservé des morceaux pour Marillion car les titres utilisés pour ce projet ont tous été composés sur place. En fait, pour cet album solo, nous avons travaillé comme nous le faisions avec Marillion, à l’époque où je composais la majorité des morceaux. Ca facilite les choses, car je n’ai pas besoin de discuter de chacun des morceaux avec le reste du groupe. Actuellement, tous les membres du groupe participent aux processus de composition et cela donne d’excellents résultats mais cela prend beaucoup de temps. Et nous avions choisi de faire le contraire lorsque je composais pour mon album.

Cet album fait référence à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, milites-tu activement en faveur de la sortie du nucléaire ?

Oui, je m’oppose à l’utilisation de l’énergie nucléaire sous toutes ses formes. Il suffit de réfléchir aux événements qui ont eu lieu à Tchernobyl et plus tard à Fukushima, ou des milliers de litres d’eau radioactive sont encore déversés dans l’océan chaque jour. Je comprends que l’électricité soit indispensable au bon fonctionnement des infrastructures des pays du monde mais je pense que les personnes qui choisissent de privilégier l’énergie nucléaire sont uniquement motivées par l’appât du gain et ne réfléchissent pas à l’avenir…

Envisages-tu d’utiliser Fukushima comme titre pour ton prochain album solo ?

[rires] Non, mon prochain album sera consacré à l’espace et j’espère pouvoir le composer en collaboration avec un de mes amis, sûrement au cours de l’année prochaine, mais je n’en sais pas plus pour l’instant.

As-tu d’autres projets en cours actuellement ?

Je vais enregistrer un nouvel album solo avec mon groupe. J’aimerai également participer à un autre projet qui s’intitule Night Circus, avec ma fille qui chante et compose des morceaux. Ma femme chante également, ça me plairait d’organiser quelque chose avec elles, ce serait sûrement un projet de style gothic folk.

Sur le plan commercial, Marillion est vraiment un groupe très intéressant. Vous avez réussi à créer votre propre label. Comment y êtes-vous parvenus ? Etait-ce difficile? Qui se charge de gérer l’aspect commercial de votre carrière au sein de votre groupe ?

Lorsque nous avons renvoyé notre manager, j’ai commencé à me renseigner sur l’industrie musicale en lisant de nombreux livres. A la suite de cela, j’ai organisé notre première tournée au Royaume-Uni. Et cela m’a permis de comprendre comment l’industrie fonctionne depuis environ trente ans. J’ai pris conscience des erreurs qui ont été commises et des pertes financières que le groupe a subies à cause de cela. Nous avons fini par nous répartir les rôles afin de prendre en charge les finances et Lucy est devenue notre manager et s’est occupée de l’organisation des événements. A présent, nous avons plus d’expérience dans ce domaine que la plupart des gens qui travaillent pour les labels.

Selon toi, pourquoi les groupes n’essaient-ils pas de suivre votre exemple ?

Cela nécessite certaines connaissances techniques. Il faut également avoir un certain nombre de fans. Et la plupart des groupes choisissent de faire appel aux services d’un label car ils ne se pensent pas capables de s’occuper de tout cela eux-mêmes. Ils ne réalisent pas que l’industrie a beaucoup changé et que les nouveaux médias ont plus d’influence que les stations de radios, qui refusent généralement de diffuser vos titres, et les magazines, qui refusent de vous consacrer un article. Si vous consacrez du temps aux réseaux sociaux, et que vous utilisez YouTube ou Facebook afin de réunir des fans, vous parviendrez facilement à éveiller l’intérêt de milliers de personnes. Et si chacun de ces fans acceptent de vous donner vingt euros afin de vous aider à enregistrer votre prochain album, vous obtiendrez plus d’argent que ce que vous auriez pu espérer normalement. Un des membres du groupe doit gérer l’aspect commercial et cela peut l’empêcher de profiter pleinement de sa vie de musicien. Cette personne doit être capable d’envisager l’avenir du groupe sur le long terme car c’est la seule façon de durer dans l’industrie musicale actuellement.

Votre groupe a innové à plusieurs reprises dans le domaine de la production musicale. Vous avez commencé très tôt en organisant une opération de crowdfunding. Cette méthode est largement utilisée à l’heure actuelle. Penses-tu qu’elle représente l’avenir de l’industrie musicale ?

Je pense que oui, notamment pour les groupes les moins célèbres. Tu sais, il ne reste plus que 3 labels majeurs à présent. Ces derniers ont racheté de nombreux petits labels. Il est donc logique qu’un artiste qui commence à se faire connaître n’ait pas forcément envie de se lier à long terme avec un label. Car ce dernier gagne de l’argent grâce à la publicité, au merchandising, aux concerts. Grâce à tout ce qui concerne le groupe en réalité. Je trouve que c’est criminel, vraiment. Mais les groupes continuent de croire aveuglément aux promesses des labels car les gens pensent que l’industrie musicale ne peut pas fonctionner autrement. C’est la même chose pour ces écoles de musique, je ne sais pas si c’est la même chose en France, mais aux USA et au Royaume-Uni, il y a des écoles qui forment les jeunes qui souhaitent devenir chanteur, compositeur ou artiste. Et des milliers d’écoles de ce genre sont créées chaque année. Ils font croire à leurs élèves qu’il est encore possible de devenir riche, d’être une rock star, d’avoir des limousines et des jets mais c’est faux. L’industrie a beaucoup changé durant ces 15 dernières années…

Vous avez également innové en adoptant de nouvelles pratiques, notamment celle qui consiste à proposer un enregistrement audio de tous les concerts que vous donnez pendant une tournée. Cela réjouit sans doute la plupart de vos fans. Est-ce compliqué d’organiser tout cela ? Utilisez-vous directement les enregistrements sans les modifier ?

En fait, il s’agit d’une de mes idées, et nous le faisons encore de temps en temps. La plupart de nos concerts sont enregistrés mais nous n’utilisons pas tous ces enregistrements. Nous les mettons en ligne lorsque nous trouvons qu’ils en valent la peine. Nous utilisons les pistes enregistrées par la console principale et par deux micros ambiants.

Penses-tu que l’avancée technologique vous permettra de proposer un jour la version vidéo de ces enregistrements ?

C’est plus compliqué, pour cela il faut un plus grand nombre de cameras afin de couvrir différents angles. Il faut également faire appel à une ou deux personnes supplémentaires pour le mixage afin d’obtenir un résultat de qualité.

Pour moi, votre groupe se démarque également des autres grâce à votre concept des "week-ends Marillion". Peux-tu nous expliquer comment vous avez eu cette idée ?

C’est arrivé lorsque nous étions en train de répéter dans un local spécialisé qui appartient à un type appelé Sil Willcox, qui gère la carrière du groupe The Stranglers. Un événement du même genre avait été organisé dans le parc de loisirs local, Pontins, et il nous a conseillé de faire de même. C’est lui qui a organisé notre premier week-end de concerts il y a 12 ans. Nous pensions que c’était une idée intéressante mais Pontins n’était pas vraiment le lieu approprié pour cela. Nous avons donc cherché un meilleur endroit et nous avons organisé l’événement nous-mêmes dans un autre parc de loisirs appelé Butlins, qui se trouve également au Royaume-Uni. Nous avons organisé trois événements de ce genre dans ce parc, puis nous avons renouvelé l’expérience dans un Center Parcs au Pays-Bas, et cela a été un grand succès.

J’ignore combien de concerts de ce type vous avez déjà donné. J’assisterai pour la première fois à l’un de ces événements en 2017. Cependant j’ai remarqué que vous avez ajouté plusieurs nouvelles destinations du monde dans votre programme, en plus des dates initiales de Zeeland et de Montréal. N’est-ce pas un peu excessif ? Ne penses-tu pas que cette expérience unique risque de se banaliser à la longue ?

Nous avons également ajouté une date au Royaume-Uni, il y a quelques années, puis nous avons ajouté des concerts en Pologne et à Santiago. Je ne pense pas que cela changera grand-chose. Nous jouerons en petit comité en Pologne, il n’y aura pas plus de 1500 spectateurs.

J’ai remarqué que vous jouez toujours un album dans son intégralité lors des concerts qui sont programmés les vendredi soirs. Cela nécessite-t-il une préparation particulière? Notamment pour les morceaux qui n’ont jamais été joués sur scène ?

Oh oui, nous nous préparons trois mois à l’avance afin de bien organiser ce type d’événement.

Trois concerts d’affilée, voilà un weekend bien rempli ! Vous n’êtes pas trop fatigués ?

Si, nous sommes complètement épuisés après ça.

Parlons de votre dernier opus, "F.E.A.R", qui est sorti il y a quelques mois. Pour commencer, vous nous proposez à nouveau un double album, comme "Happiness Is The Road". Vous ne semblez pas apprécier le format CD standard. A moins que vous n’ayez un autre problème à ce sujet ?

Nous tenons à nous exprimer sans forcément se conformer aux normes en vigueur. Et nos morceaux évoluent de façon naturelle, ils se développent. Et c’est un des avantages de notre méthode de travail, nous avons la possibilité de créer nos propres règles et d’exploiter nos idées afin de créer des morceaux qui ont une structure unique.

Comment avez-vous procédé pour composer cet album ? Avez-vous essayé de nouvelles choses cette fois-ci ?

Nous n’avons pas vraiment changé de méthode. Il y a eu une seule nouveauté : notre producteur, Mickael Hunter, a enregistré nos sessions d’improvisation et les a téléchargées sur notre plate-forme Sound Cloud privée. Et cette fois-ci, nous avons ensuite utilisé ces enregistrements pour choisir les compositions qui faisaient l’unanimité au sein du groupe. C’est la première fois que nous procédons ainsi. Cela nous a permis de travailler plus facilement et plus rapidement. Nous tâcherons de nous en souvenir.

Je me souviens avoir entendu l’expression "Fuck Everyone And Run", dans l’album de Steve H et de Richard Barbieri. Ce nom provient-il bien de cet album ?

Oui.

Ce titre a une double signification car cet acronyme signifie également peur, et cet album semble vraiment très pessimiste. Considères-tu vraiment le monde actuel sous cet angle ?

La plupart des textes de cet album ont été écrits il y a trois ou quatre ans. Et beaucoup de choses se sont passées depuis cette période. Il y a eu le Brexit et Donald Trump. Nous donnions justement un concert à New York, à Time Square, le soir de l’élection. Nous avions l’impression de vivre une expérience surréaliste en jouant les morceaux de cet album dans ces conditions. C’est ainsi que Steve considère le monde, mais nous pouvons tous nous identifier à lui. Steve écrit sur les sujets qui le touchent, cela peut concerner ses relations personnelles ou les actualités mondiales. Et comme je l’ai précisé, ces textes ont été écrits il y a longtemps, il semble donc qu’ils aient un aspect prémonitoire car les problèmes qu’ils annonçaient sont bien réels aujourd’hui. A présent, nous le surnommons le "Nostradamus du Rock ‘n’ Roll" [rires].

C’est difficile de garder espoir lorsqu’on écoute cet album. Ne te méprends pas, je l’ai vraiment adoré, mais le monde est vraiment foutu …

Vraiment oui, on ne peut plus se voiler la face…

Lorsque j’ai écrit ma chronique, j’ai précisé que je trouvais que le son de ta guitare était un peu en retrait suite au mixage ; mais j’ai également ajouté que tu n’avais rien perdu de ton incroyable talent et que tu avais réussi à inclure de formidables solos dans cet album. Etait-ce un choix délibéré de votre part de valoriser davantage le son du piano et de la basse ou cet effet vient-il tout simplement du mixage ?

Non, pas vraiment. Ce n’était pas voulu, je veux toujours augmenter le son de la guitare [rires]. C’est un travail de groupe, donc oui.

Les fans espèrent toujours entendre un solo parfait à un moment précis lorsque tu joues d’anciens morceaux qui sont aujourd’hui devenus mythiques, comme "Kayleigh", "Easter" ou "The Space". Subis-tu une pression supplémentaire pour toi à cause de cela, et apprécies-tu encore de jouer ces parties ?

Je leur donne généralement ce qu’ils attendant. Il m’arrive de modifier légèrement un solo, mais j’essaie toujours de retransmettre la même émotion car j’aime jouer des solos intenses. Mélodiques, atmosphériques et émouvants. Pour cela, je dois me concentrer précisément sur chaque note afin d’exprimer une émotion. Oui, j’aime toujours jouer ces parties. Et tu sais, quand on est en tournée, nous vivons des moments formidables comme lors de notre concert d’hier soir à Paris, mais ce n’est pas forcément le cas tous les soirs. Mais nous avons beaucoup de chance, nous avons un public merveilleux dans le monde entier.

Es-tu conscient que certains de ces solos peuvent émouvoir aux larmes et faire frissonner certains de vos fans les plus dévoués ? Tu peux me croire, j’en sais quelque chose…

Oui. Et c’est très touchant de voir l’impact que notre musique a sur les gens. Nous avons pu le constater un peu partout dans le monde. J’ai vu un homme en pleurs pendant notre concert à Mexico, il devait avoir une quarantaine d’années. Je remarque ce genre de détails depuis la scène. C’est vraiment quelque chose de particulier la musique et l’effet qu’elle peut avoir sur nous. Et parfois, cette même musique laisse d’autres personnes complètement indifférentes. Certaines personnes ne sont pas sensibles à la musique.

As-tu modifié ton équipement guitare au cours des années ? As-tu découvert un accessoire utile que tu aurais aimé pouvoir utiliser au début de votre carrière ?

Je n’ai pas fait beaucoup de changement, mais j’y ai ajouté quelques éléments. J’utilise un équipement particulier pour jouer nos anciens morceaux, et je privilégie les amplis à lampe pour jouer les morceaux d’"Arachnophobia". Je change souvent de guitares et de pédales, mais j’ai une pédale Leslie que j’utilise très souvent. Le reste de mon matériel est assez standard, avec quelques effets de modulation, de trémolo, de distorsion, ou de delay et de reverb. Cela devrait te donner une petite idée de l’ensemble.

Parlons un peu de votre dernière tournée, est-ce que vous appréciez toujours autant ces longs déplacements ? J’imagine que cela doit être fatiguant pour vous tous ?

Cela nous plaît toujours autant. Nous avons apprécié la tournée dans son intégralité : la première partie qui s’est déroulée aux Etats-Unis et la seconde qui a duré deux semaines en Europe. Nous nous entendons tous très bien, nous jouons mieux que jamais. La production et l’organisation des concerts, avec les écrans, sont formidables. Le système de sonorisation est génial. Le seul inconvénient que nous ayons rencontré était la forte chaleur pendant nos concerts dans les salles à Paris et à Lille.

Vous êtes partis en tournée aux USA afin de promouvoir votre dernier album, comment cela s’est-il passé ? Avez-vous beaucoup de fans Américains ? Sont-ils aussi loyaux que vos fans Européens ?

Oui, mais ils sont dispersés à travers les différents états. Deux tiers de notre public américain ne connaît pas encore nos derniers morceaux et je pense que la plupart des gens qui sont venus nous voir sur scène ont fait le déplacement pour entendre nos anciens morceaux. C’est différent pour nos fans européens, car nous savons qu’ils assistent à nos concerts pour découvrir nos derniers titres. C’est ce qui les différencie principalement.

Vous êtes actuellement en tournée à travers l’Europe. Peux-tu nous dire quand cette dernière s’achèvera ?

Ce soir, nous donnons le dernier concert de la tournée. Après ça, nous allons participer à plusieurs conventions. Je vais également donner huit concerts avec mon groupe solo. Puis à l’automne prochain, nous allons jouer dans plusieurs grandes salles, comme le Royal Albert Hall à Londres et le Zénith de Paris. Nous avons déjà joué au Zénith et nous y avons passé un excellent moment. Nous sommes vraiment ravis de pouvoir y retourner.

Combien de morceaux de votre dernier album avez-vous choisi de jouer sur scène? Votre discographie est tellement vaste, j’imagine que cela complique les choses lorsque vous préparez votre setlist ?

Nous avons décidé de jouer trois nouveaux morceaux : "The New Kings", "El Dorado" et "Living In FEAR".

Voyagez-vous en bus pendant vos tournées actuellement ?

Oui, nous nous déplaçons en bus pendant les tournées.

As-tu le temps de faire des visites touristiques lors de tes déplacements ?

Parfois oui. Je suis allé au Sacré Cœur hier, et j’ai pris un petit-déjeuner à Montmartre. Cela me plait beaucoup.

As-tu déjà entendu parler de la gastronomie Lyonnaise ? Et as-tu déjà eu l’occasion de la découvrir ?

Tout à fait. J’ai passé quelques jours à Lyon avec ma famille, il y a environ six ans.

Avez-vous déjà des projets pour l’année à venir ?

L’année prochaine nous participerons à plusieurs conventions et nous donnerons plusieurs concerts en automne. Nous profiterons ensuite d’une pause de deux mois. Et nous commencerons à composer des morceaux pour notre prochain album au printemps 2018.

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de me répondre. Je te souhaite un excellent concert ce soir à Lyon et je te propose de conclure cette interview en adressant un dernier message à nos lecteurs…

D’accord, n’hésitez pas à écouter notre dernier album ainsi que mon album solo. Nous serons de retour à Paris au mois d’Octobre.