Groupe:

The Necromancers

Date:

21 Juin 2019

Interviewer:

dominique

Interview Tom, Ben & Simon

Salut, je suis Dominique et je représente le webzine AuxPortesDuMetal. The Necromancers, c’est qui c’est quoi ?

Ben : On s’est rencontré il y a quelques années, quand on était à l’université. Robin, le guitariste lead et moi, on se connaissait d’avant et on a rencontré les gars à l’Uni. De fil en aiguille, on s‘est mis à faire de la musique ensemble. On avait tous envie de monter un projet en commun et de s’y mettre vraiment. Les envies de tous ont concordé au bon moment et cela a permis de créer The Necromancers.

Je l’avais mentionné dans ma chronique, je me réjouissais de vous voir sur scène. Je n’ai pas été déçu. Nous étions trois du webzine à être présents ce matin, et de l’avis de tous, c’était top. Pour vous cela s’est passé comment, pas trop dur d’être en ouverture du Hellfest festival ?

Simon : Une petite pression avant de monter sur scène, mais plus parce qu’on avait envie de bien faire et de tout donner, que de la peur. Nous en tout cas, nous on s’est éclaté et on a passé un super moment. Et même avec le Knotfest le soir d’avant, les gens étaient encore bien pour le premier concert. Du coup pour nous c’est tout bénef.

Tom : Non, pour nous ce n’était vraiment pas une purge de commencer ; on savait du coup que nous aurions une foule encore attentive. Et puis en plus, on a eu un beau public qui a bien répondu, ça fait plaisir.

Que pensez-vous du festival justement, Est-ce votre première fois sur place en tant que groupe ?

Simon : Pour moi c’est ma première fois tout court.

Ben : Place connue, oui, comme spectateur seulement. A part Simon, on l’a tous fait plusieurs fois. Donc place connue et un peu comme à la maison, vu que ce n’est pas trop loin de chez nous.

D’ailleurs un petit truc au niveau du marais poitevin. On a plusieurs interviews avec des groupe du coin. Poitiers c’est quoi ? Le centre du metal en France ?

Ben : Ouais c’est vrai qu’il y a Trepalium demain et Klone qui vient de passer sur la Mainstage. Ouais, on vient tous de Poitiers, et on se connait assez bien du coup.

Deux LP en 15 mois, c’est court. Vous aviez du rab après "Servants Of The Salem Girl" ou c’était un nouveau processus créatif ?

Simon : Un peu des deux en fait. On avait quelques riffs qui traînaient, des compositions plus ou moins avancées ; mais au final c’est tout autant des nouvelles compos que des choses qui restaient après "Servant Of the Salem Girl". C’était aussi une envie commune de développer le travail qui avait été commencé, notamment pour le live, pour avoir des setlists différentes, pour proposer d’autres équilibres lors des concerts.

Et au niveau du processus créatif cela se passe comment ? Paroles d’abord et musique après ? Y a-t-il un des membres qui mène le développement ?

Ben : Généralement, on a Tom qui trouve les paroles et les trames mélodiques de son côté et le reste du groupe se concentre sur la construction des morceaux. On participe tous, on apporte tous notre patte au projet, ça reste très important. Mais c’est vrai que les textes c’est plutôt Tom.

Simon : Ça dépend aussi des morceaux en fait. Il y au moins un titre sur chaque album qui est apporté par un des membres. On a juste à y coller des paroles et des arrangements. D’autres sont créés sur des riffs de répétition, tous ensemble en live. Pour le second album, on est bien plus parti du texte puisque que celui-ci est centré autour d’un thème précis. Ça nous a aidé pour les arrangements.

Tom : En fait, comme l’a dit Simon, ce qui est différent avec le deuxième, c’est qu’il y a une idée de thématique. Moi, en écrivant les paroles, je pouvais dire aux gars que j’aimerais bien que la musique raconte ça, ou alors que l’on fasse ça comme ça. Le deuxième album est plus construit, guidé, alors que le premier est plus énergique, plus dans l’instant, plus instinctif.

J’ai écouté les deux albums et j’ai chroniqué le second. Je l’ai trouvé peut-être plus à mon goût car il me semble plus rock, plus blues. C’était une volonté, un axe de développement pour le futur ou alors c’était juste ce que vous vouliez faire à ce moment précis ?

Tom : En fait il n’y avait pas de réelle volonté de taper dans un style ou de changer, mais cela a été guidé par la thématique. On a eu des passages un peu plus doux, un peu plus flottant. On avait l’envie de développer des titres comme "Lust", qui commencent plus calme et qui finissent par exploser. Pour revenir à ce que tu disais, non je ne pense pas que ce soit une évolution qui va nécessairement se poursuivre. Pour l’instant, les idées que l’on a pour le prochain nous font dire que ce ne sera pas du tout la même chose que "Of Blood and Wine". Je pense que chaque album va dire autre chose et que l’on va adapter la musique, pour le dire tout simplement.

Bon le prochain album, vu le rythme, c’est dans même pas un an, c’est ça ?

Tous [rires] : Non, mais on est dessus...

Pour un jeune groupe comme vous, comment ça se passe pour vivre de sa musique et pour la diffuser ?

… personne ne semble vouloir répondre...

Tom : C’est une question piège…

Ben : ...Oui. On peut en vivre si on pousse assez loin et si ne on lâche pas l’affaire.

Simon : C’est dur, c’est un gros investissement de temps et de patience pour une retombée minimum si on prend l’aspect financier uniquement. On ne peut pas arriver comme ça, sauf coup de chance, faire des concerts, se sortir un salaire et être déclaré. En plus, en France, on a pas mal d’aspects administratifs qui sont compliqués, on a du mal à être bien aiguillé, c’est un vrai bourbier qui est chronophage. C’est donc parfois des compromis, avec l’obligation au début de faire en plus de l’alimentaire.

Tom : On a de la chance parce que, pour tous, le groupe reste une priorité. Comme le dit Simon, on doit faire des petits jobs pour vivre, mais la quasi-totalité de notre temps est donnée au groupe, qui est pour tous le seul projet musical.

Ben : Les plateformes internets permettent de se faire connaitre, ça va vite et tout le monde peut y avoir accès. Mais vu que c’est accessible, tout le monde peut le faire. Donc c’est un bien, mais ce n’est pas la clé puisque des milliers de groupes utilisent les mêmes vecteurs. C’est souvent une question de chance et d’opportunité pour sortir du lot.

Et pour se faire proposer une scène au Hellfest, ça se passe comment ?

Tom : Malheureusement, je n’ai pas de réponse miracle, là. Si on avait trouvé la formule magique on la garderait peut-être pour nous… En fait on a eu de la chance dès le début du groupe, par le fait d’être avec Son Of Liberation, notre tourneur, on a beaucoup joué. On est parti très vite sur la route pour faire des festivals genre Desertfest ou Up In Smoke, plus spécialisés mais qui nous ont ouverts un public. On a pu faire des tournées européennes assez conséquentes et je pense que le bouche à oreille a fonctionné tout simplement.

A part la promo, vous allez profiter du festival ? Donnez-nous vos conseils sur ce qu’il faut voir.

Simon : King Diamond !

Tom : Uncle Acid, Emperor et aussi Brutus à la War Zone. En fait, on est content d’être sur cette édition, parce qu’il y a vraiment des trucs chouettes à voir.

Ben : Valley vendredi après-midi, c’est assez dingue. Moi je vais aller aussi voir Dream Theater. [rire des autres]

Tom : On rentre en conflit là…

Merci pour votre temps, je vous laisse le mot de la fin pour nos lecteurs…

Ben : ...Merci ?

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