F A I R Y L A N D

Date d'interview

Janvier 2007

Interviewer

Yann G

I N T E R V I E W - HUGO LEFEBVRE (ANTHROPIA)

Merci Hugo de bien vouloir nous accorder cette interview pour le webzine metal http://www.auxportesdumetal.com/

C'est toujours un plaisir! :-)

Ton nouveau projet Anthropia vient de sortir son 1er album "The Ereyn Chronicles Part. 1". Peux tu stp nous le présenter ?

Bien sûr. Anthropia est né il y a environ 3 ans. J'étais à l'époque dans un groupe de reprise dans lequel je m'ennuyais un peu, j'ai donc décidé de créer à ce moment la un projet où je ferai tout par moi-même excepté la batterie. J'ai également rencontré à cette époque Quentin Borderie, qui venait de créer son univers/histoire heroic fantasy. Bien que je ne sois pas trop fan de ce genre d'histoire, j'ai vraiment accroché et réalisé de suite que je tenais là le concept de mon premier album.

Mis à part la batterie, tu as tout composé et joué comme un homme orchestre. Comment as tu procédé pour les compos et pour l'enregistrement ?

Pour la composition, j'aime bien prendre mon temps. Dès que je trouve une idée qui me semble intéressante, je l'enregistre pour ne pas l'oublier. Quand j'ai suffisamment de matériel, je réécoute toutes ces idées et rassemble celles qui se marient le mieux. Ensuite tout dépend du concept : dans l'histoire, je sais si tel ou tel morceau doit être triste, agressif, planant, ... et je répartis comme ça ces idées. Pour l'enregistrement je commence toujours par la guitare, car c'est l'instrument le plus important dans Anthropia. Je suis ainsi libre de modifier, structures, riffs, arrangements par la suite en fonction de cet instrument.

La préparation de cet album t'a pris combien de temps ?

Pour la composition, environ un an je dirai. Ensuite environ 2 mois pour enregistrer une démo avec tous les arrangements, puis un mois en studio pro pour le vrai enregistrement. C'est sûr que certaines étapes auraient pu aller bien plus vite, mais comme je l'ai dis j'aime prendre mon temps, et ainsi avoir le recul nécessaire sur telle ou telle partie d'un morceau.

Tu sembles passionné par l'heroïc-fantasy. D'où te vient cet intérêt ?

Et bien en fait pas tant que ça ! Je n'ai que lu le seigneur des anneaux par exemple. Je suis plus intéressé par les univers SF, fantastique voire même horrifique. Ce sont des univers que j'explorerai certainement avec Anthropia. L'histoire de Quentin m'a cependant réellement touché puisqu'elle fait voyager, rêver l'auditeur et est chargée en émotion. Pour moi c'est vraiment quelque chose d'important pour composer : être inspiré par les émotions ou situations dans lequel le héros se trouve. Ainsi tel ou tel morceau colle parfaitement avec l'épisode de l'histoire correspondant.

Peux tu nous résumer le concept et les paroles que tu développes dans cette 1ère partie de ces "Ereyn Chronicles" ?

Pour faire court : Amryl doit quitter sa contrée natale Ereyn afin de trouver un oracle légendaire découvert par son aïeul Arquel, oracle qui résoudrait tous les problèmes du royaume, problèmes qui sont eux-même engendrés par Empyr, le pays d'a coté qui tente constamment de corrompre Ereyn. L'histoire est vraiment intéressante et pas téléphonée. Par exemple il peut y avoir des changements radicaux dans le rythme du temps : Alors qu'un chapitre peut présenter 10 minutes de l'aventure, le prochain peut présenter plusieurs mois d'un coup. Ces cassures de rythmes permettent de ne pas "s'ennuyer" et également une évolution plus ou moins rapide des évènements.

Combien de parties as-tu prévu pour le futur ?

Rien n'est défini, mais je pense que 3 sera un bon numéro. Pour surprendre un peu les auditeurs, j'intercalerai entre chaque épisode des chroniques un album complètement différent mais qui demeurera tout de même conceptuel. Cela me permettra également de développer des environnements chers à mon cur (comme je le disais plus haut, SF, Fantastique...) en proposant toujours quelque chose de nouveau !

Comment définirais-tu le style de cet album ? Après quelques écoutes, je le qualifierais d'"un heavy à la Grave Digger, un prog alambiqué à la Pyramaze et un symphonique à la Symphony X".
Partages-tu mon point de vue ?

Ca me semble pas mal (rires). Il est vrai qu'à l'écoute de l'album, on peut ressentir quelques- unes de mes influences : Maiden, Megadeth, Dream T., Angra, Symphony X... Mon but est réellement de faire d'Anthropia un groupe de " catchy metal prog ". Le metal prog actuel ne m'accroche plus trop, surtout quand les gens font du prog pour faire du prog. Je pense que l'on peut arriver à faire une musique progressive tout en restant accrocheuse, comme y arrivent très bien des groupes comme Ayreon ou Pain Of Salvation.

On ressent une multitude d'influences sur cet album : Angra, Rhapsody, Symphony X, Dream Theater etc ...
Quels sont les groupes qui t'ont le plus influencé ?

Ah, on dirait bien que j'ai anticipé cette question (rires). Je dirai donc pour résumer : Question guitares, Angra, Symphony X, question voix, Iron maiden, Symphony X, Pain of salvation, et question compositions et ambiance, vraiment Ayreon et Pain of salvation. J'ai également découvert Opeth il n'y a pas très longtemps. Si le chant death me rebutait vraiment au début, la musique est vraiment très intéressante derrière, recherchée et mélodique comme je l'aime.

L'album contient des morceaux plutôt longs et complexes. Ne crains-tu pas que le côté trop complexe de cet album puisse te priver d'une partie du public métal ?

J'ai beaucoup de retour de personnes qui me disent : " Ton album est vraiment très progressif... mais j'adore ! ". Il est vrai que l'étiquette progressive peut parfois faire peur à certains de nos jours, car pour eux prog = chiant. Je ne les blâme pas, des fois j'écoute des groupes et je me dis : " Pfiou ils vont un peu trop loin dans le délire là !". Mon but est vraiment d'arriver à quelque chose de prog, mais quand même accessible, quelque part entre Angra, Symphony X et Pain Of Salvation.

Cet album sonne très pro. La production est énorme. Quel est ton secret ?

Je ne sais pas si c'est vraiment un secret, mais quel que soit ton métier, pour arriver à un résultat convaincant, il faut un minimum de rigueur. En musique c'est évidemment pareil. Ca peut être pénible d'avoir à bosser suffisamment la gratte pour être bien propre, bosser le chant pour avoir un niveau raisonnable, etc... De plus on a la chance d'être en 2007, et de nos jours avoir un gros son n'est plus seulement à la portée des gros studios... même si c'est sur, ils ont beaucoup plus de moyens pour y arriver ! Donc je dirai en conseil : beaucoup de travail pour avoir un jeu de guitare bien propre qui ressort bien, bien travailler ses morceaux en version démo, avec des arrangements suffisant sans qu'ils chargent trop !

J'ai lu que la production a été réalisée avec Willdric Lievin, ex Fairyland et Hamka. Comment l'as-tu connu et comment avez-vous bossé ensemble sur ce projet ?

Ce premier album d'Anthropia est une complète auto-production. A savoir que j'ai tout financé par moi-même. C'était bien évidemment un gros risque, puisqu'à l'époque, je n'étais même pas sûr que l'album soit distribué un jour ! Mais arrive un moment où il faut prendre son courage à 2 mains et se lancer. Je ne tiendrais peut-être pas le même discours si je recherchais toujours un label à l'heure actuelle c'est sur... L'album a été enregistré dans un studio à Monaco, où j'ai effectivement pu m'appuyer sur l'expérience des gens qui y travaillaient.

12) Peux-tu nous présenter les autres musiciens de Anthropia ?

Bien sur. On a d'abord Damien Rainaud à la batterie (qui joue sur l'album). Ce gars a seulement 21 ans mais maîtrise vraiment son instrument avec déjà beaucoup d'expérience de la scène. Yann Mouhad à la guitare, qui a un jeu très fluide et très technique. Nathalie Olmi au chant féminin. C'est la chanteuse du groupe français In Vitraux. L'ayant vu en concert, et ayant besoin forcément de churs et de chant féminin dans Anthropia, je me suis dis que je devais absolument l'avoir dans l'équipe. Enfin Julien Negro à la basse (ex- Lord of mushrooms) qui a également un jeu très technique et surtout toujours inventif. Très honnêtement, je ne pensai pas dire ça un jour, mais j'ai vraiment trouvé la dream team !

Comment as-tu eu l'opportunité de signer chez le label Magna Carta ?

Dans quelques jours maintenant va se tenir le Midem 2007 à Cannes. J'ai rencontré Peter Morticelli de Magna Carta au cours de l'édition 2006. C'est assez marrant en fait car le midem se déroule à 5 minutes de chez moi ! On a vraiment bien accroché, on lui a donné un album et 2 semaines plus tard nous recevions une proposition de contrat pour Anthropia. Je dois dire que tout se déroule à merveille avec eux, tant point de vue business qu'humain. Donc oui contrairement à beaucoup de groupes, je suis très content et fier de mon label !

Quels sont les projets d'Anthropia pour 2007 ? Une tournée est-elle envisagée ?

Absolument. Aucune date n'est encore tombée mais ça ne saurait tarder. On espère une tournée européenne en début d'année, quelques showcases, puis pourquoi pas quelques festivals par la suite. Puis je retravaillerai sur le prochain album qui verra le jour je l'espère vers fin 2007.

Si tu devais convaincre les lecteurs du webzine d'acheter ton album, que leur dirais-tu ?

Ahlala c'est terrible ça car je suis un très mauvais vendeur !(rires) Mais je dirais certainement que c'est un album où chacun trouve son compte, et où on ne s'ennuie pas en l'écoutant en entier d'une traite. C'est une règle pour moi dans Anthropia : 0 remplissage. Je suis fan des vieux albums de Maiden, 8 chansons, 8 tueries, 45min. Je pense qu'un album comme Seventh Son aurait été gâché s'ils avaient rajouté 3 chansons juste pour atteindre les 60 minutes. Du moment que l'on a dit ce qu'on avait à dire dans un album, pour moi c'est bon, qu'il soit court ou long !

Merci d'avance de nous avoir accordé cette interview Hugo !

De rien, en espérant vous voir sur la route !