Groupe:

Mr. Big + The Answer + Faster Pussycat

Date:

06 Novembre 2017

Lieu:

Paris

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Cela faisait six ans que les Américains de Mr. Big n'étaient pas venus nous voir ! La dernière fois, ces messieurs nous avaient offert une très belle soirée au Bataclan et il me tardait de les revoir à nouveau... Ma patience fut enfin récompensée en ce moins de novembre, et doublement récompensée même puisqu'on eut le plaisir d'apprendre, il y a quelques mois, que les excellents Irlandais de The Answer allaient se charger de la première partie. Traduction : soirée immanquable pour l'amateur de hard rock qui sommeille en (certains d'entre) nous. 

Les portes de la Machine du Moulin Rouge mirent du temps à s'ouvrir ce fameux 6 novembre. Pourquoi ? Ca n'a pas trop d'importance, un problème à la billetterie ou quelque chose dans le genre... Peu importe, ou presque. Parce qu'il y aura tout de même une petite conséquence à cela : les groupes devront légèrement réduire leur temps de jeu afin de respecter le "couvre-feu" réglementaire. On en reparle un peu plus tard.

Premier groupe à fouler les planches de la Machine du Moulin Rouge (bien remplie) : Faster Pussycat ! Je connais le nom, je l'ai déjà entendu plusieurs fois, il y a bien longtemps... mais c'est tout. A vrai dire, je ne savais même pas que le combo était encore vivant... mais j'imagine sans peine que quelques fans de ce groupe de Hard / Glam / Rock'n'Roll ricain devaient être ravis de les voir sur une scène parisienne. Pour ma part, je ne connaissais absolument aucune chanson mais ce style musical passant vraiment tout seul sur scène, il fut assez facile de rentrer dans le show proposé par le combo.

Faster Pussycat balança donc quelques salves (six, exactement... une de moins que sur d'autres dates de la tournée à cause du retard mentionné plus haut) bien rock'n'roll comme Jack The Bastard, Cathouse ou Slip Of The Tongue. Tout cela s'écoute et se laisse regarder même si, je l'avoue, je ne trouve rien de bien fantastique dans la prestation offerte par le groupe. Le chanteur n'est pas très impressionnant, le style musical est ultra-classique mais on doit lui reconnaître une certaine efficacité. L'enthousiasme du batteur fait plaisir à voir et le côté poseur du guitariste soliste est amusant. Le gimmick du bassiste, c'est de tirer la tronche, il le fait très bien, avec beaucoup de conviction... ça aussi c'est amusant. Le temps de jeu est court (une demi-heure) mais le groupe propose quand même une ballade, House Of Pain. C'est étonnant de jouer une ballade sur un set aussi peu fourni mais finalement, ça marche pas mal... on voit quelques fans dans les premiers rangs qui s'époumonnent, ils chantent toutes les paroles. Au final, le groupe ne met pas vraiment le feu mais livre un petit concert sympathique qui se termine avec une de leurs chansons les plus sympas (avis personnel) : Bathroom Wall


Peu de temps après, c'est changement d'ambiance radical avec The Answer. Le set démarre avec Solas, une chanson assez lente et sombre extraite de l'album du même nom... pas très rock'n'roll pour le coup mais assez hypnotique et très classe. En plus, le son est excellent, bien puissant, et le groupe soigne son entrée : c'est le batteur qui lance seul la chanson, bientôt rejoint par le bassiste, puis le guitariste... Chacun entre à son tour puis ajoute ses notes à la partition, jusqu'à ce que Cormac débarque pour entonner les premières lignes de chant du morceau. Le quatuor est, comme à son habitude, impeccable. Il vit ses chansons, la prestation est intense, Micky Waters (bassiste) accompagne Cormac Neeson sur le refrain, et Paul Mahon se montre moins timide, plus charismatique que les dernières fois où je l'ai vu, sans en faire des caisses non plus.  

A la fin du premier morceau, Cormac se tourne vers Paul et lui demande comment il se sent... Ce dernier répond en balançant le riff de Spectacular, la chanson suivante. Et là, on retrouve le The Answer plus classique, rock et entraînant auquel on est habitué. La prestation est top. Neeson est toujours un excellent chanteur, il bouge bien sur scène (il en perdra même son chapeau) et chaque musicien est parfaitement en place. L'ambiance dans la salle est d'ailleurs franchement sympa et chaleureuse... Elle ne redescendra pas sur les titres suivants, issus de Rise, le premier album : Under The Sky et Preachin'

Le chanteur s'adresse à nous avec humour, plaisantant notamment sur le quartier en prétendant planifier un petit tour après le concert, histoire d'aller faire connaissance avec certaines demoiselles plus ou moins vêtues (à moins qu'il l'ait vraiment fait, je ne sais pas, je ne l'ai pas suivi). Comme pour Faster Pussycat, les quatre Irlandais écourtent leur set et ne proposent donc que six chansons (au lieu des huit prévues). Ils nous gratifient d'une sympathique reprise de Rose Tattoo, Rock'n'Roll Outlaw, ainsi que de la toujours aussi efficace et enlevée Come Follow Me qui conclut un mini-concert impeccable mais bien trop court. L'accueil fut chaleureux... Espérons que cela donnera envie à The Answer de revenir nous voir rapidement. 

Setlist The Answer : 

01. Solas
02. Spectacular
03. Under The Sky
04. Preachin'
05. Rock'n'Roll Outlaw
06. Come Follow Me


Quand arrive Mr. Big sur scène, la foule crie sa joie... et c'est parti pour un super moment de hard rock combinant avec grâce technique, fougue et mélodies catchy. C'est le traditionnel Daddy, Brother, Lover, Little Boy et son légendaire duo basse/guitare à la perceuse électrique qui ouvre le bal ! Pat Torpey souffrant de la maladie de Parkinson depuis quelques années, c'est Matt Starr qui le remplace et le gars fait très bien le job... sa frappe est aussi solide que groovy. Billy Sheehan et Paul Gilbert sont toujours aussi impressionnants. De véritables showmen qui affichent de grands sourires tout en balançant des plans hallucinants... en toute décontraction (enfin, apparemment). Le son est très bon d'entrée de jeu, tout est parfaitement audible (même si la guitare pourrait être légèrement plus boostée) et on entend mieux Eric Martin que lors de son dernier passage au Bataclan. On revient sur sa prestation dans quelques instants mais on peut déjà dire que sur le premier titre de la soirée, il se montre plutôt en forme ! 

Le groupe n'a pas l'intention de calmer le jeu tout de suite parce qu'après ce premier morceau de bravoure, il enchaîne avec une compo rapide et percutante issue de l'excellent What If... : American Beauty ! On reste sur le même album avec un Undertow bien groovy tout en s'étonnant un peu (mais pas trop) de ne pas voir débarquer de nouvelles chansons pour l'instant. A la fin d'Undertow, Billy Sheehan prend la parole pour nous dire qu'il a quelque chose de très important à nous annoncer... et à cet instant, avant qu'il ait eu le temps de terminer, apparaît derrière lui Pat Torpey qui se prend logiquement un tonnerre d'applaudissements et de cris en pleine face. Car oui, le show des Américains est hyper pro, très rodé, spectaculaire, fun, tout ce que vous voulez... mais là, avec l'arrivée du batteur originel, on est davantage dans l'émotion. Personnellement, ça me fait plaisir de voir Torpey, je n'étais même pas certain qu'il participait à la tournée européenne... Je trouve génial qu'il continue à faire partie du groupe bien qu'il ne puisse plus vraiment assurer ses parties derrière les fûts. Il se positionne donc derrière un petit kit, jouera principalement du tambourin et ne se privera pas d'apporter sa contribution vocale aux fameux choeurs du groupe. Maintenant, au plaisir vient tout de même se mêler une légère tristesse (pour ma part, en tout cas, je ne me permettrai pas de parler au nom des autres fans)... car on sent que le monsieur est tout de même diminué. Il est amaigri, très raide, hyper concentré et peu souriant pendant qu'il accompagne ses amis, on voit que ce qu'il fait lui demande beaucoup de concentration. Ca fait quand même un peu mal au coeur. 

Revenons à la musique : Mr. Big nous sert une collection de hits très axée autour des années 90. Lean Into It est toujours leur album préféré (ou celui des fans), cela ne fait aucun doute vu la présence de compos comme Alive And Kickin', Just Take My Heart ou Green-Tinted Sixties Mind dans cette première partie de concert... Sur Just Take My Heart, Matt Starr cède sa place à Pat Torpey, ce sera le seul morceau de la soirée où il en sera ainsi. Les titres s'enchaînent et au bout de huit chansons, je me dis que le groupe n'a pas l'air décidé à jouer de son nouvel album, Defying Gravity. Erreur, c'est justement à ce moment-là qu'il propose un extrait de ce dernier : le bien groovy Everybody Needs A Little Trouble... avant d'effectuer un retour vers l'un des albums les mieux représentés de la soirée (pas autant que Lean Into It mais quand même), à savoir Bump Ahead avec Price You Gotta Pay.  

Bon, je ne vais pas vous conter toute la soirée en temps réel, on n'a pas que ça à faire... voilà donc une petite synthèse de ce qu'il faut retenir de ce show parisien de Mr. Big. Déjà, première chose, le groupe a encore de l'énergie... ça rock sévère !! Aucune déception de ce côté-là, malgré le poids des années et la présence (courue d'avance) de quelques ballades dont le groupe ne saurait se défaire lors de ses apparitions (Just Take My Heart, To Be With You, Wild World...), on a eu droit à une prestation vraiment pêchue avec beaucoup de morceaux énergiques comme Addicted To That Rush, Daddy Brother etc., Colorado Bulldog, American Beauty, All Around The World et bien d'autres. Et sur ces titres, la précision, la virtuosité des musiciens est toujours aussi impressionnante. Autre chose : le son fut top. Je l'ai déjà dit, je n'insiste donc pas. Le public, impec. Très bonne ambiance, ça chante, ça crie, ça applaudit, ça chante "happy birthday" pour Paul Gilbert quand on apprend que c'est l'anniversaire du monsieur... Rien à redire là-dessus non plus. Mais il n'y a pas que des points brillants à faire ressortir, j'aime beaucoup Mr. Big mais cela ne va pas m'empêcher de rester objectif : Eric Martin a quand même un peu morflé. Clairement, il est plus à la traîne que les autres. Ses qualités de frontman, son charisme ne sont pas en cause... mais la voix ne suit pas toujours et sur certaines chansons, on le sent en difficulté. Mais il ne faut pas l'enterrer trop vite... car dès qu'il se montre moins convaincant sur une compo, il étonne sur la suivante par un retour de vivacité, clarté ou justesse. Bizarrement, il se montre parfois plus en forme sur des titres plus vieux (et qui me semblent un peu plus compliqués à chanter) que sur des chansons récentes normalement plus adaptées à son registre actuel. 


Autre petit bémol (mais vraiment pas grave) : les solos. Heureusement, pas trop longs, moins nombreux qu'à une époque... mais tout de même pas très intéressants. Surtout le solo de basse de Sheehan. Et pourtant, je suis un grand fan du monsieur... Oui, ce gars est un monstre et l'un des bassistes les plus hallucinants qu'il m'ait été donné de voir sur scène mais son solo, je n'y arrive pas, c'est vraiment de la branlette (moins ridicule qu'un dérapage de Joey DeMaio mais bon, c'est pas une raison)... C'est d'autant plus étonnant de la part de musiciens aussi compétents, expérimentés et capables de finesse, groove ou mélodie. Qu'un mec comme Billy Sheehan balance une démonstration aussi vide de sens et de feeling dépasse l'entendement. Bon, pas de quoi écrire un roman là-dessus non plus, surtout vu la générosité et la qualité globale du show proposé par Mr. Big ce soir. A part les quelques faiblesses de Mr. Martin à certains moments, les solos dont je viens de parler (et l'absence prévisible de titres de la période où Richie Kotzen a fait partie du groupe), ce fut un excellent concert. Et contrairement à ce que le début du set pouvait laisser penser, il y eut de la nouveauté et non pas que des vieux classiques. Trois titres de l'album What If... et quatre du petit dernier, Defying Gravity. Il aurait même dû y en avoir cinq normalement... mais on fut privé de la chanson titre (toujours à cause de l'ouverture tardive des portes déjà mentionnée). Et comme dit plus haut, il y eut même un peu d'émotion à chaque apparition de Pat Torpey. A la fin de la soirée, le groupe resta sur scène quelques minutes pour saluer l'assistance et nous dire à quel point ils avaient adoré jouer pour nous. Billy Sheehan fit un petit discours hyper enthousiaste, vite suivi de Paul Gilbert qui nous remercia chaleureusement et se reprit une petite dose de "happy birthday to you" de la part d'un public ravi. Et là, on se dit qu'il serait chouette que Mr. Big ne laisse pas passer six autres années avant de revenir nous régaler de la sorte.


Setlist de Mr. Big :

01. Daddy, Brother, Lover, Little Boy
02. American Beauty
03. Undertow
04. Alive And Kickin'
05. Temperamental
06. Just Take My Heart
07. Take Cover
08. Green-Tinted Sixties Mind
09. Everybody Needs A Little Trouble
10. Price You Gotta Pay
11. Guitar Solo
12. Open Your Eyes
13. Wild World
14. Damn I'm In Love Again
15. Rock'n'Roll Over
16. Around The World
17. Bass Solo
18. Addicted To That Rush
19. To Be With You
20. 1992
21. Colorado Bulldog