Groupe:

Festival les Nuits Carrées

Date:

28 Juin 2018

Lieu:

Antibes

Chroniqueur:

Didier

Soirée du jeudi 28 juin :

Smash Hit Combo

Le groupe monte sur scène à l'heure exacte après une brève introduction de Sébastien, l'organisateur du festival que nous avions interviewé ici. Il ajoute que le festival a réussi à chasser les nuages et le risque d’orage s’est éloigné, la soirée s’annonce magnifique.
Le groupe œuvre dans un style rap/metal fusion avec un duo de chanteurs, deux guitaristes adeptes de la huit cordes et des gros riffs, d'un bassiste et un batteur. Un des chanteurs arbore un t-shirt Misfits l'autre un t-shirt de gamer.

A propos de gamer, l'univers du groupe tourne carrément autour du jeu vidéo et des mangas. Le nom du groupe aurait dû me mettre sur la voie, le titre des chansons aussi. A de nombreuses reprises les chanteurs dédient des morceaux aux joueurs de tel ou tel jeu, je me sens carrément largué. Côté musique c'est mieux que ce que j'attendais, en live c'est puissant et ça regorge d'énergies positives. Le chant n'est pas toujours rappé il est parfois aussi très hardcore.

Le public est déjà bien présent en ce début de soirée, je suis content, presque fier, de voir qu'il a répondu présent un jeudi soir, soirée de coupe du monde qui plus est. Il commence à y avoir des slammers, et de nombreux circlepit dans la fosse. Ils demandent à tout le monde de s'assoir pour le dernier morceau et de se relever tous ensemble, ça marche très bien. L'un des deux chanteurs s'en va aussi chanter du haut des gradins, autant profiter de la vue. Ils terminent un set très convaincant. Ils envoient une bande son des Back Street Boys et se mettent à danser sur scène, la foule les imite. L'orga semble avoir réussi le pari de l'éclectisme avec ce premier set.

 

Setlist de Smash Hit Combo :

RPG
Toujours Plus
In game
Gta/Spin The Wheel
Die and Retry
Hardcore Gamer
Baka


Dagoba

C'est le set que je craignais le plus n'étant pas fan du style de chant très agressif du groupe. Ils arrivent sur un fond sonore du film de Dracula, portant des capuches qui dissimulent leurs visages. Les trois pieds de micro sont en maillons de chaine en acier, des stroboscopes sont placées dans les deux grosses caisses de la batterie, c'est du plus bel effet. Le son est énorme, martelé par une guitare, une basse et une batterie. Pas mal de samples sont aussi balancés dans le mix.

La voix de Shawter est effectivement très death mais pas uniquement. Sur certains morceaux elle est claire et cette alternance allège le set que je trouve assez sympa au final. Sur les premiers morceaux, je trouve qu'il y a une grosse influence Sepultura. Dans la fosse bien pleine, c'est la guerre et il ne faudra pas plus de quinze minutes pour voir le premier wall of death. Shawter, entre deux lampées de Jack Daniels, lance le plus gros circle pit de la soirée.

Les barrières de la régie sont sévèrement bousculées, les gens de la sécurité sont obligés de s'y arc-bouter. Ils utilisent des machines à fumée qui crachent vers le haut, et dans lequel les guitaristes se mettent, je pense qu'il y aura de belles photos, vu l'effet bœuf que ça donne des gradins où je me trouve. Lors du dernier morceau, Werther, le bassiste, se lance dans la foule et slamme tout en jouant de sa basse, impressionnant ! Ils terminent un set hyper puissant qui m'a aussi pas mal convaincu, comme quoi, voir évoluer un groupe sur scène a beaucoup plus d'impact qu'écouter trois morcequx sur YouTube.

Ultra Vomit

Tout le monde attend les Ultra Vomit. Fetus et Flockos étaient venus dans la foule voir le set de Smash Hit Combo et de nombreux fans les avaient reconnus et avaient fait des traditionnels selfies. L'intro est constituée de la musique des Lonely Tunes avec en backdrop un logo Lonely Tunes avec les initiales UV. Quand il arrivent sur scène, la musique devient celle de Fort Boyard et ils prennent des pauses hilarantes, le ton est donné : ça sera la grosse poilade.

La poilade certes mais pas que. Les quatre ultras sont de sacrés musiciens, et leur son est bien puissant et parfaitement mixé. La voix de Fetus est tantôt issue d'un dessin animé, tantôt en growl super grave. La première grosse blague tourne autour du fait que les habitants d'Antibes sont les Antibois et donc si on est anti-bois on doit être pro metal. Ça le fait. Pendant la minute Manard, il quitte sa batterie pour venir chanter sur le devant de la scène pendant que Flockos lâche sa guitare pour assurer un rythme à la batterie. Fetus explique que Manard et Flockos sont des musiciens accomplis et qu'il peuvent changer d'instrument. Matthieu, dans le rôle du looser, annonce qu'il est une grosse merde et ne sait jouer que de la basse.

Fetus nous demande de crier, de chanter, de lever nos "doigts de metal", il est hyper à l'aise dans ce rôle de pitre guitariste. Lui et ses acolytes sont hyper à l'aise sur scène, super décontractés, la classe. J'aime cet enchainement de morceaux très courts, parodiant un style ou un autre comme le célèbre Calojira, savant mélange de Calogéro et Gojira. Ou encore ce bon moment où Fétus se prend pour Lemmy et chante avec son micro en position très haut, lors du rappel. Les profs de maths en prennent pour leur arrière train dans l'intro du morceau de black metal Mountains of Maths. Pour le traditionnel braveheart de Pipi Vs Caca, Fetus explique que les autres font des Wall of Death mais qu'eux font des Wall of chiasse.

Fetus explique aussi qu'ils organisent des ateliers et le prochain est un atelier chenille. Et les voilà qui déclenchent une chenille géante dans la fosse, c'est la grosse déconnade dans la foule, tout le monde à la banane. Pour Je collectionne des canards (vivants), un autre chanteur intervient avec un masque de canard, en slibard, il se jette même dans la foule tout en chantant. Au secours, ils sont fous... Ils quittent la scène juste le temps d'enfiler leurs combinaisons et les voilà qui lance l'intro de Kammthaar. Le morceau est énormissime. Ils terminent avec un Evier Metal tout aussi réussi.

Avec un concert de Ultra Vomit on a autant mal aux zygomatiques qu'aux cervicales, c'est vraiment un cas unique dans notre paysage metal.

Setlist Ultra Vomit :

Darry Cowl Chamber
Les bonnes manières
Un Chien Géant
E-TRON (digital caca)
Mechanical Chiwawa
Je ne t'es jamait autans aimer
(incl. Zombie snippet)
Mountains of Maths
Calojira
Takoyaki
Boulangerie pâtisserie
Une souris verte
La Ch'nille
La Bouillie IV
Keken
Pipi VS Caca
Je collectionne des canards (vivants)
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Kammthaar
Quand j'étais petit (feat. Lemmy)
Evier Metal


Pleymo

J'avais pu assister au set de Pleymo sur la Mainstage 2 du Hellfest, les revoilà cinq jours après aux Nuits Carrées. On retrouve Mark et son micro au long fil bleu/blanc/rouge, qu'il n'arrête pas d'emmêler dans les retours, son collègue Frank a opté pour un mic sans fil, il est moins emmerdé, et il se permettra même une petit slam en chantant en fin de set. Autour des deux hurleurs, on trouve le groupe dans son line-up d'origine, avant leur break de dix ans. En tout cas, tout ce petit monde a l'air content d'avoir remis le couvert, leur son est massif. La basse est un peu surmixée, elle couvre pas mal, on entend mal les voix au début du set. En parlant du bassiste, Benoit, j'avoue que son jeu m'a pas mal impressionné, alternant médiator, doigts, slap et tapping. Je me suis même rapproché de lui sur le morceau Polyester Môme, dans lequel il assure vraiment bien.

Mark demande à tout le monde de s'assoir et de se lever à son signal, là encore ça marche et la foule exulte. Je remarque que même si une partie du public a déserté après Ultra Vomit (c'est mal les gars !), il reste quand même une bonne foule qui s'est concentrée dans la fosse en délaissant les gradins. Au final, je vois autour de moi pas mal de monde qui sont venus pour Pleymo et qui chantent à tue-tête. Les circles pits, s'enchainent, quelqu'un apostrophe Mark en demandant "le marteau", et il explique qu'il n'a pas organisé ça car il n'a pas trop bien marché au Hellfest. Ca consistait à faire semblant d'enfoncer un pieu avec son front. Effectivement ça n'avait pas trop bien fonctionné au Hellfest.

 

Il vient aussi pas mal au contact des premiers rangs faire chanter des fans dans son micro. Je dois malheureusement partir avant la fin du set (je sais, c’est mal), j'ai un avion le lendemain et il est presque une heure du matin.

 

Encore un sacrée réussite, je pense que le pari des organisateurs est déjà réussi après la première soirée. Le lendemain sera une soirée Hip hop et rap, et samedi une seconde soirée metal, à laquelle je ne pourrai pas assister, mais j'aurai peut-être bien un espion dans la place pour me faire un petit résumé. Franchement les absents peuvent s'en mordre les doigts, car ce soir il y avait du gros son, du gros niveau, une programmation très cohérente et une super ambiance proche d'un gros festival, le tout dans un lieu mythique et pour un peu moins de vingt euros. Comme le disait Ultra Vomit, "vive les Nuits Tarrées et les anti-bois !" 

Setlist Pleymo :

United Nowhere
Ce Soir C'est Grand Soir
Rock
Tout Le Monde Se Lève
Nawak
Muck
Le nouveau monde
New Wave
Tank Club
Polyester Môme
Zephyr
Blöhm


Soirée du samedi 30 juin


[Je n’étais pas à la soirée du samedi, mais voilà ce que mes espions sur place m’en ont dit (merci Patrick)]


From Dismay :
 
C’est à un groupe local d’ouvrir la très chaude soirée antiboise. Alors que la France vient à peine de se qualifier face à l’Argentine, le groupe From Dismay, issue d’un tremplin régional organisé par les Nuits Carrées, monte sur scène. Dans les gradins c’est la canicule, et on en prend plein les yeux puisque le soleil est en train de descendre tranquilou, juste derrière la scène. Crème solaire, chapeau et lunettes sont de rigueur, la bière fraiche les accompagne, on est bien. Le jeune groupe de Peymeinade dispose de trente minutes pour convaincre avec son deathcore qui déménage. Ils s’éclatent sur scène et délivrent un set crédible et endiablé, preuve en est de l’efficacité de ces tremplins de sélection. Voilà une soirée qui commence pour le mieux.
 
DOPE DOD :
 
Oups, changement de programme avec un groupe de rap, originaire des Pays Bas. Pas facile, pour nous autres metalleux, de se passionner pour ce genre de Eminem-like [Note de Didier : tous les rappeurs ressemblent à Eminem quand on n'y connait rien :-)], même si le groupe se vante d’avoir plus de vingt millions de vues sur YouTube de leur titre What Happened. Le groupe est constitué d’un DJ et de deux chanteurs dont un arrive habillé comme un catcheur mexicain (le retour du concombre masqué !!?). Visiblement ils ont de l’humour et n’hésitent pas à se faire appeler par des noms marrants  empruntés aux Sex Pistols du genre : Skits Vicious ou Dopey Rotten. Au final ça fonctionne pas si mal, je l’avoue. Ils nous offrent même l’apéro pour la victoire de la France, vodka et champagne dans la fosse s’il vous plait !
 
Igorrr :
 
Toujours aussi bons et envoûtants: la cantatrice et le growleur aux pieds nus. L’ultime contraste, ou comment on peut à la fois aimer Chopin et Cannibal Corpse. Si, si c’est possible. C’est le batteur de Trepalium, Sylvain Bouviers qui cogne pour Igorrr et le bougre est impressionnant. De conclure que Igorrr c’est comme si Amélie Poulain avait épousé Borkul-la-bête "Skyrim".
 

Soulfly :
 
Un an après le passage de Sepultura dans ce même festival, voilà les cousins américano-brésiliens de Soulfly. Cette fois les raleurs de l’année dernière ne pourront pas dire qu’il manquait Max Cavalera. Dans un décor camo-jungle amazonienne, notre Bob Marley du Metal enflamme la place avec sa musique tribale lourde et speedée, interrompue par des breaks au rythme plus lent.

Soulfly c’est aussi l’art de faire participer le public à chaque morceau, et celui-ci, conquis en redemande. La basse de Mike Leon est bien grasse alors que Marc Rizzo vient bluffer tout le monde en réalisant un magnifique solo de guitare acoustique. Dans la famille Cavalera, je demande le père, guitariste : bonne pioche ! Mais aussi le fils, Zyon, derrière les fûts, re-bonne pioche. Quelle famille !

Max, son bassiste et un autre musicien forment un trio de tambour qui se tape la bourre avec Zyon-le-batteur. Plus tard ils font monter sur scène un spectateur et son gamin, moment de gloire pour la petite famille de metalleux. Ahhhh ! Roots Bloody Roots, que le Christ de Corcovado bénisse la famille Cavalera, Amen !
 

Emmure :
 
Je ne suis pas fan du style metalcore du groupe américain, même si je reconnais que c’est lourd et que ça bouge bien. Je résumerai le set ainsi : Make some noise ! Jump ! Jump !
 

 

Perturbator :
 
Il faut reconnaitre que la mise en scène est impressionnante, avec de sacrés jeux de lumières. Le groupe est constitué d’un batteur et d’un DJ muni de trois synthés. James Kent (le DJ/claviers) se la joue mais tout le monde ne peut pas faire du JM Jarre, même 42 ans après. Une grosse partie de la foule a déjà quitté les lieux et je mets aussi les voiles.

 

C’est la fin de cette édition 2018. Après un petit échange avec les organisateurs j'apprends que les soirées metal on chacune drainées 2000 personnes, la soirée rap/hip hop le double. C'est pas si mal même s'ils m'ont avoué être un peu déçus surtout pour celle du samedi. On essaiera de faire encore mieux l’année prochaine !
 
 
 
 
 

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