Groupe:

Rock Altitude Festival

Date:

17 Aout 2018

Lieu:

Le Locle, Suisse

Chroniqueur:

fabulous

La Suisse, son chocolat, le lac Léman, ses grosses voitures et son Rock Altitude Festival. Treizième édition pour le festival, basé à Le Locle à 1000 mètres d’altitude. Et toujours une pure affiche de fucking metal, savant mélange de grosses pointures internationales et découvertes très intéressantes. Comme le dit l’édito du programme de la journée : « Il est venu le jour du sacrifice sanglant. Les tripes jaillissent, la bile et le sang se déversent dans un torrent ininterrompu, les têtes tombent, les cerveaux sont écrasés par des bottes aux semelles sales, le tout baigne dans une marre de bière tiède et de transpiration. Les nuques se brisent, les oreilles saignent, les yeux, exorbités, captent avec avidité tous les mouvements de ces musiciens virtuoses. Malgré la dose massive de violence brute, tous les chevelus arborent un sourire franc, signe définitif du plaisir rarement égalé de se déchirer les oreilles au doux son du metal ».
17h30, arrivé sur place. Et comme d’habitude ici, très peu de monde présent sur les lieux à cette heure mais le festival sera complet quelques heures plus tard ; ils prennent leur temps, les Suisses.

    
 A 18h, les Locaux de Oregon Trail ouvre le bal sur la tent stage.

 Oregon Trail (tent stage) :

Et d’entrée de jeu, quelle claque ! La formation originaire de Neuchâtel nous envoie un post metal d’anthologie en pleine gueule. Comme souvent sur la tent stage au Rock Altitude Festival, les très bonnes surprises sont sur cette scène et donc une fois de plus, c’est le cas. Le son est excellent, l’énergie déployée est énorme. La caisse claire du batteur claque et nous explose les oreilles, la voix est hurlée et les guitares sont parfaitement synchronisées pour nous apporter un surplus de lourdeur. Dommage que le public soit clairsemé à cette heure-ci car Oregon Trail mérite une bien plus grosse audience. Les deux excellents albums du groupe sont équitablement représentés. Le groupe donne tout et nous transporte dans un ouragan de bonheur, à la fois avec les morceaux les plus lourd et rapide mais aussi par l’émotion et la légèreté des morceaux plus calmes. Bravo, c’est une superbe entame de journée de festival.


 19h05, l’heure est venue pour Voice Of Ruin.

 Voice Of Ruin (main stage) :


L’affluence commence à être plus importante quand Voice Of Ruin commence son set sur la main stage. Les premières notes du death moderne du groupe envoient le pâté. Très technique, les solos de guitare sont de qualités et l’ensemble reste parfaitement audible malgré la rapidité des compos et le tabassage de batterie en règle propre au death. Dommage que quelques larsens par ci par là viennent polluer l’audition.
Mais trop linéaire et manquant d’originalité, l’ennui se fait sentir au fil des minutes. Une prestation mitigée.

 

 Il est 20h, place à Rolo Tomassi.


 Rolo Tomassi (tent stage) :

À la fois Free jazz, post metal, screamo, Rolo Tomassi est une curiosité à voir absolument en live. Personnellement, je les avais découverts aux Eurockéennes de Belfort il y a quelques années, et j’avais pris une claque. La même claque vient d’avoir lieu. La chanteuse Eva Spence, petit bout de femme très jolie, module sa voix à merveille et se dépense sans compter. Parfois très mélodique et mélancolique, puis hurlé avec une rage démesurée, on ne s’ennuie pas avec Rolo Tomassi et on attend avec surprise les minutes suivantes. D’ailleurs, tout au long de leur show, le public restera captivé jusqu’au bout. Une autre très bonne surprise que ce concert de Rolo Tomassi qui explore toutes les émotions que peut nous procurer la musique. Heureusement, pour nous remettre, nous avons un quart d’heure de battement avant le début du concert de Cannibal Corpse à 21h15.

 Cannibal Corpse (main stage) :


La machine de guerre est de sortie. La tête d’affiche de la soirée démarre son set tambour battant, le groupe est en forme et fait étalage d’une puissance de feu incroyable. Le chanteur éructe pendant que ses acolytes font le taf, le public apprécie et enchaîne les circles pits. A aucun moment le groupe ne faiblira, les hits s’enchaînent et le brutal death metal de Cannibal Corpse démontre, aussi bien sur album qu’en live d’ailleurs, que bourrin et technique se marient très bien. Les superbes solos de guitare parfaitement exécutés et la performance du batteur sont là pour le rappeler. George "Corpsegrinder" Fisher n’en oublie pas de discuter avec le public et de dire combien le groupe est heureux d’être là, et ça se voit. Le son est bon, l’ambiance aussi et la setlist du groupe est variée et permet de faire une jolie rétrospective des différents moments de la carrière du groupe. Le final avec Hammer Smashed Face sera l’apothéose, on ne ressort pas indemne d’un live de Cannibal Corpse. Là aussi, un quart d’heure pour se remettre de cette prestation scénique impressionnante avant de se diriger vers la tent stage où les excellents Unsane joueront à 22h45.

Setlist de Cannibal Corpse :

01. Code of the Slashers 
02. Only One Will Die 
03. Red Before Black
04. Scourge of Iron  
05. Evisceration Plague
06. Scavenger Consuming Death 
07. The Wretched Spawn
08. Pounded Into Dust
09. Kill or Become 
10. Gutted
11. Corpus Delicti
12. Devoured by Vermin
13. A Skull Full Of Maggots
14. I Cum Blood
15. Make Them Suffer
16. Stripped, Raped And Strangled
17. Hammer Smashed Face

 Unsane (tent stage) :


Décidément, la tent stage est gâtée ! Unsane et son noise rock dévastateur prend place. Un set qui sent bon la bière, les bars enfumés et l’huile de moteur des gros 4x4 américains. Il ne faudra pas longtemps pour que Unsane mette le public suisse dans sa poche. Il faut dire que la musique des Ricains a tout ce qu’il faut comme ingrédients pour plaire aux Suisses. Très énergique sur scène et avec un son lourd proche du stoner, le trio enchaîne les compos sans fausse note. Un regret peut être : la voix un poil en retrait qu’on a parfois du mal à entendre. Les deux chanteurs, guitariste et bassiste Chris Spencer et Dave Curran sont d’ailleurs très complémentaires, l’un avec une voix légèrement aiguë et l’autre avec une voix grave et éraillée. Après plus de trente ans de carrière, le groupe écume toujours les salles du monde entier avec le même talent et met très bien en valeur leur dernier excellent album avec des shows à l’image de celui de ce soir : carré, puissant, immersif, communicatif et talentueux. Chapeau. Parmis le top 3 des meilleurs concerts de la journée, sans contestation possible.


 Il est déjà minuit, place à Betraying The Martyrs.

 Betraying The Martyrs (main stage) :



Difficile de se faire une opinion sur ce concert car, suite à des soucis techniques, le groupe n’a pu jouer que cinq morceaux. Ces cinq morceaux étaient de bonne facture, dynamiques, mais la deuxième voix qui s’occupe des chœurs est mielleuse. Le groupe a donc stoppé sa prestation en évoquant des soucis techniques, le public a d’abord semblé incrédule et stupéfait lorsque le groupe a quitté la scène. Tout le monde croyait à une blague mais le groupe n’est pas revenu et les lumières se sont rallumées. Le communiqué officiel du festival :
« Le Rock Altitude Festival tiens à présenter ses excuses au public présent vendredi soir au concert de Betraying The Martyrs. Suite à une défectuosité du matériel informatique du groupe et malgré les efforts de notre équipe technique pour y remédier, le band s’est vu dans l’incapacité de poursuivre sa prestation et a dû malheureusement écourter son show ».


Je n’aurai pas vu les deux DJ de Rhinoferoce Crue qui clôturait cette journée.
Une fois de plus, le Rock Altitude Festival nous aura proposé une superbe affiche avec de très bons groupes. Le parfait mélange, comme chaque année ici, entre gros groupes valeurs sûres internationales et pépites à découvrir. Une bien belle journée à tous les niveaux.

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