Artiste/Groupe:

Akercocke

CD:

Renaissance In Extremis

Date de sortie:

Août 2017

Label:

Peaceville Records

Style:

Death Progressif

Chroniqueur:

Azagtoth

Note:

15/20

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Cette reformation, on la sentait venir gros comme une maison.
Le groupe anglais avait réussi en l'espace de quelques albums à proposer une réinterprétation complète du death old school à la Morbid Angel, allant petit à petit d'un death blackisant satanique et limite occulte à un death progressif subtil et ingénieux, techniquement poussé autant pour les riffs que rythmiquement parlant sans faire dans le démonstratif.
L'album Words That Go Unspoken, Deeds That Go Undone, adulé par un cercle élargi d'aficionados, était une sorte d'aboutissement et avait clairment marqué les esprits. A titre personnel, j'avais légèrement préféré son prédécesseur, Choronzon, qui gardait encore cette aura maléfique des premiers albums, avec les velléités progressives qu'on leur connut par la suite qui pointaient déjà le bout du nez.
Et, contre toute attente, le groupe avait décidé de mettre fin à son existence alors qu'il semblait arrivé à une nouvelle phase d'évolution avec le très bon Antichrist.

Premier point positif de cette reformation : le line-up comprend aujourd'hui trois des quatre membres principaux et originels du groupe ; il ne manque que le bassiste Peter Theobalds, en fait. On retrouve donc avec plaisir le chant versatile de Jason Mendonça, les riffs et solos virtuoses de Paul Scanlan et les rythmiques variées et recherchées de David Gray.
Pour ce qui est des deux autres, nouveaux membres du groupe, on dirait que c'est David Gray qui les a recrutés, car ils font également partie de son autre projet Voices ; projet progressif également, dont le quatrième membre n'est autre que Peter Benjamin, dernier bassiste d'Akercocke avant la séparation.

On constate assez rapidement que le groupe a repris les choses telles qu'il les avait laissées il y a dix ans : l'extrémisme satanique n'est plus de mise, Akercocke a opté pour une formule plus "légère" avec une approche plus mélodique et progressive. Même au niveau vocal, les growls sont moins présents, laissant la place au chant clair et aux grognements divers du sieur Mendonça.
L'influence de Morbid Angel semble s'estomper au fur et à mesure du temps. Les riffs sont moins lourds, plus nerveux et thrashy, comme on peut l'entendre d'entrée de jeu sur Disappear.
Ce sont autant d'éléments qu'il faut avoir à l'esprit pour approcher ce Renaissance In Extremis. C'est un album qui s'écoute attentivement, à tête reposée, les oreilles grandes ouvertes, au casque si possible.
J'avoue que les premiers extraits que j'avais entendus ne m'avaient pas interpellé plus que ça. Il m'a fallu me pencher sérieusement sur la question pour comprendre où le groupe voulaient nous mener.

De fait, Renaissance... est un bon disque, inspiré et très personnel. Amateur de la période la plus occulte du groupe, je n'ai pas retrouvé tous les éléments qui m'ont conduit à l'admirer. Néanmoins, je salue leur ingéniosité et leur talent de composition qui restent de mise, plus que jamais ai-je envie de dire.
Le dernier morceau, A Particularly Cold September, est à ce titre édifiant. Certes, il ne faut pas avoir peur du son clair, des cuivres et du mid tempo limite "ballade" ; mais la manière dont le groupe gère les changements de dynamique est admirable, comme on peut également l'observer à l'écoute d'autres titres de l'album.

Akercocke ne s'est donc pas reformé en vain, pour refaire la même chose qu'avant. Ils ont continué à évoluer dans leur propre direction, quitte à s'éloigner quelque peu de la sphère extrême. Je ne peux que leur souhaiter de perséverer et de prospérer dans cette orientation.

 

Tracklist de Renaissance In Extremis :

01. Disappear
02. Unbound By Sin
03. Insentience
04. First To Leave The Funeral
05. Familiar Ghosts
06. A Final Glance Back Before Departing
07. One Chapter Closing For Another To Begin
08. Inner Sanctum
09. A Particularly Cold September