Artiste/Groupe:

Darkened Nocturn Slaughtercult

CD:

Mardom

Date de sortie:

Avril 2019

Label:

War Anthem Records

Style:

Black Metal

Chroniqueur:

Azagtoth

Note:

16/20

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J'ai du mal à expliquer comment il est possible que je ne m'intéresse à ce groupe que maintenant. Ça fait déjà plus de vingt ans qu'ils roulent leur bosse dans le milieu du black ortho, avec un line-up qui n'a pas changé depuis dix ans. Le dernier album en date remontant à 2013, il était temps pour eux de se manifester. Et, à l'écoute de cette galette, l'attente n'aura pas été vaine.
J'ai qualifié leur black d'orthodoxe, même s'il ne l'est pas complètement (Euronymous les aurait peut-être mis sur sa liste noire pour quelques hérésies dont je parlerai plus tard), mais c'est quand même le style qui ressort le plus chez eux.
Mais pas complètement parce que c'est beaucoup moins chiant que pas mal de disques ortho que j'ai pu écouter ces dernières années. Ces albums linéaires, sans inspiration, pâles copies de ce qui a déjà maintes fois été fait, d'une platitude déconcertante, etc. Ce qui m'avait conduit à me dire que je n'avais plus aucun goût pour ce sous-genre de black.

Mais heureusement, il y a des combos comme Darkened Nocturn Slaughtercult, dont la musique n'a (du moins ici) aucun des défauts précités. Leur style se rapprocherait de celui de la faction la plus brutale du black norvégien, genre Tsjuder ou Urgehal ; sur un album comme Saldorian Spell, ça collait à peu près. Mais leur tendance à lâcher facilement du mélodique, quitte à verser davantage dans la légèreté, les en éloigne par moment. C'est ce qui se passe sur Mardom, qui n'a pas grand-chose de brutal, mais se veut par contre très dynamique et varié.

Une chose est certaine : ils maîtrisent l'art du riff qui tue. Déjà parce que c'est terriblement accrocheur, ensuite parce qu'ils n'ont pas peur de mettre un peu de technique dans leur jeu. Le black de débilos qui savent à peine tenir une guitare n'est pas leur credo, loin s'en faut. Il n'y a qu'à écouter pour s'en persuader.

Je parlais ci-dessus d'hérésie par rapport à l'orthodoxie black metal, quelques exemples : la tendance très mélodique façon No Fashion Records de The Boundless Beast, le passage complètement Sognametal au milieu de T.O.W.D.A.T.H.A.B.T.E. (The One Who Dwells Above The Heavens And Below The Earth, en traduction), le titre dark ambient Widma.

Sur quelque quarante-quatre minutes, on a un black metal très complet et versatile, exécuté de main de maître avec un riffing percutant et un son tout à fait à la hauteur de leurs ambitions. Ça parle immédiatement et ça se réécoute avec grand plaisir. Pour reparler de Saldorian Spell, seul autre album que j'aie écouté, celui-ci est nettement meilleur, c'est évident.

 

Tracklist de Mardom :

01. Inception Of Atemporal Transition
02. Mardom - Echo Zmory
03. A Sweven Most Devout
04. T.O.W.D.A.T.H.A.B.T.E.
05. A Beseechment Twofold
06. Exaudi Domine
07. The Boundless Beast
08. Widma
09. Imperishable Soulless Gown
10. The Sphere

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