Artiste/Groupe:

Etienne Pelosoff

CD:

Trve Brutal Black Jazz

Date de sortie:

Octobre 2018

Label:

Autoproduction

Style:

Black et Jazz

Chroniqueur:

JeanMichHell

Note:

15/20

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C’est par ce concept très simple mais néanmoins fortement ambitieux qu’Etienne Pelosoff (Pelo-pelo, ça vous parle peut-être…) a commencé l’aventure Trve Brutal Black Jazz. Un EP qu’il a composé, mixé et masterisé, en plus de l’enregistrement de la basse et des claviers. Il n’a pas réalisé tout, tout seul puisque le bougre s’est entouré de pas moins de huit musiciens : Amélie Gerbet à la batterie, Romain Grudé à la guitare, Tim Sanders au saxophone, Georg Hogg à la trompette, Iris Pelosoff à la flûte, Rob Statham à la basse, Alexander Scott au chant « extrême » et de Doroteja au chant clair. Beau casting…

Vous connaissez peut-être ma déception face au dernier Shining, mais lorsque l’on parle de Jazz et de Black, qui reste la référence avec son Blackjazz (Ah ouaaiiissss, je viens de comprendre !) tout comme Ephel Duath et son Painter's Palette.

L’EP ouvre sur So What, morceau qui commence par une inquiétante douceur, mais on sent tout de suite que ce n’est qu’une façade… Le premier riff est un hurlement à se décoller la plèvre pour entamer ce premier titre. Le contraste fonctionne mais ne durera pas puisque ce titre, avec très peu de chant, fait la part belle à l’ambiance, au final assez posée.

C’est cet aspect-là qui domine sur une majorité des titres proposés. Ce sont belle et bien les ambiances qui prédominent et même si elles sont souvent déchirées par de belles accélérations, on retient plus l’émotion qui se dégagent de certains passages. Le chant lyrique au début de Tritone Labyrinth, les sonorités à la limite d’un Deep Purple sur Soul Power, le début très groovy de Tutu ou le côté très easy-listening-jazzy de See-Line Satan sont autant de couleurs différentes qui nous sont offertes en une trentaine de minute. Un voyage qui se veut fortement contrasté et c’est heureux ainsi.

Il existe une évidente volonté de créer un univers propre, singulier, plutôt que de tenter une démonstration technique. J’ai envie de vous dire que compte tenu de la qualité des prédécesseurs, penser à les surpasser est quasiment impossible, c’est donc un choix plutôt malin. 

A mon sens, le titre qui peut s’apparenter le plus à un véritable mix entre Black et Jazz est, comme par hasard, Trve Brutal Black Jazz (Ah ouais je viens de re-comprendre !). Il est le plus représentatif de l’idée que j’ai de ce mélange des genres. Ce titre à la fois violent, technique, qui sonne un brin malsain, les chœurs qui survolent, les cris proches de l’inhumain, font de ce titre une conclusion en toute folie et ça, c’est bon.

Cet EP est une très bonne base de départ. Le choix de s’éloigner des références du genre est clairement une plus-value, mais pourrait surprendre des personnes qui pensent trouver les successeurs de… L’influence est claire mais ce n’est pas une ligne directrice unidirectionnelle. Un EP surprenant qui devrait plaire aux personnes qui n’aiment pas les conventions.

Tracklist de Trve Brutal Black Jazz :

01. So What
02. Tritone Labyrinth
03. See-Line Satan
04. Soul Power
05. Tutu
06. Trve Brutal Black Jazz

 

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