Artiste/Groupe:

Herman Frank

CD:

The Devil Rides Out

Date de sortie:

Novembre 2016

Label:

AFM Records

Style:

Heavy Metal

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

14/20

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Herman Frank ne manque pas de groupes dans lesquels gratouiller sa six-cordes (Victory, Panzer... ah non, on me souffle dans l'oreillette qu'il ne fait plus partie de ce dernier) mais son emploi du temps doit quand même s'être considérablement allégé depuis son départ (plus ou moins forcé, c'est flou et changeant selon les personnes qui s'expriment sur le sujet) d'Accept. Quatre ans après un sympathique mais pas inoubliable Right In The Guts, revoilà donc le guitariste allemand avec un troisième album sorti sous son propre nom. Cette fois-ci, la bête se nomme The Devil Rides Out, le label a changé (c'est AFM Records maintenant), le line-up a encore été remanié (Herman est désormais tout seul à la guitare, Rick Altzi est resté au poste de chanteur mais le nouveau batteur n'est autre qu'André Hilgers qui a récemment été contraint de quitter Rage et l'on compte également un certain Michael Müller, qui vient de Jaded Heart, à la basse) mais s'il y a bien une chose qui demeure inchangée, c'est le style : du bon vieux heavy metal teuton des familles comme j'ai commencé à en découvrir au tout début des 90s (époque à laquelle votre serviteur a été initié au hard rock) avec des groupes comme Accept, Running Wild, Heavens Gate... Et dans cette dernière information tient globalement tout ce qui va faire que cette galette va en attirer certains et en repousser d'autres.

Vous l'avez donc compris, The Devil Rides Out est un album empreint d'un classicisme absolu. Il aurait pu sortir il y a dix, vingt, trente ans. Vous voulez du neuf, de la fraîcheur ? Passez votre chemin. Le maître mot ici est tradition. Du bon heavy germain, direct avec du riff efficace et de la section rythmique solide. Et, très honnêtement, ce n'est pas mauvais. Herman Frank n'est pas un piètre compositeur. De là à dire que c'est magique, il ne faut pas pousser non plus... La recette est bien appliquée mais tellement dans les clous, peu originale, qu'on ne va pas se relever la nuit pour aller vider le frigo ! 
La galette démarre de façon fort plaisante avec un Running Back bien enlevé et rentre-dedans. On retrouve un riff lead à la Accept, de la double grosse caisse, un Rick Altzi qui s'égosille... la production est solide, c'est Herman qui s'en est chargé mais il a été épaulé par le fameux Charlie Bauerfeind (mix et mastering), pas un débutant non plus, lui. On retrouve la même pêche sur la plus grande partie de The Devil Rides Out. Pas de ballade ici. Au rayon des réussites, je retiendrai volontiers Can't Take It qui inclut un peu de hard rock dans son metal (ça m'évoque une sorte de Whitesnake mais plus heavy, bien énervé), Run Boy Run (avec son riff très Priestien, Painkiller n'est pas loin) ou les bien speed et entraînantes Thunder Of Madness et Dead Or Alive.

Mais Mr. Frank et son équipe n'ont pas placé que des tempos rapides ou de la double grosse caisse pendant cinquante-deux minutes... et heureusement. Du coup, vous aurez le droit à des morceaux heavy mid-tempo de la trempe de la première vidéo parue il y a quelques temps : Ballhog Zone. License To Kill et Stone Cold opèrent en effet dans un registre lourd assez similaire. Evidemment, même s'il y a du riff à gogo et du refrain fédérateur à foison, tout cela manque de morceaux exceptionnels. C'est bien fait, aucun doute là-dessus, mais rien ne vient vraiment surpendre, émouvoir ou déstabiliser l'auditeur que je suis. Mais l'énergie est bien là et pas mal de pistes font vraiment bien le boulot. A une autre époque, peut-être aurais-je fait preuve de plus d'enthousiasme... 

Au rayon des choses à redire, pas grand-chose que je n'ai déjà mentionné. C'est essentiellement le côté très convenu / prévisible de The Devil Rides Out qui joue contre lui. Cependant, j'ajouterai tout de même que Rick Altzi est un vocaliste puissant mais qui module assez peu. Sa voix est éraillée comme il faut et colle bien au heavy du père Frank mais quelques variations dans son chant rendraient le tout un peu moins monolithique, il me semble. 

Herman Frank, c'est sympa, bien exécuté, bien produit, solide... mais on a déjà entendu ça des centaines de fois pendant plusieurs décennies. Un bon album de heavy metal de plus mais qui, en dépit du savoir-faire de ses géniteurs, n'apporte rien de bien neuf et n'a pas la petite touche de génie qui lui permettrait de se distinguer d'une masse on ne peut plus dense. Les inconditionnels du genre ou les nostalgiques qui ne jurent que par le metal tradi de chez tradi (Accept, Jorn...) pourront trouver là de quoi se faire plaisir car The Devil Rides Out est rythmé et efficace mais il y a fort à parier que beaucoup passeront leur chemin. Voilà donc un disque plaisant qui ne figurera pas dans mon top albums 2016 mais qui s'écoute bien. Et ceux qui pensent qu'Herman Frank n'a pas de talent de composition particulier (et n'était que la cinquième roue du carrosse Accept) feraient quand même bien de se pencher sur cet album, l'expérience ne les chamboulera probablement pas mais ils devront admettre que son groupe est loin d'être ridicule.

Tracklist de The Devil Rides Out :

01. Running Back
02. Shout
03. Can't Take It
04. No Tears In Heaven
05. Ballhog Zone
06. Run Boy Run
07. Thunder Of Madness
08. License To Kill
09. Stone Cold
10. Dead Or Alive
11. Run For Cover
12. I Want It All