Artiste/Groupe:

Into Eternity

CD:

The Sirens

Date de sortie:

Août 2018

Label:

Autoproduction

Style:

Metal Progressif

Chroniqueur:

fifi59

Note:

16/20

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Lorsque j'ai vu qu'un nouvel album d'Into Eternity sortait, j'avoue m'être précipité dessus. Pourquoi ? C'est bien simple : j'ai découvert ce groupe en 2002 avec l'album Dead Or Dreaming (je ne connais pas le premier opus éponyme, sorti en 1999) et ce fut la claque immédiate.
Les Canadiens proposaient un Metal Progressif puissant et inspiré, mélodique, incisif et agrémenté de passages avec vocaux extrêmes judicieusement incorporés.
Sont ensuite arrivés Buried In Oblivion (2004), The Scattering Of Ashes (2006, avec l'arrivée de Stu Block au chant) et The Incurable Tragedy (2006).
Le style s'est affirmé, renforcé, avec une direction musicale de premier plan et une association vocaux clairs/extrêmes d'une efficacité imparable.  
Into Eternity n'a proposé que de remarquables albums et j'attendais une suite... mais nous sommes restés sans nouvelles pendant dix ans...
L'attente est enfin récompensée puisque le sixième opus, qui se nomme The Sirens, est arrivé !

Quoi de neuf au sein du groupe ? Eh bien Stu Block s'en est allé (il est chez Iced Earth depuis 2011) et a été remplacé par Amanda Kiernan (The Order Of Chaos), tout comme le guitariste Justin Bender (remplacé par Matt Cuthbertson) et le batteur Steve Bolognese (remplacé par Bryan Newbury).
Bref, le line-up se compose désormais de Amanda Kiernan (chant), Tim Roth (guitare), Matt Cuthbertson (guitare), Troy Bleich (basse) et Bryan Newbury (batterie).

Il est à noter que l'album devait sortir en 2015 (le boulot sur les compos a démarré en 2011).
On ajoutera au line-up précité les guitaristes Glen Drover (Eidolon, ex-Megadeth), Justin Bender (Third Ion ; il a aussi produit, masterisé et mixé l'album) et Jasun Tipton (Abnormal Thought Patterns) ainsi que les chanteurs Stu Block (Iced Earth), Rob Doherty (ex-Into Eternity, il est décédé en 2012), Chuck Labossiere (Psychotic Gardening) et Cam Dixon (ex-Annihilator).

Quid de la direction musicale pour ce cru 2018 ? Eh bien c'est avec plaisir que j'ai constaté que le groupe avait décidé de poursuivre dans la même optique.
La première compo, The Sirens, m'a fait me demander si on n'était pas parti vers un Death Prog peu enclin à manier le chant clair puisque seul le refrain voit apparaître celui-ci.
A part ça, le début est plaisant, à base d'orchestrations délicates et de piano, puis on est en terrain connu avec une technique sans faille, une variété de tempi, un bon boulot en guitare lead et une base rythmique imposante. Dans tous les cas, Amanda est impeccable dans le chant extrême et je me suis demandé si on n'allait pas évoluer vers une sorte d'Arch Enemy à la sauce prog !
Bon, Fringes Of Psychosis apporte une variété vocale plus importante et au gré d'un passage instrumental, on se rend compte à quel point le terme virtuosité peut parfois être employé. Petite précision nécessaire, comme souvent lorsqu'on parle de technique instrumentale, elle est ici au service de la musique, pas l'inverse ! Un gage d'intérêt et d'accroche, puisque le superflu est banni.

Mélodique, heavy, avec de nombreux passages speed et des growls (avec Rob Doherty) minoritaires, Sandstorm s'impose... d'autant qu'un certain Stu Block vient apporter sa pierre à l'édifice.
This Frozen Hell suit un peu cette optique avec un dynamisme appuyé et ajoute cependant une bonne dose d'extrême bienvenue.
Nowhere Near est l'une des chansons les plus douces de l'album, orientée ballade à l'enrobage prog, elle revient à quelque chose de bien plus percutant dans le dernier tiers où elle retrouve, pour schématiser, les préceptes de Sandstorm.
Devoured By Sarcopenia, c'est un peu le retour du Arch Enemy sauce prog qui s'inviterait dans le trip Into Eternity. Avec un chouette passage bien heavy et quelques soli de haute qualité, cette compo se révèle très accrocheuse.
A l'instar des divers morceaux de l'album, toute une gamme de chants et de riffs est proposée sur Fukushima... la pression ne retombe pas.
C'est sur The Scattering of Ashes Pt. 2 que se clôt l'album. Comme Nowhere Near, elle se révèle cool (mais de bout en bout, elle), ajoutant cette fois des contours orchestraux qui vont bien avec la voix d'Amanda, toujours efficiente quel que soit le propos.

Au final, est-ce un retour convaincant ? Amanda est-elle la digne successeure de Stu Block ?
Pour ma part, j'aime les divers aspects inhérents à la musique d'Into Eternity : de la mélodie, des passages heavy, de la technique pas démonstrative et bien amenée, des variations de tempi, une alternance growls/chant clair efficiente.
Et puis je trouve qu'Amanda est une excellente chanteuse, à l'aise dans toutes les situations vocales.
Quant à la mise en son, si j'avoue ne pas être totalement conquis, je la trouve malgré tout satisfaisante et à même de faire passer un très bon moment en compagnie d'Into Eternity.

Alors oui, je suis convaincu et nul doute que tous les fans de la formation canadienne le seront tout autant !

 

Tracklist de The Sirens :

01. The Sirens
02. Fringes Of Psychosis
03. Sandstorm
04. This Frozen Hell
05. Nowhere Near
06. Devoured By Sarcopenia
07. Fukushima
08. Scattering Of The Ashes pt. 2

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