Artiste/Groupe:

Jared James Nichols

CD:

Black Magic

Date de sortie:

Octobre 2017

Label:

Listenable Records

Style:

Blues Power

Chroniqueur:

Didier

Note:

15.5/20

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Je vous avais parlé de cet artiste lors du dernier Hellfest. Il avait livré une très belle prestation en ouverture de la journée de samedi. Je l’avais ensuite rencontré, lui et sa section rythmique pour une interview et nous avions découvert, outre son talent et ses petits airs de Ted Nugent, un artiste vraiment attachant. Il nous avait alors parlé d’un album prévu pour cet automne, eh bien nous y voici. Black Magic fait suite à un premier album, Old Glory And Wild Revival, sorti en 2015 chez Listenable. Jared nous avait aussi vanté les mérites du power trio et on retrouve donc, autour du prodige de la six cordes, deux musiciens suédois, Erik Sandin (batterie) et Dennis Holm (basse).  C’est aussi Jared qui se charge du chant. Le tout est rentre-dedans, brut de décoffrage, puissant, intense et à la fois moderne et vintage.

Le premier morceau, Last Chance, est l’exemple même du rentre-dedans façon Jared James Nichols : riff puissant, plans de guitare atomiques, c’est une belle entrée en matière qui curieusement me fait penser (le chant à la Rik Emmett sûrement) à certains morceaux de Triumph. Et puisque Orlando demande le clip, le voilà :

The Gun c’est le morceau type de blues rock moderne comme savent les écrire des artistes comme Joe Bonamassa et quelques autres fers de lance du renouveau blues. La slide est impeccable et les chœurs quasi gospel ajoutent de la profondeur au morceau. Le blues rock c’est clairement le truc de Jared, il est tombé dedans quand il était petit. C’est pour ça qu’il nous écrit des morceaux comme Don’t Be Scared, avec sa lourde basse et ses passages de talkbox. C’est bluesy, certes, mais c’est aussi chargé de groove, comme ce Honey Forgive Me, du coup ça sonne très funk, d’autant que la voix féminine de Jessica Childress double la voix de Jared et accentue l’effet funky. Quand c’est pas funky, ça touche aussi au southern blues rock à la Lynyrd Skynyrd et c’est le cas de Home, dans lequel Jared fait pleurer sa guitare à coup de slide. Got To Have You est un morceau plus rock 'n' roll dans lequel on découvre que Jared est aussi capable d’écrire des paroles niaises à souhait. On retrouve un blues rock bien riffé sur End Of Time, mais le morceau qui m’accroche le plus dans cet album est certainement Run, un autre blues rock dont je trouve la ligne de chant assez accrocheuse. La guitare lead de Keep Your light On Mama est aussi des plus sympa, on entend du Nazareth ou du Mountain dans ce morceau enregistré avec un chant vraiment vintage, et un son brut. Le son de What Love, le blues qui clôt l’album, est encore plus roots. La basse a un son vraiment vintage, super saturé, le refrain est accrocheur, les chœurs bien en place. Un autre de mes favoris avec Run. Dommage que le morceau finisse en fade out un peu précipité.

On compare souvent Jared James Nichols (une version jeune et sans l’idéologie extrémiste) à Ted Nugent. Et c’est vrai qu’il a des attitudes et des phrasés de guitare (Got To Have You, solo de End Of Time) qui rappellent notre gonzo-facho-mégalo mais ça serait aussi un peu réducteur. On retrouve aussi dans sa musique des petites influences de Triumph, de Pat Travers Band, de Bonamassa et de Mountain qui devraient satisfaire pas mal de fans de blues.

Je parlais en intro du Hellfest, sachez qu’il existe une version de l'album avec trois bonus, dont deux enregistrés au Hellfest 2017 et un inédit. Il semblerait qu’ils soient aussi sur la version vinyle. Je n’ai, hélas, pas eu accès à ces bonus. Du coup, avec pas un morceau au-delà des trois minutes trente, ça fait un album juste au-dessous de la demi-heure. Un peu bref, mais intense !

Tracklist de Black Magic :

01. Last Chance
02. The Gun
03. Don't Be Scared
04. Honey Forgive Me
05. Home
06. Got To Have You
07. End Of Time
08. Run
09. Keep Your Name On Mama
10. What Love