Artiste/Groupe:

Lonely Robot

CD:

The Big Dream

Date de sortie:

Avril 2017

Label:

InsideOut

Style:

Rock Progressif

Chroniqueur:

dominique

Note:

16/20

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Ce n’est pas souvent qu’écrire une chronique me demande autant d’efforts. Les écoutes successives de ce The Big Dream, le second album du projet de John Mitchell nommé Lonely Robot, ont été une suite de perceptions antagonistes. De manière presque systématique, une écoute positive était suivie par une impression mitigée de ce disque du très éclectique chanteur compositeur anglais (sur l’album il s’occupe tout, sauf la batterie). La source de cette situation vient probablement de la capacité qu’a The Big Dream d’ouvrir des portes de ma mémoire sensorielle. Cette clé, ce sont certaines tonalités eighties et les textures de voix de John Mitchell qui les détiennent. Cette arme en main, Lonely Robot arrive à me faire accepter des titres que j’aurais certainement totalement rejetés s’ils avaient été soumis par un autre artiste. Le fait est que ces pointes émotionnelles ont eu un effet plutôt étrange sur mes capacités rédactionnelles.

Le Prologue (Deep Sleep) est une mise en bouche intéressante sans plus. Elle a toutefois l’avantage de planter le contexte de ce qui va suivre : original et electroethéré. Comme la qualité ne doit pas attendre le nombre des années, Awakenings nous laisse présager du meilleur. Titre le plus enlevé de l’album, il est aussi le plus travaillé. Une baterie discrète mais diablement efficace (celle du remarquable Craig Blundell, qui tourne avec Steven Wilson); rythmique changeante et un je ne sais quoi qui nous fait penser à Pink Floyd. Jouissif avec des tessitures de voix qui me rappellent celles de Peter Gabriel. Suit Sigma, un autre excellent titre. La voix de John Mitchell et doublée par une voix féminine qui apporte de la légèreté à un titre très KingBathmat. Moi, cet onctueux mélange rock-metal progressif, j’en redemande. In Floral Green est le continuum du Prologue. Berceuse travaillée élégamment, elle s'intègre parfaitement à ce début prometteur d’album, même si son refrain qui est un peu trop « pop simpliste » plombe l’impression positive des riffs de guitare. Everglow débute comme une bombe et nous fait également irrémédiablement penser à un titre de KingBathmat, avec toujours cette tessiture de voix et cette clarté des paroles. Cinq excellentes minutes d’écoute ultra mélodiques.

False Lights sonne les premiers signes de faiblesse. Très pop eighties dans ses tonalités, le titre est correct, mais ne fera pas déplacer les foules. Un peu groove carabéen, cela reste agréable à l’écoute, bien qu’en dessous des titres précédents. Symbolic est également frais et plus insouciant. Dans la ligne de son prédécesseur, mais avec un rythme plus soutenu, cela s’écoute plutôt bien, surtout dans sa partie musicale. The Divine Art of Being reflète à lui seul ma relation émotionnelle avec l’album. Le titre est franchement moyen, mais, là où je devrais simplement passer à autre chose, la voix et la rythmique me ramène quelques années en arrière, sur le Genesis des années 80, celui de Phil Collins. Cette fameuse clé de la mémoire sensorielle qui fait que je ne peux pas abhorrer ce qui passe entre mes oreilles.
The Big Dream, est une "masterpiece". Proche des titres du vénéré Steven Wilson dans son rythme (après tout, le bassiste Nick Beggs est un autre élément commun aux deux musiciens) et dans son imaginaire, cet instrumental est remarquable. Finalement c’est sur les deux derniers morceaux que cela se gâte. Hello World Goodbye est une grosse déception ; mièvre et sans saveur, il n’a pas sa place sur cet album. L’Epilogue n’est quant à lui pas désagréable, mais franchement pas indispensable.
Dommage de finir sur cette mauvaise note, car un album de neuf titres aurait certainement reçu un petit bonus en forme de Coup de Coeur.

 

Tracklist de The Big Dream :

01. Prologue (Deep Sleep)
02. Awakenings
03. Sigma
04. In Floral Green
05. Everglow
06. False Lights
07. Symbolic
08. The Divine Art Of Being
09. The Big Dream
10. Hello World Goodbye
11. Epilogue (Sea Beams)