Artiste/Groupe:

Metal Church

CD:

Damned If You Do

Date de sortie:

Décembre 2018

Label:

Nuclear Blast Records

Style:

Heavy Thrash Metal

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

15/20

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Metal Church - résurrection : la suite. En 2016, XI célébrait le retour du vocaliste Mike Howe qui avait participé aux beaux jours du groupe à la fin des années 80 et au début des années 90. Certes, l'album n'était pas forcément exceptionnel mais restait un petit disque de heavy thrash sympathique, un peu plus enthousiasmant que pas mal de (voire tous les) disques sortis par le groupe depuis 1993 et bien emmené par un chanteur dont la réapparition faisait vraiment plaisir. Ensuite, il y a eu les tournées avec performances convaincantes et setlists taillés pour les nostalgiques. En 2017, après un peu de plus de dix ans de bons et loyaux services, le batteur Jeff Plate (Savatage, Trans-Siberian Orchestra) a quitté le groupe pour se voir remplacé par Stet Howland (ex-W.A.S.P.)... Tout cela nous amène jusqu'à aujourd'hui où sort le douzième album de ces indécrottables Américains, toujours menés par le guitariste (et seul membre restant du line-up original) Kurdt Vanderhoof. Mike Howe est toujours là, tout comme le bassiste Steve Unger et le guitariste Rick Van Zandt. Cet opus, intitulé Damned If You Do, confirme-t-il la bonne santé du combo ? Fait-il mieux, pareil ou moins bien que son prédécesseur ? Deux réponses brèves : oui et il fait (un peu) mieux. 

Avec ses dix pistes (pour quarante-cinq minutes) de musique, Damned If You Do propose quelque chose d'un peu plus concis et efficace qu'XI tout en restant dans la continuité (stylistiquement parlant) de ce dernier. Les nouvelles compos sont bien directes et, à deux exceptions près, tournent autour de quatre minutes. Les choix de production ressemblent beaucoup à ceux de 2016, le son est donc globalement agréable mais pas spectaculaire et donc perfectible (la voix est encore une fois un peu trop en avant dans le mix et les guitares pourraient avoir plus d'épaisseur)... Rien qui ne vienne vraiment gâcher le plaisir de l'écoute en tout cas. A part cela, Metal Church fait du Metal Church... Ne vous attendez pas à quelque chose de moderne ou novateur, Damned If You Do pourrait être un disque issu des années 90, ça ne choquerait personne. Les nostalgiques risquent donc d'y trouver leur compte... D'autant plus que cet album, en terme de composition, me semble un petit cran au-dessus du disque sorti il y a deux ans. Comme c'était le cas la dernière fois, la galette commence avec des titres bien dynamiques. Damned If You Do, The Black Things ou By The Numbers ont toutes un tempo enlevé, une belle énergie, des riffs simples et efficaces et des mélodies qui restent en tête (surtout By The Numbers dont le refrain est vraiment difficile, pour ne pas dire impossible, à oublier). Mais alors que sur XI, la qualité déclinait légèrement une fois les trois premières pistes passées, Damned If You Do arrive mieux à maintenir le niveau et l'intensité de son démarrage sur la durée.  

En effet, alors qu'après la très efficace By The Numbers, une petite baisse de régime était prévisible, le cap est bien maintenu avec Revolution Under Way. Vanderhoof et compagnie continuent de nous servir du heavy racé et entraînant avec la petite touche de mélodie accrocheuse qui a parfois manqué à pas mal de leurs travaux antérieurs. Oui, je suis d'accord, la recette n'est pas renversante mais elle fonctionne bien et le refrain est vraiment très sympa (une fois l'album fini, il fait partie de ceux que l'on a retenu à la première écoute). Sur la chanson suivante, le tempo est un peu plus rapide et le riff plus tranchant... c'est normal, elle s'appelle Guillotine ! Pas la plus mémorable du lot mais toujours assez pêchue et agréable. Et là, on se dit que l'album va bien finir par se ramollir et lasser... mais non, pas du tout. Rot Away et Into The Fold montrent un groupe déterminé, prêt à en découdre. Les riffs jouent toujours la carte de l'efficacité, Howe, comme depuis le début de l'album, est en grande forme, tout cela passe comme une lettre à la poste ! Il faudra attendre la huitième piste, Monkey Finger, pour se trouver face à un vrai mid-tempo (me faisant penser à du Accept en moins massif) qui flirte davantage avec le hard rock. Pas dément mais plaisant. On ne se repose pas trop, la cavalcade reprend avec l'un des titres les plus nerveux et réussis de la galette : le très bon Out Of Balance qui permet de constater encore une fois le regain d'inspiration dont semble bénéficier ces vétérans. Il faut conclure et c'est The War Electric qui s'en charge. Encore un titre pêchu et légèrement thrashy sur les bords. Par contre, je ne suis pas hyper fan des envolées de Mike Howe sur le refrain... mais si la compo n'est pas à ranger aux côtés des toutes meilleures de ce cru 2018, elle reste entraînante et efficace. 

Damned If You Do confirme que l'état de santé de Metal Church s'améliore. Le disque sorti il y a deux ans montrait des signes encourageants, celui-ci prouve que nos Américains vont de mieux en mieux. Certes, on sent que le combo peut encore progresser. Il manque quelques tueries ou surprises et une production en béton pour que ce disque puisse être qualifié d'incontournable. On ne va donc pas se mentir, on n'est pas revenu à la qualité des débuts et l'album éponymeThe Dark, Blessing In Disguise ou The Human Factor restent des références inégalées... mais ce douzième effort (un peu plus concis, énergique et accrocheur que son précédesseur) au feeling old-school plaisant fait clairement partie de la meilleure moitié de la discographie du combo et s'impose comme ce qu'il a fait de mieux ces vingt-cinq dernières années. On ne va pas s'en plaindre.  

Tracklist de Damned If You Do :

01. Damned If You Do
02. The Black Things
03. By The Numbers
04. Revolution Underway
05. Guillotine
06. Rot Away
07. Into The Fold
08. Monkey Finger
09. Out Of Balance
10. The War Electric

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