MONSTROSITY

Artiste/Groupe

Monstrosity

Album

Spiritual Apocalypse

Date de sortie

05/04/2007

Style

Death-Metal

Chroniqueur

Damien

Note

17/20

Site Officiel

http://www.monstrosity.us

C H R O N I Q U E

Voici le deuxième effet kiss cool du mois en matière de Death après l'assault de Vomitory. Monstrosity fait parti de ces groupes oubliés, délaissés parce que peu médiatisés mais qui ont toujours su proposer des albums sans fautes, résolument incroyables de par leur qualité. Et malgré un parcours sans fautes, ces californiens ont toujours été considérés comme un second couteau de la scène Death US. Espérons que grâce lui soit rendue avec ce Spiritual Apocalypse qui se présente sous une pochette originale et très réussie, bien loin des illustrations gores des Cannibal Corpse et autres groupes de Death.

On met le cd dans le mange disque (bande d'incultes) et hop ! Premier morceau installant le groupe dans la tête du gentil metalleux lambda à mèche ou à casquette, "Spiritual Apocalypse" pose le Death californien digne des Deicide et autres Suffocation de Monstrosity. Parcourus de fiévreuses descentes de manche épileptiques, les grognements sinistres du monsieur qui nous parle dans l'oreille font carrément peur. Si on avait envie de rigoler, le chant limite satanisme à la Glenn Benton est étouffant.

Deuxième ogive, "Firestorm" accélère la cadence et nous dévoile la face mélodique du groupe, des mélodies vraies, pas des trucs pop, c'est de Death dont il est question ici. Le titre porte incroyablement bien son nom, une deuxième voix hallucinée double les growls résolument énormes. Un solo tel que ceux qui ont été récupérés par Daath dernièrement plombe l'ambiance pour de bon. La production sied à ravir.

"Apostles Of The Endless Night" amène une rythmique qui passe de posée à hélicoptère puis à rampante. Le tout débouche sur un riff de la grande époque. Malsain, le groupe nous emmène vers des contrées sombres, effrayantes.

"Within Division Of Darkness" avec son style de marche militaire pour intro enchaîne avec un passage digne d'un Deicide en version black. La fin du morceau énorme fait froid dans le dos avec ces hurlements inhumains couplés au rythme épileptique.

Grosse accélération démente à la limite du Death pour "The Inhuman Race" véritable tornade traversée par les solos toujours placés là où sa fait mal. Ce groupe veut nous rendre dingue. Et c'est au moment où l'on croit que le plus gros est passé que Monstrosity nous fait mal.

Le dantesque "Remnants Of Divination" débarque avec son riff juste génial : lumineux mais écrasant, le tout menace à chaque instant de se fissurer, de craquer, de dévaster le monde entier. La voix toujours étouffante et toujours doublée par une autre voix résolument hallucinée domine le tout à la force du naturel. Passage doomesque blasté, entrecoupé d'un solo à faire devenir dingue tout musicien confirmé ou non, c'est un véritable hymne. Le morceau typique pour vous faire lâcher prise, vous faire passer du mauvais côté.

Après une telle claque Monstruosité à eu le cran de mettre une petite pose pour digérer ces somptueuse 6 minutes de folie. "Illumination" s'en charge donc, avec ses 45 secondes qui en plus sont utilisées pour continuer à plomber l'ambiance.

Après cette courte pause méritée, Monstrosity repart avec "Sacred Oblivion" et ces guitares étranges, asphyxiantes, qui rappellent le dingue "Fear Is A Big Business" de Ministry a ceci près qu'ici c'est le résultat d'instruments et non de machines.

Assez brève attaque, il succède à "The Bloodine Horror" qui accélère encore une fois le ton, nous moleste avec ses riffs qui nous font un joli doigt d'honneur et qui nous prennent à la gorge. Le tout se finit sur un duel de soli incroyables, dans la tradition totale de la scène US, avec en tête les Obituary et autres Malevolent Creation.

Dernier plaisir, "Triumph in Black" nous ballade à un rythme variant sur des laques enfumés, au goût d'horreur et de peur prononcé. L'ambiance se calme, toujours très sombre et l'on peut maintenant sombrer dans la folie complète.

Monstrosity nous livre en cette sainte année 2007 un album dantesque, monstrueux (!), effrayant, effarant, tout bonnement extraordinaire, et très au-dessus des productions de ces dernières années en la matière. C'est beau à en pleurer. Le génie du groupe mérite d'être enfin reconnu à sa juste valeur et Monstrosity parvient à récupéré la place qui aurait toujours dû être la sienne sur le podium des maîtres du Death, au panthéon, à côté des Morbid Angel, Nile et autres Deicide. Malheureusement, à la manière du Age Of The Wicked de Pyrexia, il tiendrait du miracle que ce Spiritual Apocalypse rencontre le succès qu'il mérite. Voici mon deuxième vrai coup de coeur avec ce chef d‘oeuvre. Et toc !