Artiste/Groupe:

Motörhead

CD:

Bad Magic

Date de sortie:

Août 2015

Label:

UDR

Style:

Hard Rock increvable

Chroniqueur:

Orion

Note:

15/20

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Que peut-on attendre d'un nouvel album de Motörhead, le vingt-deuxième, après quarante ans de carrière ?
Les mauvaises langues vont vous répondre : "rien, ça fait quarante ans qu'ils nous proposent la même chose". Bon, ceux là, on les laisse à leurs certitudes et épluchons ce nouvel album de la bande à Lemmy. Car, oui, même après quarante ans de carrière, même avec un Lemmy bien diminué (on l'a vu sur ses dernières prestations live), Motörhead n'a pas dit son dernier mot.

Car, encore une fois, après un Aftershock paru en 2012 qui ne sentait déjà pas les chrysanthèmes pour le trio britannique, Motörhead nous balance avec ce Bad Magic treize missiles qui atteignent tous leur cible. Oui, je sais, j’avais déjà parlé de "missiles" pour l’album précédent, je me répète. C’est juste le terme qui me semble le plus approprié quand on parle des compositions de ce calibre. Et le parallèle avec l’album précédent et de toute manière facile à faire puisque Bad Magic est tout aussi jouissif.
Comme son aîné, les morceaux sont courts pour la plupart (entre deux minutes vingt et trois minutes trente) bien rapides et toujours aussi efficaces.
Quand les titres sont moins rapides – oui, ça arrive (Fire Storm Hotel, The Devil, Shocking On Your Screams), il s'y installe un groove qui ferait bouger un paraplégique. Et ce son de basse unique, c'est quand même quelque chose (Tell Me Who To Kill, Shocking On Your Screams). Alors ouais, Lemmy n'arrive peut-être plus à tenir sur scène très longtemps mais putain, il sait toujours faire vibrer ses quatre cordes ! Phil Campbell envoie du solo toujours aussi rock n’roll, quelquefois plus bluesy (When The Sky Comes Looking For You) alors que Mikkey Dee assure les arrières.
Attention à Till The End, ballade tueuse comme le bombardier nous en a proposé quelquefois (remember Dust And Glass de l’album précédent ou encore Love Me Forever…)
Inutile de détailler chaque morceau, si vous aimez Motörhead, vous savez déjà à quoi tout cela ressemble.
L'album se termine sur le morceau le plus long, une reprise des Rolling Stones, le célèbre Sympathy For The Devil. Le groupe n'en est pas à sa première tentative d'une "motörisation" d'un standard des Stones puisqu'ils avaient déjà repris (et bien repris) Jumpin' Jack Flash. Comme sa petite sœur, cette reprise est excellente, on a même les "ouh ouh" et la batterie tribale... bref, une belle conclusion pour ce nouvel album.
N'en déplaise aux détracteurs, le bombardier ne sera pas remisé au hangar encore sur ce coup-là !


Bien sûr, Bad Magic n'est ni le meilleur album de Motörhead ni le plus surprenant. Motörhead nous propose juste du Motörhead : un putain d'album de Rock and Roll, comme lui seul sait le faire. C'est tout ? Oui, c'est tout. Et c'est très bien comme ça !

Rien n'arrêtera Lemmy, à part la mort, c’est lui qui l'a dit. On souhaite que ce soit le plus tard possible car même si ce mec fête cette année ses soixante-dix ans, il a encore une sacrée énergie (au moins sur album), les idées fourmillent toujours et on n'a pas envie que ça s'arrête tout de suite.
Alors long live Lemmy, long live Motörhead !



Tracklist de Bad Magic :

01. Victory Or Die
02. Thunder And Lightning
03. Fire Storm Hotel
04. Shoot Out All Of Your Lights
05. The Devil
06. Electricity
07. Evil Eye
08. Teach Them How To Bleed
09. Till The End
10. Tell Me Who To Kill
11. Choking On Your Screams
12. When The Sky Comes Looking For You
13. Sympathy For The Devil