Myrath

Artiste/Groupe

Myrath

CD

Tales Of The Sands

Date de sortie

Septembre 2011

Style

Metal Progressif

Chroniqueur

Didier

Note Didier

18/20

Site Officiel Artiste

Myspace Artiste

C H R O N I Q U E

Myrath est un de mes chouchous, j'annonce de suite la couleur. Je les avais découverts avec leur deuxième album, Desert Call, et c'est avec une vrai impatience que je me suis attaqué à l'écoute de Tales Of The Sands, leur troisième opus. Comme le titre le laisse entendre, Myrath ("l'héritage" en arabe), continue de surfer, non pas les dunes du désert tunisien (leur pays d'origine), mais entre metal progressif puissant, et traditions orientales, pour venir s'imposer aujourd'hui dans un style unique, façonné grâce à trois albums tout à fait réussis.

Premier choc, pour cet album : la pochette. Superbe, elle attire forcément le regard. Dessinée par Bader Klidi, elle me rappelle les dessins de l'univers des jeux vidéo de Syberia dessiné par Benoît Sokal. Ca commence bien.

Le line-up de Myrath s'est un peu modifié depuis leur second album début 2010. Un nouveau batteur, Piwee Desfray (aussi batteur de Heavenly) remplace Seif Ouhibi. Pour le reste on ne change rien : Zaher Zorguatti au chant, Malek ben Arbia à la guitare, Elyes Bouchoucha aux claviers et Anis Jouini à la basse. Coté production on trouve du lourd. Kevin Codfert (par ailleurs aux claviers d'Adagio) est toujours producteur, comme sur les albums précédents, mais d'autres grands noms sont de la partie (Fredrik Nordström, Henrik Udd et Jens Bogren).

Autant le dire tout de suite la production de cet album est énorme, non pardon, ENORME. On est littéralement emporté par la puissance du son dès le premier morceau Under Siege. Il semble encore plus profond que celui de Desert Call (pourtant déjà génial). Autre remarque globale, les morceaux sont plus courts (tous sous la barre des cinq minutes), rompant un peu avec les traditionnels longs morceaux du metal progressif. Je trouve les compositions toujours très originales, les refrains accrocheurs, et ce mélange de metal et de sonorités orientales vraiment génial. Je note aussi que globalement l'accent est un peu plus mis sur les claviers et violons orientaux, que sur la guitare de Malek (contrairement aux albums précédents). La guitare est bien là, pas de panique, toujours avec un son hyper puissant rappelant celui de Stefan Forté, mais juste un peu moins sacralisée. Il y a même un morceau sans solo de guitare (arrrrggg ?), qui passe... tout à fait bien (et oui c'est possible !).

Plus en détail maintenant. On découvre cet album avec le surpuissant Under Siege. Le son est d'une profondeur qui file le vertige. La guitare et ses riffs appuyés, la batterie (soutenue par des coups de "sub" électroniques qui font trembler la cage thoracique). L'intro de voix féminine (assurée par Clémentine Delauney la chanteuse de Whyzdom), les puissants violons orientaux, la voix de Zaher qui semble avoir bien évoluée, plus mature, alternant le style prog (Symphony X) et oriental, le solo de guitare, celui de claviers, les percus en fond : Fabulous les mecs !!!
A peine le temps de s'épousseter du sable des dunes, qu'on se fait cueillir par le morceau suivant Braving The Sea, et le son d'une sirène d'alarme inquiétante. Alternant passage "traditions", et passages plus classiques, je trouve que le refrain rappelle un peu du Rainbow. On a un bon break de claviers sur fond de darbouka (sorte de djembe tunisien en terre cuite). On termine avec la sirène inquiétant de l'intro. Dans le morceau Merciless Times, on amorce un virage un peu plus oriental de par le style du chant et la place des violons. Même si la bonne gratte de Malek est là pour ramener le côté metal, les violons sont prépondérants (enregistrés par les musiciens de l'orchestre symphonique de Sousse) dans ce morceau qui est aussi le plus court. Même remarque pour Tales Of The Sands, dont l'intro de chant oriental accompagné de percus et de violons accentue le côté tradition. Le refrain, chanté en arabe, appuie encore l'effet. Le contraste des riffs puis du solo de Malek est frappant, puisqu'il balance quelques petits shreds à la Malmsteen.
L'intro de Sour Sigh est très mélodieuse, mélancolique, violon et piano, vite rejoints par le reste du groupe. Le son de la guitare est très travaillé (compression, wah-wah). La voix de Zaher est encore époustouflante, il rivalise avec les meilleurs dans ce style (Symphony X), avec la maîtrise du quart de ton typique du chant oriental, en plus. Drawn Within est un morceau assez vif, plus classique, où la basse fait un gros boulot, le refrain est bien accrocheur. J'adore son final. Wide Shut est l'exemple type du mix des sonorités à la Myrath. Les violons et les riffs de guitares se répondent, superbe chant, bon refrain, bons claviers, excellente section rythmique surpuissante. Le break duo clavier/guitare est bien cool, le solo de violon qui suit aussi.
Requiem For A Goodbye est un morceau plutôt speed, au rythmes travaillés et changeants. Le refrain est plus posé. Le boulot de Elyes aux claviers, et au piano, est énorme, celui de Zaher au chant, toujours impeccable. Sur Beyond The Stars, dès l'intro c'est la guitare qui reprend le contrôle. Pourtant c'est encore un morceau avec une forte coloration orientale. Le refrain en quart de ton, chanté en arabe. Le tout se marie à merveille. Time To Grow (allusion à l'après révolution tunisienne ?) est un morceau définitivement moderne et très metal prog. Le refrain est très mélodieux, on s'éloigne un peu de l'Afrique pour ce dernier morceau, on retrouve un style de metal plus scandinave, preuve en est que nos amis de Myrath savent tout faire dans ce style. Malek nous gratifie de petits passages de guitares superbes, sur fond d'un bon thème de claviers.

Au final, j'ai vraiment apprécié cet album, qui devrait vraiment établir Myrath comme un groupe majeur dans le style metal prog. Leur son est carrément unique, reconnaissable en seulement quelques mesures. Ce son est un savant mélange de traditions orientales avec la puissance du metal prog moderne. Le groupe semble bien en place, plus mature (dans le chant, dans les compos), tout à fait prêt à conquérir le monde, de mon point de vue. L'écoute de l'album s'avère passionnante, pas besoin d'être fan de musique orientale (je ne le suis pas particulièrement), c'est un véritable rayon de soleil qui vous réchauffe la couenne pour cette rentrée 2011 tout à coup bien froide. J'ai vraiment hâte d'aller les entendre défendre cet album sur scène lors de leur tournée européenne avec Arkan et Orphaned Land. Ne ratez pas la tempête (de sable) Myrath !

 

Tracklist de Tales Of The Sands :

01. Under Siege
02. Braving The Seas
03. Merciless Times
04. Tales Of The sands
05. Sour Sigh
06. Dawn Within
07. Wide Shut
08. Requiem For A Goodbye
09. Beyond The Stars
10. Time To Grow

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