Artiste/Groupe:

Red Dragon Cartel

CD:

Patina

Date de sortie:

Novembre 2018

Label:

Frontiers Records

Style:

Hard Rock

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

12.5/20

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Enfin ! Il aura fallu attendre pas loin de cinq ans pour écouter la suite des aventures de Red Dragon Cartel, nouveau groupe de Jake E. Lee (surtout connu du plus ou moins grand public pour son passage chez Ozzy Osbourne dans les années 80) qui avait sorti son premier album en janvier 2014. Le disque en question était pas mal du tout, plutôt une bonne surprise, naviguant entre tradition et modernité, avec un contenu assez varié et des invités qui enrichissaient le tout. Après des années de silence, Lee nous prouvait que son jeu n'avait pas perdu de sa superbe et on eut même le plaisir de le voir reprendre la route (avec une petite visite en région parisienne que les fans du monsieur avaient tout intérêt à ne pas louper vu la rareté de ses apparitions). Mais depuis... grand silence à nouveau. Départ de certains membres du groupe, retour, re-départ (la valse des chanteurs a été quelque peu difficile à suivre)... et aujourd'hui, du line-up de 2014, ne reste plus que le chanteur Darren Smith. Le bassiste Ronnie Mancuso s'est fait remplacer par Anthony Esposito (ex-Lynch Mob) et le batteur Jonas Fairley a cédé ses baguettes à Phil Varone (ex-Saigon Kick, ex-Skid Row). 

Ce deuxième album, que j'attendais avec une certaine curiosité, n'est pas un copié/collé du premier... ce qui, sur le papier, est plutôt une bonne nouvelle (à quoi bon refaire toujours la même chose ?). Le groupe s'éparpille moins et a défini une direction plus claire et un contenu plus homogène : on est face à un hard bluesy assez proche de ce que Lee proposait avec Badlands. Ceux qui n'avaient pas spécialement adhéré au manque d'unité du premier essai (ce qui n'était pas mon cas, je le précise) apprécieront peut-être la démarche adoptée sur Patina. En tout état de cause, les choses commencent très bien avec les deux premières pistes, Speedbag et Havana. Le son est naturel et chaleureux. Pas de surproduction ici (Esposito a produit la bête et le célèbre Max Norman s'est occupé du mixage) mais des instruments tous audibles, un beau son de guitare pour un hard enlevé non dénué de groove et petites touches bluesy. Le chant de Smith colle bien aux compos, les mélodies, riffs et solos fonctionnent à merveille. C'est simple mais entraînant et efficace. Havana est sans doute le meilleur morceau de ce début d'album, le plus catchy en tout cas, et Jake E. Lee se fait un plaisir de nous rappeler, non sans une certaine classe, pourquoi il mérite de figurer parmi les guitaristes qui ont marqué le hard rock. Le rythme ralentit et se fait plus tranquille avec Crooked Man, un titre mid-tempo au riff et à la rythmique solides. Smith n'hésite pas à moduler, son chant évoque un peu celui d'Ozzy Osbourne sur le refrain. Malgré ses qualités, ce titre m'a un peu moins séduit que les deux précédents. je trouve qu'il lui manque un petit quelque chose qui le fasse totalement décoller mais j'accroche toujours au groove dégagé par Jake et sa bande. Mais par la suite, les choses vont un peu se compliquer...

Eh oui... A dire vrai, Patina m'a demandé quelques efforts. La première écoute ne m'a pas impressionné plus que ça... j'ai bien adhéré aux deux premières chansons et progressivement, le disque, sans jamais devenir mauvais, m'a un peu perdu, faute d'accroches fortes ou titres sortant particulièrement d'un lot sympathique mais manquant de relief. Après Crooked Man, The Luxury Of Breathing reste sur le même type d'ambiance (l'apparition d'un harmonica n'y changera rien), le rythme est un peu lourd, les mélodies ne sont pas désagréables mais pas franchement mémorables non plus... Un peu plus loin, après un Bitter plus revigorant, Chasing Ghosts fait preuve de peu de dynamisme et me semble longue... Même souci avec A Painted Heart qui, j'insiste là-dessus, n'est pas mauvaise mais continue de m'installer tranquillement dans une sorte de torpeur qui finit par porter préjudice à Patina... Après un My Beautiful Mess qui ne me laisse aucun souvenir si ce n'est celui d'une véritable lassitude, l'aventure se termine de façon nettement plus satisfaisante avec Ink & Water, morceau rock old-school qui propose une rythmique qui sort du lot et un refrain plus entraînant. 

Quelques compos mises à part (SpeedbagHavanaBitter et Ink & Water surtout), cet opus m'a semblé très homogène, pas spécialement extraordinaire... et m'a parfois un peu ennuyé. Evidemment, les écoutes répétées m'ont fait davantage apprécier certains moments proposés ici mais je reste tout de même sur l'impression d'un disque divisé en deux parties distinctes : une moitié qui me plait bien et l'autre que j'ai du mal à retenir, avec des morceaux mous et des mélodies un peu monotones. Voilà, en ce qui me concerne, Patina est un album en dents de scie que j'avais vraiment envie d'aimer mais qui n'a pas réussi à me convaincre dans sa globalité. Le premier essai paru en 2014 avait ses défauts mais m'avait fait passer un meilleur moment que cette suite un peu décevante (mais qui, de par la présence de ce guitariste trop rare, procure tout de même un certain plaisir). A vous de voir si vous vous y retrouvez plus que moi. 

Tracklist de Patina :

01. Speedbag
02. Havana
03. Crooked Man
04. The Luxury Of Breathing
05. Bitter
06. Chasing Ghosts
07. A Painted Heart
08. Punchclown
09. My Beautiful Mess
10. Ink & Water

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