Artiste/Groupe:

Riot V

CD:

Armor Of Light

Date de sortie:

Avril 2018

Label:

Nuclear Blast Records

Style:

Heavy Metal

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

15.5/20

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Message à caractère informatif : attention, vous êtes sur le point de lire une introduction inutile. Si vous êtes pressés, zappez allègrement le paragraphe ci-dessous. 

Les mecs... sérieusement, c'est quoi cette illustration ? On peut en parler deux minutes ? Ok, avec Riot (Riot V maintenant, depuis la mort de Mark Reale, le guitariste fondateur), on a l'habitude. Le trip bibifoc n'est pas nouveau. Et la jaquette qui craint, c'est un peu une tradition. Mais quand même, on a beau le savoir, ça fait un choc à chaque fois. En 2014, l'artwork d'Unleash The Fire était déjà fort laid, on se disait que la prochaine fois, ça ne pourrait pas être aussi moche... Si, c'était possible, la preuve est sous nos yeux. Ce guerrier Manowarien à tête de phoque est si ridicule que ça en fait peur. Il y a même quelque chose qui ressemble à du suicide commercial là-dedans. J'imagine bien un gars, chez son disquaire favori, demandant le nouvel album de Riot V, parce qu'alléché par un extrait ou deux rencontrés sur le net, mais renonçant une fois devant une telle pochette, se disant : "Non, je ne vais jamais pouvoir affronter le regard de la jolie caissière avec ça dans les mains". Attendez... on vient de me dire dans l'oreillette que mon avis sur les illustrations de Riot, on s'en foutait pas mal et que je pouvais même me le... oh là, on va se calmer tout de suite ! Bon, je suis raisonnable, je n'insiste donc pas davantage. Passons à la musique.

Depuis 2011, date à laquelle le groupe a sorti l'album Immortal Soul, Riot nous fait une sorte de "Thundersteel revival". En reformant le line-up de l'époque et épousant à nouveau le genre speed mélodique tout d'abord. Puis en perséverant dans ce style après la mort de Mark Reale et le départ de deux autres membres (Tony Moore et Bobby Jarzombek, respectivement chanteur et batteur) sur Unleash The Fire. Sachez-le d'entrée de jeu : Armor Of Light, seizième opus du combo, persiste et signe. On est vraiment dans le respect d'une certaine tradition et dans l'hommage, pas dans l'exploration de nouveaux territoires musicaux. Le son a l'avantage des productions modernes (il est d'ailleurs un peu plus musclé / dynamique que sur l'album précédent, bon point) mais niveau style ou écriture, il est vrai que la plupart des chansons présentées aujourd'hui auraient pu sortir il y a trente ans. Cela n'est peut-être pas si étonnant quand on sait que c'est le bassiste Don Van Stavern (qui avait écrit la grande majorité des titres de l'album Thundersteel avec Reale) qui est le principal compositeur au sein de Riot V. Et comme pour mieux faire passer le message, on retrouvera une version réenregistrée de la chanson Thundersteel en guise de bonus sur l'édition limitée de l'album. Voilà, comme ça, c'est clair. 

Les nouvelles compos renouent donc avec le passé et la réussite de l'entreprise est certaine. Les mélodies sont enjouées, entêtantes, les riffs et solos nous régalent bien, c'est technique mais accrocheur... on retrouve les qualités du groupe qui a signé quelques morceaux de choix à la fin des années 80. On s'en était rendu compte sur l'album précédent, Todd Michael Hall est le chanteur qu'il fallait pour ce style. Sa voix claire, son coffre et son aisance à gravir les octaves en font un vocaliste taillé pour le speed mélodique. Puisqu'on parle de speed, les morceaux véloces ne manquent pas sur cet opus, c'est le moins qu'on puisse dire. Il n'y a quasiment que ça. Vous vous rappelez des compos typées hard rock comme Land Of The Rising Sun et Take Me Back ou des ballades Immortal et Until We Meet Again sur Unleash The Fire ? Vous n'en trouverez pas ici. Non, Armor Of Light fait dans le heavy, le power, le speed, rien d'autre... le tempo est très souvent enlevé. Seules quelques chansons comme Set The World AlightCaught In The Witches Eye (avec quelques samples de cuivres qui viennent rappeler un essai du même genre sur l'album The Privilege Of Power) et Ready To Shine modèrent la vive allure de l'ensemble. Victory lance ce disque sur un thème bien conquérant, on notera que la ligne de chant sur le couplet rappelle celle de The Trooper (de vous savez forcément qui). Au rayon des clins d'oeil plus ou moins volontaires à d'autres anciens, le riff de Burn The Daylight m'a fait penser à du vieux Rainbow. Je vous épargne un fastidieux "piste par piste", le savoir-faire décelable sur les extraits disponibles sur le net se retrouvent sur l'ensemble de l'album. Le refrain de Heart Of A Lion est épique comme il faut, la paire Mike Flyntz / Nick Lee nous tricote des riffs immédiatement reconnaissables et balance d'excellents solos toujours habiles et mélodiques. Il y a bien quelques moments qui me plaisent moins comme Messiah, instrumentalement assez parfaite dans son style, mais dont la ligne de chant demeure plate, monotone, répétitive. C'est, en ce qui me concerne, l'un des rares faux pas de ce cru 2018.

D'un côté, Armor Of Light est plus heavy et mieux produit que son prédécesseur, en plus de posséder quelques compos plus immédiatement accrocheuses... mais de l'autre, Unleash The Fire, avec ses quelques pistes hard rock et ses deux ballades, proposait un peu plus de variété. Finalement, les deux disques se tiennent dans un mouchoir de poche. Les petits reproches que certains pourront faire au groupe concerneront peut-être l'aspect un peu désuet de la musique proposée, un léger manque d'agressivité, à l'instar de la voix maîtrisée mais manquant d'aspérité de Todd Michael Hall (en même temps, c'est du Riot, le groupe n'a jamais été "brutal"), ou de surprises... mais j'avoue que j'imagine plus une majorité de fans ravis de constater que le groupe n'est pas mort et peut encore proposer un disque d'une telle qualité.

Unleash The Fire avait rassuré, Armor Of Light confirme : malgré l'absence de Mark Reale, Riot V tient carrément la route. Ce nouvel album perpétue une certaine facette de ce groupe culte et propose une copie qui n'a pas à rougir de la comparaison avec l'album dont elle s'inspire (Thundersteel, pour ceux qui ont déjà oublié ce qui a été écrit plus haut). Ca sonne vraiment comme du (bon) Riot. L'ensemble est bien écrit et très bien produit. Seront peut-être déçus ceux qui souhaitaient voir ces musiciens aller de l'avant et surprendre plutôt que d'appliquer une recette que l'on connaît déjà. Finissons sur une bonne nouvelle : les apparitions live du groupe en France sont rares mais certains auront la chance de le voir défendre cet album prochainement car il assurera la première partie des Allemands de Primal Fear lors de leur prochaine tournée européenne (une date parisienne est prévue le 10 octobre). En ce qui me concerne, voilà une occasion à ne pas manquer... la croix est faite dans le calendrier ! 

Tracklist de Armor Of Light :

01. Victory
02. End Of The World
03. Messiah
04. Angel's Thunder Devil's Reign
05. Burn The Daylight
06. Heart Of A Lion
07. Armor Of Light
08. Set The World Alight
09. San Antonio
10. Caught In The Witches Eye
11. Ready To Shine
12. Raining Fire