Steven Wilson

Artiste/Groupe

Steven Wilson

CD

The Raven That Refuse To Sing (and Other Stories)

Date de sortie

Février 2013

Label

KScope

Style

Rock-Jazz Progressif

Chroniqueur

dominique

Note dominique

19/20

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C H R O N I Q U E

Il y a des jours comme ça, où tout se passe mal, où l'on se dit que sa journée a vraiment été pourrie et où l’on n'attend plus que le soir pour aller se coucher et espérer que les lendemains seront meilleurs. Alors en attendant ce moment béni, on fait une dernière tentative dans l’inconnu, on prend un CD à chroniquer, on le place sur sa platine et on croise les doigts pour que cela soit à peu près correct. Bon, c'est vrai que pour ne pas prendre trop de risques, on choisit un artiste connu et reconnu pour son talent. Toutefois comme on est dans une mauvaise passe, on reste très prudent, presque sceptique sur ce qui va s’insinuer entre nos oreilles.

A la première écoute, vos réticences fondent comme neige au soleil. Ce disque vous attire et vous intrigue. Il est différent et vous savez déjà qu’il va vous permettre de garder finalement un pas si mauvais souvenir de cette journée. Vous enchainez avec la deuxième et la troisième écoutes, plus fort, plus calme et plus réceptif. Alors là vous comprenez que ce disque va vous accompagner dans les semaines, les mois et même les années à venir. Pourquoi ? Parce qu’il restera comme un îlot, un port d’attache auquel vous pourrez venir vous accrocher quand cela sera la tempête autour de vous, quand vous serez au plus mal et que vous aurez besoin de paix et de confiance. Ce disque, il vous aura touché au plus profond, au cœur de vos émotions. C’est exactement ce qui m’est arrivé avec ce The Raven That Refuse to Sing (and Other Stories), le troisième album solo de Steven Wilson.

Rien à jeter, tout est bon dans le Wilson

Steven Wilson on le connait pour son groupe phare, Porcupine Tree, et mais également pour tous ses projets parallèles et expérimentaux (Blackfield avec Aviv Geffen, Storm Corrosion avec Mikael Åkerfeldt de Opeth ou encore No-Man avec Tim Bowness). Ce surdoué hyperactif se permet en plus de tout ceci de mener sa propre carrière en solo. Et comme beaucoup d’artistes productifs, toutes ses productions ne sont pas forcément du même niveau ou tout au moins pas toujours appréciées de la même façon par les auditeurs. J’en veux pour preuve les chroniques très partagées de son premier album datant de 2009 (Insurgentes). Après un second album sorti en 2011 (Grace For Drowning), Wilson s’est remis au travail, a rassemblé ses musiciens Guthrie Govan à la guitare, Nick Beggs à la basse, Marco Minnemann à la batterie, Adam Holzman aux claviers et enfin Theo Travis aux instruments à vent pour travailler sur ce The Raven That Refuse to Sing. Si il est important de mentionner tous les musiciens tant ils sont présents et individuellement actifs sur cet album, il est tout aussi capital de mentionner le producteur Alan Parsons pour le travail exceptionnel fait pour lier, harmoniser et valoriser chacune des lignes instrumentales. Il en ressort ce qui pour moi est un joyau de rock jazz progressif, une œuvre qui va prendre une place prépondérante dans ma discothèque.

Alors oui, nous sommes plus près du Montreux Jazz Festival que du Hellfest, donc les puristes et les extrémistes ne s’y retrouveront pas. Mais tous ceux qui aiment les chemins de travers, tous ceux qui aiment le rock du début des seventies, Genesis, Crosby Still & Nash (and Young), Pink Floyd ou encore Jethro Tull, ce The Raven That Refuse to Sing est pour vous. Les six titres proposés vont vous prendre par la main et vous faire faire un beau voyage. Tout commence avec Luminol et son intro free jazz. Le ton est donné. La basse donne le tempo, clavier, batterie et guitares le fond, un premier solo de flûte, ouverture sur les voix, solo de basse, et retour des claviers très Bontempi. Tout est hyper-musical sur environ 4min30. On rentre dans une seconde phase, plus planante où Steven pose sa voix. Cela reprend à 8min30 avec une tonalité plus Pink Floyd. À dix minutes, le son devient moins volumineux, laissant le piano faire le lien avec une fin de morceau plus metal, où les guitares posent quelques riffs plus solides et ou le reste des instruments reprennent le thème musical initial. Drive Home est très planant, et la filiation des tonalités avec Pink Floyd ou les Eagles se font très clairement ressentir. The Holly Drinker propose une atmosphère plus inquiétante. Guitares, claviers et saxo errent comme si ils étaient perdus. Le titre oscille entre atmosphère jazz et structure rock avec en fin de morceau des tonalités presque metal. C’est tout à fait jouissif. The Pin Drop est un morceau plus lyrique, plus délicat. C’est beau, calme et totalement équilibré. The Watchmaker est un titre somptueux. L’atmosphère y est très seventies et la voix de Steven Wilson est claire et aussi mélancolique que le thème musical. Initié avec une simple guitare sèche, le titre prend tranquillement du volume. Clavier, flûte puis les voix fredonnent le thème qui va décoller vraiment dès la quatrième minute. Comme le titre est totalement destructuré, les variations vont se poursuivre tout au long des presque douze minutes. Entre jazz et rock, entre calme et lyrisme, The Watchmaker est un bombe instable et imprévisible. L’album se termine sur sa chanson éponyme, The Raven that Refused to Sing. C’est simplement beau, triste. Très calme sur environ 5min30, le titre se donnant des ailes après. Chacun y met du sien afin de clore l’album de la meilleure des manières.

Donc pour moi, c'est merci Monsieur Steven Wilson et bravo. The Raven That Refuse To Sing est un perle et j’espère que la tournée européenne qui débutera en mars passera près de chez moi, afin que je puisse voir en live ce que tout ceci donne.

 

Tracklist de The Raven tat Refuse to Sing (and other stories) :

1. Luminol
2. Drive Home
3. The Holy Drinker
4. The Pin Drop
5. The Watchmaker
6. The Raven that Refused to Sing

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