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Interview Snake + Arno + Etienne + Jojo
Bonjour Black Bomb A, merci de me recevoir. Pour commencer, est‑ce que vous pouvez vous présenter rapidement ?Etienne : Je commence ? Etienne, bassiste de Black Bomb A. Arno : Arno, chanteur. Jojo : Jojo, batteur. Avec une carrière aussi longue, comment vous faites pour garder autant d’énergie sur scène ? Pour continuer à rentrer dedans à chaque date ? Vous faites des dialyses en Suisse ?Arno : Ouais, direct en Suisse, là où c’est plus cher ! Non la base c’est que l’on s’amuse. Etienne : C’est vraiment une question de sincérité et de plaisir. C’est pour ça qu’il y a eu des changements de line‑up : quand tu sens que tu t’essouffles, que tu ne le fais plus pleinement, il vaut mieux arrêter. Black Bomb A, c’est ça : si tu n’es pas à fond, tu ne le fais pas. Moi, j’ai arrêté dix ans pour cette raison. Donc la pause, c’était parce que tu n’arrivais plus à tout donner ?Etienne : Exactement. Soit, tu le fais à 100 %, soit tu ne le fais pas. Et puis il y a la passion… Sans passion, tu ne tiens pas. Jojo : Je suis le petit nouveau, donc je ne suis pas le mieux placé pour répondre, mais comme dit Etienne : si tu n’as pas envie, ne le fais pas. Qu’est‑ce qui nourrit l’envie de Black Bomb A aujourd’hui ? Qu’est‑ce qui vous a réuni à nouveau ?Etienne : Le partage. Jouer ensemble, vivre des expériences, faire des dates. On adore le live, on adore le studio, on aime produire. Jojo : On aime juste se retrouver et faire de la musique ensemble. On pense tous plus ou moins pareil, ça facilite tout. C’est vraiment du partage. Comment vous créez un morceau ? Ça commence par un riff ? Par les paroles ?Etienne : Ça commence par celui qui arrive avec une idée, souvent la guitare : un riff, une structure. On regarde si c’est pertinent, si c’est nul, si c’est bien, on bosse ensemble. Surtout en trio: guitare, basse, batterie, et beaucoup à distance. On s’envoie des idées, on brainstorme, puis on propose aux chanteurs. Ensuite, on brainstorme à cinq. Et les paroles arrivent après ?Arno : Oui, en général. J’ai souvent des bouts de textes déjà écrits, des phrases, des idées. Quand le morceau prend forme, je brode autour. Poun structure son écriture autour d’une ligne mélodique souvent faite avec des onomatopées, et ensuite il écrit. L’écriture, ce n’est pas instinctif. Il y a des moments où ça vient, d’autres où j’écris des trucs nuls que je jette. C’est une discipline. Il n’y a pas de règle vraiment établie. Etienne : Comme pour la musique : parfois ça marche, parfois non. (ndlr : Les Locomuerte sont dans le bus juste en face de l’interview, et comme d’habitude ils sont déjà à fond…) Eh, vos gueules ! Jojo : Vos gueules, on fait l’interview, putain ! Etienne : Les Loco, ils sont insupportables… Arno : C’est des gros cons. (rires) La base de Black Bomb A, c’est quand même un esprit punk. C’est donc engagé, viscéral, est-ce que cet état d’esprit ne s’use pas avec le temps ?Etienne : C’est aux gens de le dire. Moi, je n’ai pas l’impression qu’on l’ait perdu. Est‑ce que la règle composition-enregistrement-tournée ne finit pas par créer une forme de routine ?Etienne : Il n’y a pas de règles dans le punk. Et surtout, il n’y a pas de routine. Quand j’ai senti que je tombais dans une routine il y a quinze ans, j’ai arrêté. La flamme, l’envie, c’est l’essence du groupe. Dès que ça devient mécanique, c’est fini. C’est ce qui explique les 30 ans de carrière ?Snake : Probablement. Et aussi les changements de line‑up. On a fêté les 30 ans au Trianon il y a deux ans, donc on est dans la 32e année. Quel regard vous portez sur ce parcours ?Snake : De la fierté. C’est rare d’avoir une telle longévité tout en restant intègre. On sait qui on est, on n’a jamais cherché à faire du pseudo‑commercial. Je suis fier de ça, et de tout ce qu’on a accompli : les albums, les concerts, les rencontres. Le rapport humain compte énormément dans ce groupe. Et le rapport à la scène ?Snake : Évidemment, c’est central. C’est une aventure humaine et musicale dont je suis fier. Etienne : Même ceux qui sont partis restent liés au groupe. Quand tu arrêtes, tu fais quand même partie de l’entité. Et la place de Black Bomb A dans le paysage Metal ?Snake : Ce n’est pas à nous de le dire. Etienne : Si on commence à s’auto‑qualifier, on passe pour des prétentieux. On fait notre chemin, on se bat pour continuer. Aux gens de dire ce qu’ils en pensent. Un mot pour conclure ? Qu’est‑ce qui arrive bientôt pour vous ?Etienne : Merci ! Ce soir, c’est la date avec les Locomuerte ! Snake : Et ensuite, une soirée en Vendée avec eux et d’autres groupes. Une tournée en préparation ?Arno : On tourne jusqu’à la fin de l’année, puis on prépare un nouvel album. Merci pour votre accueil. Bon concert.
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