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le 2 juin 2026.

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Groupe:

In Extremo

Date:

12 Mai 2026

Interviewer:

ced12

Interview In Extremo

C’est dans une des loges du Bascala, deux petites heures avant leur (excellent) show du soir, que j’ai la chance de tailler une petite bavette avec Florian Speckardt (aka Specki T.D.) et Michael Rhein (aka Das Letzte Einhorn) respectivement batteur et chanteur d’In Extremo. Bon pour le second, il faudrait compléter en précisant qu’il joue un peu de guitare et aussi des instruments folkloriques. Car oui, In Extremo c’est plus de trois décennies au service d’un folk-metal typiquement allemand. Pionniers du genre d’ailleurs comme le frontman aime à le rappeler. C’est en 1995 que le groupe s’est créé avec un projet à la fois « simple » et à la fois très ambitieux. Mixer instruments médiévaux (flûtes, cornemuses, vielle à roue, etc.) avec une grosse dose de rock qui tape. Le chanteur avait les deux en tête et ne semblait pas concevoir l’un sans l’autre. Le contexte des années 90 était à l’expérimentation et au mélange des styles, le folk-metal allemand allait naître pour connaître un sacré succès, encore réel de nos jours, avec une vraie scène qui fonctionne bien. Outre-Rhin mais pas que, In Extremo jouant un peu partout dans le monde. Cela nous a d’ailleurs permis d’aborder le sujet du Summer Breeze, ce Festival si cher à mon cœur. Et aussi d’évoquer Michael « Mr. T » Trengert créateur de ce Fest et chef produit d’In Extremo à leur début. C’est lui qui leur avait permis d’accéder au marché US. Un sacré personnage, immensément regretté outre-Rhin, homme qui a fait beaucoup pour le Metal en Allemagne aidant un sacré paquet de groupes.

Ce sera d’ailleurs sur ce sujet que la discussion avec le groupe (plaisante et agréable par ailleurs) allait aborder un sujet un peu sensible. Grand fan de folk metal allemand que je suis, je souhaitais m’enquérir avec curiosité sur le fonctionnement interne de cette scène. Je découvris un peu désappointé que tout n’était pas rose chez nos amis allemands. Le frontman eut cette formule assez lapidaire : « nous sommes les pionniers, mais personne ne nous a jamais dit merci ». Ambiance… Franchement surpris de cette remarque, j’eus un peu de mal à enchainer dans une conversation par ailleurs plaisante et agréable. C’est ainsi, le monde de la musique connaît ses difficultés internes et les frontières géographiques n’y changent rien, on retrouve les mêmes problématiques partout. J’avoue naïvement que j’aurais imaginé une scène plus solidaire avec le peu de groupes impliqués et l’aspect un peu « niche » de ce style musical. L’Allemagne est un vaste pays culturellement et les différences géographiques et culturelles y jouent sans doute un rôle. Les égos des musiciens aussi très certainement…

In Extremo est basé à Berlin même si le batteur m’expliquera être originaire de Bavière de même que le chanteur originaire du Thuringe de l’ex-Allemagne de l’Est qui vit désormais à Cologne. Une vraie dimension cours de géographie (allemande) cet entretien (Kabet aurait adoré 😉). In Extremo est passé à un autre stade jouant un peu partout dans le monde. En France cela se résumait jusqu’ici à des présences répétées au Hellfest (2025 dernière venue en date). Vu les échos des musiciens sur la Ville de Toulouse, leur réelle affection pour notre pays, la qualité de la réception du concert proposé aux Echos & Merveilles, je ne serais pas surpris de les voir revenir. Voyageurs infatigables, In Extremo incarne aussi un vrai professionnalisme. Je souhaite éviter les clichés sur nos amis d’outre-Rhin, mais force est de constater que tout est remarquablement bien calibré chez In Extremo. Equipe technique au top pour sonoriser ce joyeux maelstrom musical, relations presse impeccable, en face de moi j’ai deux professionnels. Il ne faut pas l'oublier, c'est un métier et les gars d’In Extremo le font très bien. 

M’inquiétant d’une potentielle lassitude après trois décennies d’existence, les musiciens ont semblé sincèrement étonnés de ma question. Les instruments médiévaux étant d’une richesse infinie, leur créativité est donc stimulée et surtout, comme le dit le batteur très simplement « si ça ne marche pas, on ne se prend pas la tête, on pioche dans notre répertoire, ce n’est pas un problème ». Ultra pragmatique les In Extremo, voilà une vertu qui résonne positivement en Occitanie. Ils étaient aussi heureux d’évoquer cette belle tournée à venir à la fin de l’été. Une succession de shows événementiels dans des châteaux / forteresses médiévales de cet ouest de l’Allemagne qui regorge de vieux sites somptueux. C’est situé non loin de la France, proche des frontières belges et luxembourgeoises et on ne peut que recommander à nos amis du Grand-Est d’aller y faire un tour (avec une mention spéciale pour la divine et très élégante vallée de la Moselle, truffée de sites dinguement beaux dans une ambiance délicieuse). 

Très sympathique rencontre avant un concert remarquable, hyper professionnel (oui j'y reviens !), qualificatif qui revient aisément concernant In Extremo. Peu de groupes de la scène folk metal allemande sont capables de proposer un show complet, In Extremo le fait bien, très bien même. Le concert du Echos & Merveilles a d'ailleurs beaucoup plu et les allemands se sont fait remarquer, positivement. Trop peu connu en dehors des initiés du Hellfest (ce qui fait déjà un peu de monde j’en conviens !), In Extremo mérite vraiment qu’on s’y intéresse dans notre contrée. 

 

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