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le 8 juin 2026.

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Groupe:

Locomuerte

Date:

09 Mai 2026

Interviewer:

L.Red

Interview El Floco, El Mitcho, El Termito, Nico Loco

Salut les Loco, tout d’abord merci d'accorder cette interview à notre webzine Aux Portes du Metal dans le cadre de la 5ème édition du Vind'Hell Fest. Pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore comment vous pourriez décrire Locomuerte?

El Termito : Déferlante d'énergie positive, tout en espagnol, ce qui rend le tout un peu plus groovy, un petit peu plus caliente.

Nico Loco : C'est du chicano mosh, donc du trash crossover bien groovy. Accrochez-vous!

El Floco : Surtout le côté positif c'est important.

Pourquoi c'est important?

Nico Loco : Ça fédère beaucoup de gens. C'est la famille, ça représente qui on est, on est des gens positifs, qui aimons la vie, la musique et le groove, et là, on a combiné le reggaeton avec le trash crossover qui est le plus groovy du trash avec le hardcore et le punk.

El Mitcho : En plus la vie est suffisamment triste comme ça, faut ramener du truc positif.

Quels sont les thématiques qui vous inspirent de manière générale ?

Nico Loco : Pour les chansons tu veux dire ? Ça parle beaucoup de ce qu'on vit nous, à travers notre aventure musicale, la tribu, d'être des passionnés de musique.

El Termito : La famille, la communauté metal. On a beaucoup de chansons qui parlent de sexe aussi parce qu'on aime bien (rires).

Nico Loco : Et puis aussi après de plus en plus de nos expériences de vie, de notre vision de la société et des choses assez personnelles aussi.

El Termito : Il n'y a pas vraiment de cadre entre guillemets on parle d'un peu tous les sujets selon les envies du moment, selon ce qui nous vient. On fait un style qui est propice à ça, on peut parler de ce qu'on veut, après il y a quand même un sujet qu'on évoque jamais.

El Mitcho : C'est la politique, on est apolitique et on ne veut pas parler de politique.

El Termito : La politique humaine peut être sur les rapports humains et les trucs comme ça, mais politiquement on enlève ça de la liste.

El Floco : Il y a d'autres groupes qui s'en chargent.

Nico Loco : On a pas mal de textes aussi sur la psyché humaine, c'est pour ça Locomuerte. C'est quand même quelque chose le cerveau humain, c'est passionnant, les comportements humains, il y a plein de trucs à dire, et tu peux faire plein de métaphores à plusieurs lectures.

Comment vous composez les morceaux ? Qui gère quoi ?

El Termito : Ça tombe bien on est en pleine phase de composition en ce moment.

Nico Loco : C'est assez collectif, souvent on part de base de riffs qu'on ramène avec Richard (El Mitcho). On compose des grooves, les squelettes comme ça et puis après El Termito met des flows dessus.

El Termito : Ouais, en général, c'est plus musique, ensuite paroles et une fois qu'il y a les paroles et les grooves, on rejoue le truc en rajoutant des petites variantes. Ça part d'un riff, chant, batterie, et puis on repeaufine derrière.

Nico Loco : Il n'y a pas vraiment de règle, il y a aussi des morceaux qui sont venus super instinctivement, il y a des morceaux qui étaient plus composés par l'un ou l'autre, il y a eu même des idées de chant comme un des derniers morceaux qu'on a fait, qui étaient une idée de Steeven (El Termito), une petite boucle et Mitch a développé un riff autour.

El Termito : Mais 90% du temps, c'est quand même d'abord la guitare ou la basse.

El Mitcho : Un travail vraiment tous les quatre.

El Floco : C'est une musique où c'est principalement la guitare qui amène le riff. Beaucoup de groupes composent comme ça. Ça crée une matière qu'on malaxe un peu dans tous les sens. parfait, les guitares, les riffs.

Nico Loco : Ce qu'on veut, c'est que ce soit vraiment "démenté", le truc qui te donne envie de bouger, en fait, c'est vraiment du groove mais brutal. Se bouger mais vénère.

Est-ce que vous réfléchissez en même temps de ce que ça donnerait en live ou est-ce que ça vient après la composition en studio?

Nico Loco : À la base, on est un groupe de lives. À la base, on a commencé le groupe dans un garage en se disant "ça ça nous met les poils, ça va être mortel de faire ça". On était en recherche de mouvement. On avait vraiment envie de ressentir le mouvement du riff, parce que la musique, c'est quand même quelque chose d'hyper instinctif. Et c'est pour ça que la musique de Loco elle va droit au but, parce que les gens ressentent la trance, ils ressentent comment ils peuvent bouger. Des fois, tu as des chansons de groupes tu ne sais pas trop comment bouger dessus. Nous tu sais tout de suite si tu vas faire comme ça, si tu vas faire un circle pit. C'est vraiment une recherche voulue, on avait envie d'enlever tous les trucs superflus, aller à l'essentiel.

El Termito : Etre technique pour être technique c'est vrai que de temps en temps ça peut tuer un peu le groove donc autant avoir quelque chose de simple, mais que tout le monde va pouvoir comprendre et apprécier. Plutôt que de chercher à montrer des capacités de chant, guitare etc.

Nico Loco : L'idée c'est de mettre l'ego complètement de côté, c'est d'aller faire de bonnes chansons.

El Mitcho : Le maitre mot, c'est chanson. On tient vraiment à faire comme à l'époque. Tous les groupes qu'on a pu apprécier comme Metallica, comme tous ces grands groupes, ce sont des chansons avant tout. C'est une vraie chanson que tu retiens, avec des vrais refrains, des vraies couplets. C'est super important d'avoir des vraies chansons.

El Termito : C'est vrai qu'aujourd'hui j'ai l'impression que ça se perd un peu.

Nico Loco : Composer de bonnes chansons c'est vachement difficile en fait. Tu vois, ça a l'air simple parfois mais composer un morceau d'AC/DC, c'est hyper dur. C'est justement la simplicité qui est difficile dans la composition.

El Termito : La simplexity.

Nico Loco : La simplexity à la James Brown, avec un bon groove de chant que tu retiens tout de suite et qui te donne aussi envie de danser, c'est un millefeuille de groove. Là on est partis dans une vibe vraiment tribale, parce qu'on en a plein le cul de toutes ces machines et tous ces trucs hyper synthétiques qu'on voit aujourd'hui, tu vois, et là, franchement, pour le prochain album, on a sorti les machettes, les casse-têtes, on sort de la forêt en mode avec les peintures de guerre et c'est parti. Tu as cette espèce de groove super violent dans Pantera, dans Sepultura.

Justement qu'est-ce que vous allez modifier sur le prochain album?

El Mitcho : Le chant va être encore plus reggaeton. Ça va faire quelque chose à mon avis, de super original.

El Termito : Quelque chose d'un peu moins screamé. Il y a des fans de la première heure comme Jeff à qui on fait un big up, qui disait que justement, lui ce qui l'avait accroché sur le 1er album de Loco c'était vraiment cet esprit reggaeton, donc avec une voix moins screamée, plus rapée, parlée. On revient un petit peu à truc là.

Nico Loco : La sauce originale et ça marche quoi, et puis c'est ce qu'on aime. Ça reste du crossover, il y a des trucs qui sont droits ce n'est pas que du reggaeton.

El Mitcho : En on ne se dit pas on va faire un morceau pour ça, c'est naturel, on fait ce qu'on a envie de faire.

C'est ça qui marche aussi avec le public, c'est quand tu sens que ça vient des tripes.

El Mitcho : On fait ça vraiment honnêtement. Tu nous reconnais, on a notre patte, mais par contre, il y a des morceaux quand même vraiment différents, quand tu penses au dernier album avec Parano Booster et Nosotros par exemple.

Nico Loco : Ce qui a été difficile dans le parcours parce qu'on a un parcours assez long de composition, particulièrement Mitch et moi, parce qu'on est les plus vieux. Au départ quand t'es jeune, tu pars un peu dans tous les sens surtout quand t'es ouvert musicalement. Mais là ce qui est bien, c'est qu'on a réussi à trouver notre cadre, notre périmètre de jeux. En fait, on a enlevé tout ce qui nous pourrait nous séparer entre guillemets, et on revient vers ce qui nous ressemble.

Alors ça donnerait quoi si on doit résumer les influences ?

Nico Loco : Tu as Suicidal Tendencies, Motörhead, Sepultura.

El Mitcho: Pantera, toute cette sauce quoi.

El Termito : De mon côté, c'est plus les années 90 / 2000, donc Pantera, toute la scène néo metal, même si le néo metal on ne le ressent peut-être pas forcément dans Loco.

El Mitcho : Qui est une scène extrêmement intéressante dans cette fusion. Dans le metal, tu peux te permettre de tout faire. Et musicalement on écoute de tout, en tant que fan de blues, de jazz, de funk.

Nico Loco : C'est l'avantage de l'inconvénient. C'est un avantage parce que ça apporte de la diversité et c'est un inconvénient parce que ça peut disperser.

El Termito : Après il faut savoir les utiliser.

El Mitcho : A bon escient.

El Termito : Ça se remarque sur tous les grands groupes qui nous ont inspirés comme Motörhead ou AC/DC par exemple, ils n'ont pas changé leur formule en fait du premier album au dernier. T'écoutes n'importe quel morceau que tu prends au hasard, tu sais qui c'est dès la première note.

Nico Loco : C'est faire ce que tu aimes faire au-delà des modes, au-delà du temps. C'est avant tout un kiff personnel, nous notre seul baromètre, ce sont les poils. On ne se soucie pas du tout de l'audience. Rien que d'en parler ça me met les poils, des fois on se regarde et on se dit que ça défonce.

[Un membre de l'orga arrive avec de quoi nous rafraîchir le gosier]

Collectivement : Santé!

Nico Loco : Au webzine! Et merci à tous les gens qui font des webzines, ce n'est pas facile avec ces nouvelles périodes.

El Termito : Exactement, vous êtes toujours là et ça fait plaisir.

Je vous ai vu au Plane'R, à la Fire Master, cette année au Vind'Hell, au Mennecy, au Volcanic Fest, et au Hellfest. Et en Mars vous avez grave enchaîné les dates! Comment vous tenez les gars?

El Mitcho : 21 dates d'affilées. On a eu 2 jours off.

Nico Loco : On devait en faire 22, il y en a une qui a été annulée.

El Termito : Mais c'est vrai que c'était la première fois qu'on enchaînait autant de dates d'un coup, et ça a été un exercice, mais on a tenu le coup. Et ça s'est bien passé, vocalement je ne pensais pas que j'allais y arriver. Et surtout Flo a joué les deux sets, il a joué aussi pour show de Luicidal, il a fait 42 concerts.

El Floco : Ouais, les gars sont venus sans R.J. Herrera. Mais c'était cool, ça s'est super bien passé. Et puis les gars étaient super contents aussi. La partie la plus dure, c'était pas sur scène, c'était tout ce qu'il y avait à côté. C'était la route, charger, décharger.

Nico Loco : Faire le backling, le merch.

El Mitcho : 10 000 kms.

Nico Loco : Sur 3 semaines. Plus après il y avait toute la préparation et tout ça a été un gros boulot, mais c'était vraiment super payant.

El Termito : Il s'est arraché les cheveux (rires).

Nico Loco : J'en avais plu à la fin, d'habitude j'ai une longue chevelure rousse.

El Termito : Il commençait à perdre le bouc, on s'inquiétait (rires).

Nico Loco : Ouais, et puis, surtout, ça a été hyper bon pour le groupe à tous les niveaux, au niveau de notre confiance, notre jeu, notre apprentissage de la scène, la cohésion de groupe, l'esprit d'équipe. Et puis pour les gens, le storytelling de l'histoire du groupe, c'est vraiment cool. Et puis c'était vraiment émouvant, parce qu'on est des fans de Suicidal depuis qu'on est tout jeune, et donc d'être avec ces mecs là ça n'a pas de prix en expérience humaine. D'être avec Mike Clark tous les jours, un mec incroyable, et une putain de légende du metal, qui a joué dans les plus gros stades avec Pantera, Metallica. C'est une des meilleures mains droites de toute l'histoire du metal. Des gens super humains, qui adorent raconter des histoires, on s'est super régalés.

El Termito : Des tas d'anecdotes, c'est vraiment des personnages hauts en couleurs.

Nico Loco : Et quand t'es ultra fan d'un groupe et que les albums de ce groupe sont hypers importants dans ta vie, et que le mec te raconte assis comme ça en train de boire un coup, comment ils ont fait pour composer, dans quel état d'esprit ils étaient, ça n'a pas de prix.

Là aussi t'as les poils.

Nico Loco : Je suis assez émotionnel. Et Mike Clark aussi, on a plusieurs fois chialés, en se rappelant des trucs et en se disant que c'est incroyable de vivre ça. Et c'est fou qu'un mec à plus de 60 balais décide de venir faire une tournée des clubs en Europe dans un van, dans des conditions quand même vachement dures et roots. Et arriver avec juste 2 grattes.

El Termito : Et encore, on a été impressionné. Parce qu'ils nous racontaient que eux quand ils font les tournées aux États-Unis avec Luicidal ils ont pas du tout les mêmes conditions que nous on a en Europe. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas de catering, ou pas de loges.

Nico Loco : tu payes pour ta serviette et tu payes pour ta boisson.

El Termito : Ouais, c'est là, ils étaient quand même un peu plus chouchoutés en Europe. Et donc, ils ont apprécié ça, à chaque fois qu'ils arrivaient "oh putain, il y a de la nourriture" (rires).

Nico Loco : On ne se rend pas compte à quel point on est bien loti, tout le monde se plaint dans ce pays. Mais ce qui était fou aussi, ce qui était un gros truc émouvant dans la tournée, c'était la réaction du public. En les voyant, il y avait vraiment des mecs qui pleuraient, tout le monde chantait les paroles et on a eu un super accueil aussi. Et le plateau marchait super bien. Et il y avait des gens qui venaient pour nous, des gens qui venaient pour eux aussi évidemment. On a été joué dans des pays où on avait jamais joué avec Locomuerte, en Allemagne, en Tchécoslovaquie, en Hollande.

Ça vous a ouvert des portes?

El Termito : Grave! Le concert à Prague, quand on est arrivé là, c'était le premier concert en Tchéquie, c'était incroyable. Il y avait beaucoup de gens qui connaissaient nos paroles, alors qu'on a jamais foutu un pied là-bas.

C'était quoi votre meilleur souvenir?

Nico Loco : C'est dur parce qu'il y en a eu pleins.

El Floco : Il y a des moments épiques dans tous les sens du terme. Ça s'est toujours bien passé. Il y a eu pleins de concert hypers différents, il n'y en a pas vraiment de comparables parce que les salles, le public et l'ambiance étaient différents.

El Mitcho : Moi, je veux dire que Lille, c'était quand même vraiment bien.

Locomuerte en choeurs : Ouais! Prague, Marseille.

El Termito : On a fait pas mal de dates supers blindées en termes de gens donc on est supers contents de ce que ça a donné.

Nico Loco : Pour une première tournée européenne, c'est un super score. Notre booker il a halluciné. Et on a été aidé par Rage Tour pour la partie Luicidal, c'était un plan à 3. Il y avait nous, Maximum tour et Rage Tour, c'était un peu flippant, on espèrait que ça se passe bien. C'était plus un coup de main, par amitié. Il y a eu 7 dates de sold out, c'était quasiment 3/4 plein. On a pas fait une date pour 10 personnes. On a vendu plein de merch, et on n'était pas encore rentré que Chris avait déjà des demandes pour nous, pour des festivals en Tchécoslovaquie, en Roumanie.

La scène va commencer à être trop petite si vous faites monter trop de monde.

El Termito : La proximité avec les gens, on adore toujours, quand tu fais le Motocultor par exemple, les gens sont tellement loin. C'est une synergie différente en fait.

Nico Loco : Les deux sont trippantes en fait, parce que quand t'as la proximité, t'as la sueur, tu as l’énergie violente, et après t'as la puissance quand tu as 10 000 personnes qui crient.

Question très spécifique, mais pourquoi le sign spinning? Pourquoi le fait d'envoyer les panneaux sur scène?

El Termito : Je ne sais pas faire tourner les panneaux moi, mais faudrait que j'apprenne (rires). C'est un truc que j'ai gaulé au chanteur d'Insanity Alert. Après je pense que lui il l'a gaulé à d'autres groupes, de toutes façons on se gaule tous des trucs. C'est assez cool, quand les gens ne connaissent pas forcément les paroles, on a pas forcément le temps quand on joue 30 minutes, d'expliquer aux gens qu'il faut chanter ça. C'est visuel, ça permet à tout le monde de chanter.

Nico Loco : C'est exactement ça en fait Locomuerte, c'est une communion entre nous, à la base, c'est une tribu qui communie et après c'est une communion avec les gens qui kiffent. Faire de la scène en regardant tes pompes, ça n'a pas trop d'intérêt tu vois, tu sens l'énergie, t'en donnes, il la donne c'est du ping-pong. C'est un peu ce qui se passe dans le sexe, c'est la même chose, c'est un transfert d'énergie. Une émulsion pour qu'à la fin il y ait le climax.

Complètement autre chose, vous avez sorti un clip là ce jeudi. Un mot là-dessus?

El Termito : Oui ça a été le fruit de nos deux voyages à Los Angeles. On a rencontré plein de monde, on a eu la chance de pouvoir tourner dans des endroits assez mythiques comme le Rainbow, la plage de Venice beach.

Nico Loco : Los Angeles, le Mexique, on était à Puerto Nuevo, avec Louiche Mayorga, le bassiste de Suicidal Tendencies. Lui il est d'origine mexicaine, c'était chanmé d'y aller avec lui, ça nous a permis d'immortaliser deux voyages qui ont été des rencontres humaines incroyables, des découvertes incroyables, notre première fois ensemble aux États-Unis, aller dans des lieux mythiques où la scène crossover a débuté, où la scène skate, a débuté, etc. Quand j'ai regardé le clip, je me disais que c'était hallucinant qu'on ait pu avoir autant de scènes de ouf, sans aucune préparation. Malheureusement la préparation était un peu sommaire.

El Floco : Tourner une scène au Rainbow, je ne sais pas si beaucoup de groupes ont osé le faire. Les connexions se font tellement facilement là-bas parce qu'on est devenu potes avec un gars qui connaissait un autre gars. Le Rainbow c'était le QG de Lemmy.

El Termito : Le réseau s'est fait tellement naturellement et rapidement qu'on a pu avoir autant de personnages différents dans ce clip qui ont été super cools.

Nico Loco : Le principe là-bas c'est de donner sans attendre, le gars il peut sacrifier une journée, ce que ne fera jamais un mec en France ou très rarement ou alors peut-être dans des bleds en haute montagne où il y a plus de cohésion humaine. C'est tellement la jungle que quand tu es dans des communautés, tu t'entraides. Notre première connexion c'était Louiche Mayorga c'est une légende à Venice Beach et à Los Angeles. Parce que ça a été un des membres fondateurs de Suicidal Tendencies, parce qu'il a joué dans plein de groupes, il connaît énormément de musiciens, c'est un local. Ils se connaissent tous depuis les années 70-80, ils ont tous grandi ensemble. Et donc quand t'as un gars comme lui qui t'accueille, et dit, "ces mecs sont OK, ils sont chouettes", toute la communauté t'entraide. Ça donne ce résultat et c'est un putain de truc pour nous d'avoir ça sur bande. Gornoss qui est notre réalisateur, depuis le début fait toujours de la magie avec pas grand-chose. Donc des connexions et du culot aussi, parce que la première fois au Mexique, on avait une bagnole de loc, où on n'avait pas du tout droit d'y aller, rien à foutre. Quand on dit "a huevo" tu vois, c'est pas juste un gimmick qu'on dit comme ça, c'est vraiment notre état d'esprit. Voilà, on s'en bat les couilles de tout, tant qu'on peut aller là où on veut faire notre truc, on a qu'une vie quoi. Ce clip représente des potes, des rencontres. C'est des potes, tu vois, Ryan, on a dormi chez lui, le chanteur de Terminally Ill et on a dormi chez lui voilà. C'est un mec mortel, on ne connaissait que par message tu vois, il est venu nous chercher à l'aéroport, et il a eu 5 gaillards chez lui. Ce sont des fortes connexions et la tournée ça a été une continuité de tout ça. Puisque lui aussi il est venu. Donc, c'est une vraie histoire humaine, c'est pas juste, tu payes un tour support et voilà, tu fais 2 photos en selfie.

El Termito : Peut-être que la tournée n'aurait pas été possible si on avait pas partagé tant de moments ensemble, ça instaure un climat de confiance.

Nico Loco : Une motivation aussi, j'aurais pas mis autant d'énergie et de force, c'était bourré d'obstacle pour y arriver, ça a mis plus d'un an. Un travail long de construction, de travail avec les bookers, c'était hyper raide, je suis parti déjà épuisé. Et jusqu'au bout, ça a été des rebondissements jusqu'à 5h du matin avant qu'ils arrivent, j'ai reçu un message pour dire que Rocky George était pas là [Suicidal Tendencies]. C'est bien quand les choses, tu les mérites, c'est ça la gratitude absolue.

El Mitcho : La première fois qu'on a joué Los Angeles, ça s'est vachement bien passé, aussi, je pense qu'ils ont été un peu impressionnés quand on a fait le show. Je ne pense pas qu'ils s'attendaient à ça d'un petit groupe français.

El Floco : Ouais on était un peu le groupe exotique (rires). Ils ont vu que c'était du sérieux.

Nico Loco : Ils avaient quand même regardé parce qu'on a joué avec Cycotic Youth, on est devenu vachement pote avec eux, avec Jason le chanteur, et Axis le guitariste et il m'a dit « On a été voir vos vidéos, vos lives et on s'est dit, putain il va falloir qu’on soit en AAA, qu’on mette le paquet parce que les gars sont pas là pour enfiler des perles ». Ça fait plaisir parce que ces mecs, c'est nos exemples, tu vois, c'est ces mecs qui nous ont inspirés.

C’est une forme de reconnaissance aussi.

Nico Loco : Complètement et à la fin du show ils sont tous venus nous voir, en nous disant « C'est mortel votre truc, les chansons sont chanmées ».

El Termito : A chaque fois qu'on a joué avec eux, sur la tournée sur les dates françaises où il y avait du monde pour nous, ils étaient vachement impressionnés de voir le following et la communauté qui était venue pour Loco.

El Floco : Et ils étaient aussi impressionnés pour eux, qu’ils aient autant de fans de Luicidal.

Nico Loco : C'est fou parce que comme pour nous, pour tous les fans, ces groupes américains sont quand même vachement légendaires, c'est plus dur pour eux que sur les scènes type hardcore, cross over quand ils jouent dans des petits lieux. En Europe il y a vraiment des gens qui ont fait des kilomètres et des kilomètres pour venir. Et en tant que fan, j'aurais fait pareil, pour aller les voir.

El Termito : Des gens qui venaient d'Allemagne, de Hongrie pour venir les voir en Belgique.

El Floco : Des commentaires sur Facebook aussi « Venez en Angleterre, en Irlande, en Norvège ».

Nico Loco : Ce qui est cool c’est que ces gars-là, ils font vraiment ça pour la passion de la musique. Y a pas de posture, ils sont très sincères et c'est pas un problème pour eux que tu déchires. Des fois avec certains groupes, tu sens qu'il y a de la compet, l’ego est toujours là. Nous on en a rien à foutre et on est heureux de dire à certains groupes « Wouah c’était mortel », et eux c’est ça, et en plus comme ils savent qu’on vient de ce qu’ils ont fait, ils sont là « vous porterez la torche », c'est leur Legacy.

Est-ce que vous pouvez donner une petite exclue pour le webzine ?

Nico Loco : Roh la question trop filou quoi.

El Mitcho : Est-ce que tu jouis quand tu pètes ? Euh nan nan (rires collectifs)

El Termito : Est-ce que tu pètes quand tu jouis ?

Nico Loco : Mais quelle horreur ! Putain mais à chaque fois (rires).

Tu as vraiment envie de répondre à cette question (rires) ?

El Mitcho : Nan nan (rires).

El Termito : Je m’étais posé la question et puis là on y est, on est au moment là et je l’ai plus.

A quatre cerveaux, sortez-moi un truc ?!

Nico Loco : Qu'est-ce que vous aimeriez pour Locomuerte ? Locomuerte c'est un peu une créature, qu’on a créé pour se faire du bien et qui nous fait du bien, on vit en symbiose avec elle. Notre but, ça serait de la faire grossir, qu'elle devienne la plus grosse possible et de profiter le plus possible. 

El Floco : Et va falloir la développer de plus en plus.

Et à quel moment tu te dis que c’est la plus grosse possible ?

Nico Loco : Et bah justement t'en sais rien et c’est ça qui est beau. Y ‘a pas d'objectifs, ni limites, tout ce qu'on a eu jusqu'à présent, ça a été que du plus pour notre créature, et on ne pensait pas qu'elle deviendrait aussi fat et qu'elle nous donnerait autant de plaisir. Donc, on va continuer à s'occuper bien à fond notre créature. C'est vrai, un groupe c'est pas un truc inerte c'est vraiment un être vivant que tu dois nourrir tous les jours.

Merci beaucoup les gars pour l’interview.

 

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