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le 31 août 2026.

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Groupe:

Sledgehammer

Date:

24 Mai 2026

Interviewer:

philippec

Interview Alice et Antoine au Lions Metal Festival

Bonjour, je m'appelle Philippe, je fais partie du webzine Aux Portes du Métal. Je suis content que vous m'accordiez cette interview.

Antoine : Merci à toi.

Pouvez-vous présenter le groupe et nous raconter un peu son origine ?

Antoine : Je suis Antoine, le batteur de Sledgehammer. Au moment de cette interview, le groupe a exactement un an, soit 365 jours, puisqu'il a été formé lors du Lions Metal Fest. J'avais entendu Alice chanter dans un autre groupe au Rock & Eat, et sa prestation m'est restée en mémoire, car elle chantait vraiment bien. Je pensais que sa voix irait bien avec du thrash punk, ce qui pourrait convenir pour un futur groupe. Ce sont ce genre de petits projets qui naissent ainsi. Tout cela s'est concrétisé l'année dernière, donc au Lions. Je jouais avec Damager (qui a depuis splitté), là j'ai revu Alice le dimanche soir. C'était super, nous avons parlé et j'ai rapidement obtenu son accord pour qu'elle rejoigne le groupe. Nous sommes entourés d'Arthuro et Tom deux guitaristes très motivés, que je connaissais d'autres groupes, ils ont rapidement composé.

Alice, dans quel groupe étais-tu ?

Alice : Au départ, j'ai commencé le thrash avec Take Down. C'était un projet de thrash old school, avec un membre de Star Rider, un groupe de heavy metal basé à Grenoble. Le groupe s'est dissous depuis, pour plusieurs raisons, mais la principale était que tout le monde habitait très éloigné les uns des autres. Nous avons fait notre dernier concert au Rock N Eat, en mars de l'année dernière, avec Damager.

Parlez-nous de cet album, quelle est son origine ?

Antoine : Il se nomme Destroy/Rebuild. Au départ, nous envisagions de sortir des singles, suivant la tendance actuelle où les gens écoutent surtout des morceaux individuels. Mais avec notre style metal old school, nous avons finalement décidé de réaliser un album physique. C’est quand même agréable d’avoir un véritable album. Nous n’avons pas vraiment l’habitude de ne choisir que quelques titres. Nous écoutons des chansons, nous créons des playlists. Pour ma part, je lance souvent des albums en entier. Je pense que c’est un peu la même chose pour tout le groupe.

Comment s'est déroulé le processus de composition?

Antoine : En fait, ça s'est fait très naturellement. Arthuro et Tom, les guitaristes, composent la majorité des morceaux. Moi, en tant que batteur, je réarrange parfois certaines parties. Alice, elle apporte son chant. Pour le premier album, j'ai écrit pas mal de paroles. Ensuite, on a travaillé ensemble. Alice crée les lignes vocales qu'elle souhaite. Tout s'est fait vraiment naturellement. Au bout d'un moment, on s'est rendu compte qu'on avait 8 morceaux, soit plus de 30 minutes. Ce n'était plus un EP ni une démo. On a décidé de faire un vrai album. Personnellement, je trouve que c'est une période géniale pour les musiciens en termes de mixage et de mastering. On peut utiliser plein de logiciels gratuits ou peu coûteux qui offrent une qualité sonore tout à fait correcte par rapport à avant. Dans les années 90, c'était catastrophique. Aujourd'hui, on peut faire quelque chose de bien. Tout est fait en mode DIY. On a tout réalisé nous-mêmes. Chacun a fait ses prises chez soi, pas en studio. Ensuite, on a mixé et masterisé. Tout le monde dans le groupe était satisfait du résultat. Comme on fait du thrash, crossover, punk, on ne cherche pas un son calibré ou ultra moderne qui ressemble à tout le monde. On fait avec les moyens à notre disposition. Je pense qu'il y a ce grain et cet esprit DIY dans l'album, et c'est ce qu'on voulait. Tout s'est fait très naturellement, avec envie et motivation qui dure depuis un an et ce qui nous a amené aujourd'hui sur la scène du Lions Metal Festival. Alice, je ne sais pas ce que tu en penses…

Alice : Tu as tout dit.

Donc Alice, tu as placé des textes ?

Alice : Sur l'album, il n'y a qu'une seule chanson dont j'ai écrit les paroles elle est intitulée Radium Girls. C'est la quatrième de l'album et aussi du set, comme quoi, tout se rejoint mais ce n'était pas intentionnel. Pour le reste, c'est Antoine qui s'en est chargé. À ce moment-là, il était bien plus inspiré que moi.

Comment travailles-tu ton chant ?

Alice : Au départ, je n'ai pas du tout commencé par le chant saturé. J'ai débuté avec le chant clair et le chant lyrique, ce qui m'a permis d'acquérir les bases de la respiration. Ensuite, j'ai commencé à faire du chant saturé avec mon ancien groupe de thrash. Progressivement, j'ai appris les techniques et compris comment positionner ma voix pour y parvenir. J'ai loué un local où je peux m'entraîner au chant au moins une fois par semaine. En dehors de ça, je fais principalement des exercices quotidiens et j'essaie de prendre soin de ma voix autant que possible, par exemple en évitant les excès la veille d'un concert, en limitant la consommation d'alcool et en ne fumant pas trop.

As-tu des artistes féminines qui t’ont influencée ?

Alice : Une de mes plus grandes sources d’inspiration, surtout en chant clair, est Flore Jansen, la chanteuse de Nightwish, qui n’a rien à voir avec le thrash. Sinon, on m’a déjà dit que ma voix ressemblait à celle d’Amy Miret, la chanteuse du groupe crust punk américain Nausea. Mais en réalité, je n’ai pas vraiment d’influence précise dont je m’inspire. J’ai trouvé une technique de saturation qui fonctionne, qui ne me fait pas trop mal, et qui semble plaire.

Donc, en résumé, Antoine, aidé par Alice, s'occupe des textes, tandis que Tom et Arthuro composent ?

Antoine : Oui, les deux guitaristes collaborent beaucoup pour créer tous les riffs. Seule la chanson More Women in the Moshpit a été composée par moi.

Donc, comme d'habitude, le bassiste est le paresseux du groupe ? 

Antoine : Oui, tout à fait (rires).

Peux-tu nous parler de lui, puisqu’il vient d’arriver ?  

Antoine : C’est drôle comment Greg a intégré le groupe. Pour être honnête, au moment de l’enregistrement de l’album, on s’est dit qu’on aurait besoin d’un bassiste, surtout pour les concerts. Et en fait, il est présent sur l’album… c’est logique.  Je ne me souviens plus comment on l’a contacté… mais il était motivé.  Au début, Greg était vraiment là pour dépanner. J’ai été touché et content de voir qu’il voulait s’impliquer dans le groupe, ce à quoi je ne m’attendais pas. Il joue dans plusieurs groupes qui sont très bons. Je ne pensais pas qu’il aurait autant envie de s’engager. Mais Greg est une personne incroyable, quand il s’investit, c’est vraiment avec amour. Il donne tout… Ce n’est pas seulement la basse, Greg réalise aussi beaucoup de dessins pour le groupe. Et c’est très important de l’avoir. Je vois qu’il le fait avec passion et amour, ce qui me touche beaucoup. Alors, puisque Greg est là, j’en profite pour le remercier ! 

On parle, on parle mais Greg quel est ton ressenti de ton côté ? 

Greg : C’est un véritable plaisir. Comme Antoine l’a mentionné, au départ, c’était surtout pour dépanner, car je joue de la guitare dans mes autres projets et je ne pratique pas du tout la basse. Mais en fait, c’est vraiment agréable. Que ce soit pour les répétitions, les concerts, ou simplement pour renforcer la cohésion du groupe. Cependant, en tant que bassiste, je reste un peu en retrait, je ne compose pas. En d’autres termes, si on me demande de faire des choses comme dessiner, je le fais volontiers. Je n’ai pas besoin de trop réfléchir, je me laisse simplement guider. Donc c’est vraiment très satisfaisant. Depuis le début, je fonctionne en pilotage automatique.  Tout ce que je fais, c’est simplement profiter avec des amis. C’est vraiment très plaisant à ce niveau-là.

On revient sur votre concert. Comment avez-vous perçu la réaction du public aujourd'hui ? Est-ce votre première prestation ensemble ?

Antoine : Avec Sledgehammer, c'est notre cinquième concert. L'accueil du public au Lions Metal Fest est toujours excellent.

Alice : J'ai été vraiment étonnée de voir autant de monde un dimanche matin. Ayant aussi été bénévole hier, je sais qu'il faisait une chaleur étouffante. Je pensais que tout le monde serait fatigué et que se lever dimanche matin serait difficile. Hier a été vraiment dur. Au final, nous avons eu beaucoup plus de spectateurs que prévu. Les gens étaient très impliqués dans le concert. C'était vraiment génial.

J'ai particulièrement apprécié le moment où tu as interagi avec le public, je crois que c'était sur le cinquième morceau.

Alice : Sur More Woman In The Moshpit ? Oui, c'était vraiment super !

Je suppose que ça t'a certainement touché profondément, non ?

Absolument. Avant de les faire chanter, je pensais que ça allait être un peu difficile à démarrer, surtout un dimanche matin… Mais en réalité, ça a démarré immédiatement. De plus, il y avait pas mal de personnes dans le public que je connaissais déjà, des amis. Ça a donc aussi contribué à lancer l'ambiance. Après notre prestation, nous avons reçu d'excellents retours. Pour moi, c'est la meilleure date que nous ayons faite. C'est même la meilleure de toute ma vie. Merci.

Concernant les concerts, avez-vous d'autres événements prévus en dehors de celui d'aujourd'hui ?  

Antoine : Nous jouons au Rock N Eat début juillet avec Fox Paradox, un des groupes de Greg. Greg, tu vas jouer deux fois de suite. Tu verras ce que ça fait (rires).  Nous sommes très heureux, mais nous restons tranquilles. Ce que je souhaite vraiment pour le groupe, c’est que ce soit avant tout du plaisir et de la qualité. Nous ne voulons pas nous forcer à faire des choses si nous n’en avons pas envie, comme partir en tournée sans raison. Il faut qu’il y ait un projet derrière. Je ne le cache pas, nous avons une ambition : que ce groupe grandisse. Parce que nous aimons tous la musique et adorons la scène. Nous venons de jouer à Lyon, et nous préparons une tournée avec les amis de Shrimpaler, nos camarades qui ont ouvert le festival hier. Nous avons besoin que nos groupes locaux soient bien représentés partout en France, et pourquoi pas en Europe. Nous sommes engagés dans cette voie aussi. C’est important pour nous. Nous souhaitons que nos amis soient mis en avant, que les festivals invitent des groupes français et que la France soit davantage représentée dans le metal. C’est vraiment essentiel pour nous.

Après un tel engouement, comment voyez-vous  le futur du groupe ?  

Antoine : Pour nous, la priorité reste simple : continuer à composer et à faire de la musique avec plaisir. On écrit beaucoup, chacun apporte ses idées, et j’aimerais que tout le monde s’implique encore davantage. Greg a déjà des compositions très solides que nous allons intégrer, et j’aimerais qu’Alice prenne encore plus d’assurance dans le chant et dans l’écriture des textes. De mon côté, je gère aussi tout ce qui touche à la communication et à la promotion. J’ai joué dans plusieurs groupes auparavant, et je sais à quel point il est difficile pour un groupe amateur de durer. La vie, les contraintes, les frustrations… beaucoup finissent par s’arrêter. Je ne veux pas que Sledgehammer devienne une source de stress. Au contraire, j’aimerais que ce soit un moteur, quelque chose qui nous porte. Si un album doit sortir l’année prochaine, il sortira. Si ça prend plus de temps, ce n’est pas grave. Ce qui nous anime vraiment, c’est le live. Jouer, partager, rencontrer les gens. Comme ici au Lions  : discuter après le concert, entendre les retours, qu’ils soient positifs ou négatifs. Ce contact humain est essentiel, surtout à une époque où tout passe par les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle. Le metal doit rester profondément humain. Sur scène, on veut retrouver cette énergie brute : des gens qui vivent le moment, qui lâchent leurs téléphones, qui se défoulent dans le pit. C’est ça qu’on veut transmettre. Faire vivre notre passion, faire vivre le metal. C’est le message que nous avons envie de porter avec Sledgehammer.

Encore félicitations, je n'ai plus de questions, je vous souhaite une excellente fin de festival et de profiter pleinement de cet instant.

Antoine : Merci énormément d'avoir pris le temps de nous écouter, d'ailleurs je suis fan du site.  

Greg : Moi aussi, je l'ai visité récemment.

 

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