J’ai imaginé un briefing, lancé par le leader d’un groupe au moment ou celui-ci se préparait à rentrer en studio... une imagination découlant d’un cerveau malade, vous en conviendrez.
Briefing de crise – salle de répétition, quelque part en Italie…
« Bon les gars, on va faire simple, on va faire comme ça. Notre inspiration est à plat. Pour être tout à fait honnêtes, elle est même en arrêt cardiaque. Mais derrière, il faut nourrir la machine, tenir la toile en haleine et continuer à faire croire que tout va bien. Alors on va appliquer une vieille recette. Pas la grande cuisine, non… plutôt le plat réchauffé.
On prend du vieux, mais du solide. Du patrimoine métallique qui ne se démode jamais. Un peu de Maiden, une pincée deChildren of Bodom, deux louches de King Diamond… on mélange, on secoue très fort et, abracadabra, on obtient un breuvage sacré qui passera crème auprès des fans les moins regardants. »
Fortement galvanisés par cette supercherie artisanale, voilà donc nos valeureux Elvenking qui se mettent au travail. La marmite chauffe, les références tombent en cascade, on touille consciencieusement… et l’on obtient un prodige alchimique qui défie les lois universelles de la nature : "Je ne sais par quelle magie miraculeuse, et ce en utilisant des produits de premier choix, il sont parvenus à obtenir une merde de cette qualité..." Chapeau bas, vraiment. Même les grands chefs ratent parfois leurs meilleurs plats avec autant d’application.
Et bien voilà les gars, vous l’avez trouvé la formule magique, de notre côté, nous allons également faire comme ça.... c’est à dire comme vous. Travail minimaliste, investissement mesuré, pas de prise de tête, on va par la même se garder un temps précieux... Après tout, pourquoi s’épuiser quand l’objet chroniqué semble lui-même avoir été conçu entre deux cafés et une bonne grosse sieste digestive ?
Mention spéciale tout de même au chanteur Damna. Laissons-lui la place qui lui revient, directement sous les feux de la rampe… celle que lui a réservée le Grand Justicier du Grand Ordonnateur, sous la lame affûtée du Grand Bourreau. Disons-le sans détour: son chant relève parfois de l’expérience scientifique. Une tentative courageuse visant à déterminer combien de temps un auditeur peut tenir avant de regarder par la fenêtre en se demandant si la tondeuse du voisin ne serait pas finalement plus agréable à écouter.
Pour être parfaitement honnêtes, le groupe a tout de même tenté un effort personnel. Cinq morceaux inédits viennent compléter ce programme de reprises. Leur qualité, disons-le avec diplomatie, reste remarquablement proche de celle de leurs nobles modèles… mais vue de très, très loin. Avec des jumelles. Et peut-être même avec un peu de brouillard.
Je m’arrêterai là, au risque de glisser dans l’acharnement facile. Amies lectrices et amis lecteurs, jetez simplement un œil à la note pour mesurer l’étendue du champ de ruines. Les archéologues du Metal s’y pencheront peut-être un jour avec fascination, mais pour l’instant, il reste surtout conseillé de contourner le site
Dommage pour ce groupe transalpin, souvent apprécié en live, régulièrement chroniqué ici, Aux Portes du Metal, et dont on ne pouvait espérer que mieux.
Treizième album, Rites of Disclosure. 13ème album maudit, mouais, ce vendredi 13, j’ai compris pourquoi maintenant. Bon soit, c’est un EP.
Tracklist de Rites of Disclosure : 01. Blizzards of Anger 02. Rite of Passage 03. The Past Is Forever 04. The Moon and Magic 05. Ethel 06. Arrival (King Diamond cover) 07. No Prayer for the Dying (Iron Maiden cover) 08. Children of Decadence (Children of Bodom cover) 09. Man of Iron (Bathory cover) 10. Salt on the Earth (Another Man’s Poison) (Skyclad cover) 11. Prime Evil (Venom cover)