Dans une scène death metal en plein nouvel âge d’or, voici Fulci venu tout droit d’Italie. Intuitivement, on ne pense pas intuitivement à ce merveilleux pays plus connu pour son metal sympho et, plus globalement, à cette influence baroque dont ils ont seul le secret. Fulci ne masque pas son jeu en affichant clairement son influence majeure : Fulci. Humm il n’a pas écouté un peu trop de brutal death l’auteur de ces lignes. Pas tant que ça, même si c’est le style musical dans lequel nous évoluons ici. Les afficionados des films d’horreur le connaissent, le grand public un peu moins (personnellement je ne savais pas qui était ce monsieur). Fulci de son prénom Lucio est un réalisateur italien né en 1927 à Rome et décédé en 1996. Ce dernier a réalisé des œuvres majeures dans le cinéma horrifique italien influençant des Sam Raimi ou autre Quentin Tarantino. Une référence, un auteur culte.
Fulci, le groupe, s’inspire donc ouvertement de cet univers horrifique bien italien et délivre un brutal death bien vénère. Les présents lors du dernier Hellfest qui les ont vus peuvent en attester et pour celles et ceux qui voudraient une séance de rattrapage pourront aller les voir avec Master Boot Record pour une affiche assez improbable au passage. Ce Duck Face Killings est à ce jour le dernier disque du groupe et enchaine lourdeurs, accélérations virulentes, mid-tempos certifiés bien lourds, le tout dans une ambiance bien macabre, bien films d’horreur. Joyeux programme qui a son public, amateur de sensations fortes, de zombies, d’exorcisme pur. Brutal, vénère.
Plusieurs samples du film l’Eventreur de New York datant de 1982 nous plongent dans une ambiance très cinéma, approche assumée par le combo originaire de Caserte très belle ville proche de Naples dont le château et les jardins valent le détour. Passé cet aparté touristique (et seule respiration hors death metal), Fulci ça défouraille, c’est intense et le projet est assez abouti. Le style est par définition très ramassé, les morceaux sont courts, ça cogne sévère.
Et puis Fulci (le groupe) étonne et innove quelque peu. Et surprend. Sur le titre Knife où une approche rappée assurée par le rappeur américain Mitchell Manzella permet de très efficacement varier le propos avec un sentiment de trop peu tant le résultat fonctionne. Un saxophone vient aussi pointer le bout de son nez sur l’instrumental Il Miele Del Diavolo prouvant que Fulci sait sortir de sa zone de confort. Bon disque de brutal death, tant dans sa musique que dans son ambiance, Fulci se remarque, se démarque même et réalise au passage une très belle année 2026 sur les planches confirmant ce très bon Duck Face Killings.