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le 14 septembre 2026.

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Groupe:

Festival 666 (2026) : Jour 3

Date:

09 Aout 2026

Lieu:

Cercoux

Chroniqueur:

JeanMichHell

Earthquake :

La troisième journée s'ouvre sur une sacrée décharge d'énergie juvénile avec le duo Earthquake. Composé de seulement deux jeunes musiciens : Marceaux 15 ans à la guitare et chant, accompagné par Lino 12 ans à la batterie. Oui 12 ans… Le groupe propose une formule brute et sans artifice qui n'est pas sans rappeler l'esprit d'un Nirvana plus énervé ou d’un Soulfly des débuts. Ça sent le frais, l'enthousiasme et ça fait plaisir à voir ! Les gamins se payent même le luxe d'insérer un solo de batterie à l'ancienne, il aura fallu attendre la nouvelle génération pour remettre ça au goût du jour !

Entre deux riffs incisifs, le jeune frontman prend le temps d'adresser une longue série de remerciements à l'organisation (qui a parfaitement géré l'évacuation de la veille), à Victor (qui a l’art de dénicher ces jeunes pépites du coin) et pour conclure aux pompiers mobilisés cet été sur le front des incendies. Un geste d'une belle maturité pour une prestation qui sentait le souffre d’un rock’n roll basé sur les tripes et rien d'autre. Bravo (très) jeunes gens !

Hardwired :

Les Bordelais de Hardwired prennent la suite et dès les premières mesures, les musiciens affichent un engagement total qui gagne instantanément la fosse. Le combo propose un rock punchy et moderne, solidement soutenu par la batterie qui grâce une frappe lourde et chirurgicale. Le son massif est particulièrement bien équilibré, offrant une assise sonore idéale aux compositions percutantes du groupe.

Au micro, les textes engagés sont délivrés avec une hargne et une conviction authentique, évitant avec brio le piège de l'excès ou de la démonstration gratuite. Les riffs accrocheurs s'enchaînent sans répit et la section rythmique martèle un tempo avec une envie évidente. Le public répond présent sans se faire prier, balance la tête au rythme des breaks et se laissant totalement embarquer par cette prestation carrée, puissante et généreuse. Une démonstration de force idéale pour faire monter la tension d'un cran et lancer définitivement les hostilités de cette dernière journée. 

White Sofa:

Changement de décor avec White Sofa, qui déploie un Metal aux accents indus très marqués, évoquant immédiatement l'univers de Mass Hysteria. Le groupe enchaîne les riffs groovy et les rythmiques martiales avec une précision mécanique redoutable. Sur scène, le chanteur avec un faux air de Tom Morello ne tient pas en place une seule seconde : il arpente le plateau de long en large tel un lion en cage, haranguant la foule avec une fureur constante.

L'assurance et la cohésion de l'ensemble ne trompent pas : on sent d'emblée un groupe fort de son expérience et pleinement maître de son sujet. Une prestation musclée, dansante et incisive qui fait mouche auprès d'un parterre de festivaliers conquis.

Spleen :

Prévu juste avant un temps d'interview avec l'organisateur Victor, Spleen groupe venu tout droit de Montpellier débarque pour retourner la scène. Le groupe délivre un hardcore totalement déjanté et décomplexé, piochant sans vergogne dans le Death, le Grind et le Deathcore pour un résultat d'une fureur extrême. C'est direct, rentre-dedans et sans la moindre concession, mais conservant toujours une précieuse pointe de groove. L'ensemble des musiciens fait corps sur scène, allant jusqu'à exécuter des mouvements synchronisés façon "karaté dance style". Mention spéciale au batteur, véritable pilier du combo, qui tient la baraque avec un abattage et un tempo monstrueux. Un set ultra-énergique et jubilatoire qu'il aura fallu écourter pour filer en interview !

Vertex :

Projet parallèle emmené par le batteur d'Hypno5e Pierre Rettien, Vertex débarque pour offrir une véritable leçon de hardcore chaotique. Ici, la puissance brute s'appuie avant tout sur un riffing complexe et inventif plutôt que sur des artifices de production. Le groupe s'autorise de superbes passages instrumentaux sans chant, mettant en lumière la technicité ahurissante des musiciens et des changements de rythmes permanents. Maxence Griffond à la guitare et Mickael Alberto Merone à la basse sont des psychopathes des riffs tordus et tortueux…

Entre deux morceaux, Kik Mastan le chanteur détend l'atmosphère avec humour en expliquant qu'il a besoin d'un "Guso" pour sortir de chez lui et que ce soir, vous savez quoi, il va voir Igorrr gratuitement ! Il va même jusqu’à faire une « vanne » sur sa tante Iranienne (inutile de préciser le contexte actuel) et sous les bombes, alors que le temps est bien Mossad… La folie transpire de tous les côtés dans cette prestation, et quel plaisir de voir que nous avons un groupe de cette trempe dans la scène française.

Mars Red Sky :

L'arrivée des Bordelais de Mars Red Sky, menés par le guitariste/chanteur Julien Pras, le bassiste Jimmy Kinast et le batteur Mathieu Gazeau, apporte une nouvelle dimension à la proposition musicale du festival, puisque le groupe va nous offrir une prestation à la fois massive et aérienne. Le trio déploie un Stoner aux sonorités Heavy psychédélique à la densité sonore impressionnante, servant à merveille la puissance de compositions qui oscillent constamment entre mélodies immersives et envolées purement planantes.

Chaque frappe de caisse claire résonne comme un véritable coup de butoir dans le thorax des festivaliers, imposant un rythme lourd et profondément hypnotique. Le contraste entre le chant clair presque réverbéré de la guitare de Julien et les fuzz écrasants de la basse de Jimmy crée une atmosphère enveloppante et saisissante. Le groupe parvient à marier la puissance du Metal à des textures sonores tout droit venu d’un autre monde. Une prestation hypnotique et maîtrisée de bout en bout, offrant au public un voyage sonore et psychédélique d'une rare intensité.

Soen :

Nouveau changement d’ambiance en ce dimanche, qui aura été diablement éclectique avec les Suédois de Soen. Le groupe emmené par le batteur fondateur Martin Lopez (ex-Opeth) et le charismatique chanteur Joel Ekelöf, Cody Ford à la guitare, le bassiste Oleksii "Zlatoyar" Kobel et le multi-instrumentiste Lars Åhlund aux claviers et à la guitare, déploient leur Metal progressif et mélodique avec une précision chirurgicale. Le rendu sonore est d'une propreté remarquable, mettant en valeur chaque nuance d'une technique irréprochable, à l'image d'un Martin Lopez étincelant derrière ses fûts avec son jeu de cymbales et ses polyrythmes si caractéristiques.

Sur scène, Joel Ekelöf fait évoluer son visuel au fil du set pour coller aux ambiances, arborant notamment une veste militaire stylisée et du cuir sur les titres les plus virulents et martiaux. La puissance des riffs répond ainsi parfaitement au chant clair et lyrique qui surplombe le mix. Si la prestation s'avère extrêmement carrée, élégante et exécutée au millimètre près, on peut parfois regretter une certaine retenue, voire un léger manque de supplément d'âme et de proximité spontanée avec le public. Il n'en reste pas moins un show tiré au cordeau, d'une grande classe et d'une maîtrise technique indiscutable.

Alcest :

On peut observer qu’il y avait une grosse attente concernant les pionniers du Blackgaze / Post-Black Metal, avec les parisiens d'Alcest. Ce groupe fondé par le multi-instrumentiste Stéphane "Neige" Paut au chant et guitare ce soir, et bien entendu soutenu par Jean "Winterhalter" Deflandre à la batterie plongent le festival dans un univers aussi imagé que planant. Le duo est accompagné de musiciens de session, pour un show aux allures de messe noire.

Dominée par une magnifique lune en fond de scène, la scénographie sublime des morceaux d'une beauté tragique et d'une puissance saisissante. Fidèle aux codes du genre, le groupe limite la communication directe au strict minimum, laissant toute la place à la musique et aux vocaux chamaniques de Neige pour transporter l'auditoire. Les murs de guitares saturées alternent avec des arpèges cristallins, offrant une parenthèse poétique, intense et profondément envoûtante qui hypnotise le public du 666.

Igorrr :

Véritable chef d'orchestre de sa tribu sonore, Gautier Serre mène le projet Igorrr d'une main de maître. C'est également le cas sur scène où l'animal alternent entre ses machines, sa guitare, et connivence avec ses camarades de jeu. Accompagné sur scène par la soprano Marthe Begreault, le chanteur JB Le Bail, le guitariste Martyn Clément et le monstrueux batteur Rémi Serafino, le groupe livre un spectacle théâtralisé et réglé comme du papier à musique. Visuellement et musicalement, tout est orchestré au millimètre près, avec un enchaînement ininterrompu d'entrées et de sorties de scène du duo de chanteurs.

L'impression de show est permanente, les lumières, les déplacements, et le dualisme entre le chant lyrique de "la belle" et les vociférations de "la bête" fait des merveilles. Le propos artistique, radicalisé et poussé à son paroxysme, offre une expérience extrême, baroque et totalement fascinante. J’avais eu le plaisir de découvrir en live ce groupe en 2018 au cours du festival Metal Cultures, et malgré toutes les qualités de leur show, ils m’ont moins fait vibrer qu’en 2018. Certes, le groupe n'était pas du tout le même, mais j’ai trouvé cette prestation moins organique, trop calibrée, impressionnante certes mais avec un certain déficit de chaleur humaine. Dommage.  

Soulfly :

Comment mieux terminer ce festival qu’avec Soulfly ? Quand je pense que j’ai croisé pour la première fois la route de ce groupe devenu depuis iconique en 2004 au Fury Fest (l’ancêtre du Hellfest), et se retrouver après tant d’année devant un Max Cavalera en grande forme du haut de ces 57 ans, c’est juste chouette ! Le groupe a connu bien des configurations, et est, à aujourd'hui, devenu une histoire de famille. M. Max est accompagné par le guitariste Mike DeLeon, mais surtout de Igor Amadeus Cavalera à la basse et derrière la batterie de Zyon Cavalera. Ce qui a du sens lorsque l’on regarde l’histoire de Max et compagnie

Le combo va nous envoyer une déferlante de son Groove Metal tribal ultra-puissant, taillé sur mesure pour faire exploser les derniers cercles de moshpits. La setlist sera d’ailleurs beaucoup basée sur le début de parcours de Soulfly, ce qui ne peut que me remplir de bonheur ! Quoi de mieux pour conclure que cette communion brute, chaleureuse et d'une efficacité monumentale pour conclure le festival dans un chaos festif mémorable ? Rien.

 

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