Aux Portes Du Metal

À venir

ACCEPT "Teutonic Titans", ANTHRAX "Cursum Perficio", VILLAGERS OF IOANNINA CITY "Venderemos", AIRBOURNE "Airbourne", ELECTRIC CALLBOY "TANZNEID"

Prochaine mise à jour:
le 14 septembre 2026.

Nous soutenir

La compil de l'année

Les albums du moment

Tous les coups de cœur

Communautés

Groupe:

Summer Breeze - Tag 1

Date:

12 Aout 2026

Lieu:

Dinkelsbühl

Chroniqueur:

ced12

Sixième venue pour nous en ce lieu sacré, dix ans après notre première, nous revoilà en Bavière à Dinkelsbühl sur la très bucolique Romantische Strasse. L’atmosphère qui règne dans cette région est apaisée, la vie y semble douce dans cette Allemagne provinciale si plaisante et dont l’ambiance estivale offre une déconnexion incroyable. Depuis la capitale, à l'ambiance kafkaïenne en Août avec ces RER coupés, ces bus de substitution obligeant à une réelle agilité (ainsi que de bonnes jambes), nous rejoignons Stuttgart en TGV et nous voilà déjà retardés par des contrôles aux frontières en gare de Kehl (de l’autre côté du Rhin depuis Strasbourg). La légèreté d'une certaine Europe est derrière nous, il faut de nouveau justifier de son identité. Les semps ont bien changé, une certaine insouciance semble avoir disparue. C'est ainsi, il faut vivre avec son époque et la nôtre s'assombrit chaque jour un peu plus.   

La voiture de location récupérée, nous traversons le Baden Wurtemberg en prenant la direction de la Bavière, récupérons les clés de notre logement et hop direction le site de Dinkelsbühl au milieu des champs où nous retrouvons très vite nos repères. L’accès au site a été peaufiné avec une vraie voie d’accès piétonne. Nouveauté (pour nous qui ne sommes pas venus depuis 2022), le passage au Cashless. Les allemands sont historiquement en retard sur la monétique, le système marche bien même s’il nous faut une petite adaptation et que l'on sent que c'est moins rôdé que sur d'autres Fests. Les lieux n’ont pas changé, toujours ce site qui « distribue » les trois scènes avec sur la gauche la fameuse T-Stage, avec sa forêt derrière qui donne un cachet incomparable à ce lieu. Désormais ornée de beaux backdrops sur les côtés rendant hommage au regretté Michael "Mr T" Trengert éternel visage de ce festival qui ne cesse inlassablement de valoriser cet homme dont l’importance dans le Metal allemand est immense. Au fond du site la Main stage, superbe avec sa belle décoration, ses écrans géants et ce grand parterre très impressionnant. Pas de double scène ici qui joue en alternance, non une seule et belle scène qui « accepte » des interludes d’une vingtaine de minutes entre les concerts. Le site y gagne en clarté, c'est joli, spacieux, c’est vraiment réussi. Au milieu du site, plus proche de la T-Stage, on trouve la Wera Rebel Tool, scène plus intimiste qui avec son chapiteau offre une ombre bienvenue. Si le lecteur nous y autorise, nous nommerons cette scène "le chapiteau" par souci de simplicité.

Un Beergarten a toujours la cote pour se poser avec ses parasols et son ambiance typiquement allemande. Une grande zone ombragée est désormais proposée ce qui a ses vertus car comme toute l’Europe en ce difficile été 2026, l’Allemagne subit aussi fortes températures, ensoleillement maximal et sécheresse. Le site propose toujours une restauration variée, des sanitaires propres, des points d’eau pris d’assaut toute la durée du Festival. Nous peinons toujours à comprendre qui peut avoir envie de manger une raclette par 30° mais le stand est encore là, fidèle au poste. Le Summer Breeze est très bien organisé, le site est désormais parfaitement maîtrisé avec zone VIP, bars en tout genre, marchés classiques pour metalleux pour faire ses emplettes, un salon de piercing et tatouage est aussi à disposition. Pour l’anecdote, la bière est servie ici en 0.4L et le prix de cette dernière est équivalent au prix du Coca. Ils sont "marrants" ces allemands, ce n'est pas très pédagogique pour le coup. Côté boisson locale, j’ai adoré l’Apfelschorle mélange local entre jus de pomme et eau gazeuse qui passe très bien, surtout avec cette météo.

Historiquement, ce premier jour du Summer Breeze proposait un format plus réduit avec un site à 50% de ces capacités. Le modèle 4 jours étant désormais devenu classique, c’est une vraie journée qui est réalisée désormais. Inertie logistique oblige, nous manquons à regret un gros enchainement PersecutorNeckbreakker. Pour ce dernier groupe, la vidéo du show disponible sur Arte Tv nous consolera un peu et surtout confirmera que Neckbreakker c’est du lourd même si le groupe reste encore un brin « jeunot ». Mais quel potentiel ! 

Le premier concert auquel nous assistons est celui de The Narrator. L’estimée Lydie en a dit du bien et c’est légitime. Un metalcore assez typiquement allemand, les Caliban, Any Given Day ne sont jamais très éloignés dans leurs influences et ça passe plutôt bien. Certes, il y a ces refrains trop chantés qui cassent un peu la dynamique mais l’énergie est là. Une première Bratwurst, une Keller Bier accompagnent ce démarrage et l’édition 2026 se lance gentiment.

Sur la Main Stage, le premier événement se profile avec le concert d’Airbourne. Il y a beaucoup de monde, les festivaliers sont en pleine forme, le soleil est agréable, point trop agressif avec un 30° plaisant, tout est réuni pour un gros concert. La musique de Terminator résonne et la furie Airbourne déferle sur le Summer Breeze. Tourbillon hard rock n’ roll hyper dynamique, hymnes repris en chœur, le groupe australien fédère. Joel O’Keeffe tient toujours aussi bien sa scène, en fait des caisses, monte sur les épaules d’un roadie, traverse ainsi la fosse en délivrant un solo (sur Raise The Flag). La dynamique très AC/DC 80’s passe toujours aussi bien, c’est vraiment parfait pour démarrer et se mettre en jambes. Il y a ce petit côté bluesy, ça leur va bien aussi, montre qu'Airbourne n'est pas que dans le "sauvage". Le frontman rend aussi un bel hommage à Rose Tattoo légende australienne. Bon, on parle d’un concert d’Airbourne et on y retrouve les travers du combo avec cette grosse chute de rythmes à mi-concert avec discours interminables, distribution de bières. Le pit adhère, le public plus en retrait attend que ça passe. Ce récurrent reproche mis à part, très b show des australiens dont on attend le nouvel album d’ici fin août qui ont mis l’ambiance comme ils savent si bien le faire. 

Petit crochet rapide par la zone de dédicaces où Eivør illumine déjà le site de sa rayonnante présence attirant au passage pas mal de monde pour rejoindre la T-Stage où Green Lung est à l’œuvre. Eux aussi vont sortir leur nouvel album d’ici la fin de l’été et proposent comme Airbourne quelques nouveautés. Toujours dans les pas (lointains) d’un Ghost, Green Lung fait belle impression, bien aidé par un son absolument excellent, ce qui sera récurrent sur cette scène. Les riffs fonctionnent super bien avec ce côté doomy bien maîtrisé. Les musiciens souffrent toujours d’un manque de charisme mais la musique de grande qualité fait le job. Très bon show des Green Lung dont on surveillera ce nouvel effort avec attention. Pas mal de gens équipés des lunettes adéquates ont profité pendant ce concert de cette fameuse éclipse qui aura tant fait parler en ce mois d’août 2026. La lumière s’assombrit légèrement même si nous sommes trop au Nord pour y voir une différence marquante. Néanmoins, associé à la belle lumière du soir, le rendu est sympathique et aura marqué cette première journée.

On continue de reprendre nos repères avec un premier concert sous la tente. Le format est excellent, on voit super bien et nous retrouvons Urne. Je les avais vus sous forme de trio, ils se présentent désormais sous forme de quatuor avec le recrutement de Kurtis Bagley en guise de seconde guitare. Le stoner / sludge des anglais y gagne en densité, ça envoie vraiment bien avec des gros riffs qui écrasent bien l'auditoire. Allez, les passages en chant clair font un peu mal aux oreilles avec des vocalises imprécises mais la qualité des riffs sludge du combo, le chant hurlé rattrapent tout ça, ça fonctionne du tonnerre et le pote qui ne les connaissait pas y a fait une belle découverte avec un groupe en place, efficace à souhait et qui se remarque dans une scène sludge parfois obscure.

Pendant le concert de Urne, le Summer Breeze a annoncé un premier lot de son affiche 2027. Les Alcatraz, Wacken & Motocultor en font de même et ce calendrier me surprend. La première tête d’affiche 2026 n’a pas joué que déjà on se projette sur 2027. C’est là le lot de cette concurrence entre Fests, cela laisse un peu perplexe, d’autant plus qu’on y retrouve (et c’est logique) certains groupes en commun. La seule vraie surprise est l’annonce d’une tournée d’adieu d’Edguy ce qui devrait être un sacré événement outre-Rhin. 

Mais revenons à l’instant présent avec un des premiers « doublons » dans le running order. In Flames tête d'affiche de ce premier jour ou Paradise Lost. Choix cornélien tant les deux groupes présentent des qualités réelles. Ayant déjà vu à deux reprises Paradise Lost en cette terre bavaroise, c’est le groupe suédois que nous avons retenu. Est-ce le bon choix ? Bon vu les formations citées il n’y en a pas de mauvaises. In Flames sur la Main Stage c’est grosse affluence assurée tant les suédois bénéficient d’une grosse cote de sympathie outre-Rhin. De fait, il y a beaucoup de monde et c’est clairement le souci majeur de ce show. Nous sommes placés loin et manquons une partie de l’ambiance du pit. De plus Anders Fridén n’est pas le plus grand communicant du monde ce qui n’arrange pas notre situation. Mais c’est un excellent chanteur il n'y a jamais eu de débat sur ce point. La qualité du son, celle des compos permettent de passer un bon moment. Juste, c’est un peu excluant vu le contexte de ce show. L’utilisation des écrans géants est bonne, on sent que le groupe a bossé sa scénographie, qu’il a intégré cette dimension à son show. Eternel sujet concernant les suédois, ces « deux » carrières avec un groupe qui navigue entre death mélo et ce metal moderne accrocheur désormais marque de fabrique assumée du combo. Les morceaux old-school régalent avec de belles accélérations et une interprétation solide. Reste cet éloignement physique qui rend ce concert sympathique mais pas mémorable malgré une fin de concert plus enlevée. Adhérant moins aux productions plus récentes du combo, nous n'adhérons pas à fond à ce concert mais In Flames sait indéniablement y faire. Pas certain de comprendre la présence des suédois si haut sur l'affiche mais l'aura du groupe reste intacte. C'est peut-être juste nous allez savoir.

Direction le chapiteau pour Castle Rat. Airbourne a attaqué avec la bande son de Terminator. Schwarzenegger est à l’honneur ce jour car c’est l’hymne de Conan le Barbare qui ouvre le show des new-yorkais. Naviguant entre heroic fantasy et doom metal, le collectif se remarque par sa scénographie qui plonge dans l’ambiance du premier grand succès du colosse autrichien. Riley Pinkerton alias The Rat Queen capte tous les regards avec sa tenue échancrée. Elle joue pas mal avec le guitariste Franco Vittore dit The Count. Pour être transparent, je n’adhère ni à la musique ni à l’imagerie du groupe. Il y a aussi le contrecoup d’une journée déjà dense mais aussi cette musique qui ne me semble pas au niveau et compensée par un visuel très fort. Je passe donc mon tour. Dommage car placer ce show sur la petite scène était une bonne idée pour l’immersion d’un show pensé visuel. Concept trop arty pour moi sans doute mais manquant clairement de puissance, d'accroche.

Le Summer Breeze va ensuite passer en mode deux salles, deux ambiances. A ma gauche, sur la T-Stage, et porté par un son éblouissant, Eivør où je choisis de me rendre (après un mini conflit intérieur je dois admettre). La divine féroïenne a désormais son rond de serviette dans les gros Fest bien Metal (Brutal Assault, Summer Breeze) confirmant ainsi l‘ouverture d’esprit des metalleux. On le savait déjà il est vrai mais c'est un plaisir de le rappeler. Il y a aussi, je pense, une volonté d'entendre autre chose, c'est plutôt sain. Voix féérique, compos envoûtantes, Eivør ensorcelle. Elle a légèrement adapté sa setlist pour aller vers plus de guitares et une dynamique plus dark pop qui lui va bien. Le rendu est incroyable, comme toujours avec elle et notamment des nouvelles compos qui marchent très bien, plus épiques. Vantant ce ciel noir, ce soir d’éclipse solaire, Eivør se réjouit de ce show. Le définitif Falling Free, une des chansons les plus émotionnelles qui soit, clôt un très beau show, offrant un bel espace plus immersif et planant dans un déluge de décibels. Eivør c’est un diamant pur.

Autre ambiance sur ma droite sur la Main Stage où Hatebreed délivre un show de patrons et où le pote va se prendre une raclée monumentale. Quelques effets pyrotechniques apportent un léger plus à un show autoritaire avec un Jamey Jasta en maître de cérémonie bien épaulé par ses comparses avec des chœurs martiaux. Véritable bête de scène, Jamey Jasta est un type épatant, attachant et un vrai boss sur scène. La setlist est classique, d’une efficacité monstrueuse. L’heure passe à une vitesse folle portée par les riffs géniaux du combo. Avec son hardcore teinté de metal, Hatebreed emporte tout dans ses formats de Fest. Ce n’est pas une redécouverte (il ne faut rien exagérer) mais un rappel sans appel : Hatebreed c’est génial et dans ce format, c’est imparable !

L’enthousiasme du pote est contagieux, le Summer Breeze 2026 est génialement lancé. Sur le chemin du retour, la musique de Cän Bardd nous laisse pantois. Un riff post capte mon intérêt lointain quand le collègue y est totalement hermétique. La bascule dans des ambiances atmosphériques bien dépressives achève de nous faire hâter le pas. La fraîcheur est tombée sur Dinkelsbühl et pour la première fois depuis des mois, la fraicheur se fait un peu sentir ce qui fait un bien fou. On respire. Enfin ! 

Très belle première journée avec Hatebreed a rappelé avec autorité les boss qu'ils étaient quand Eivør a envoûté et qu'Airbourne a tout dynamité. Placée comme toujours sous le joug artistique de Nuclear Blast dont les locaux non loin continuent de donner une belle âme à ce Fest et d'y assurer une vraie qualité de l'offre, ce premier jour a régalé. Les goûts en matière de musique sont toujours aussi sûrs par ici. Repos pour nous car la suite des réjouissances s’annonce copieuse. 

Venez donc discuter de ce live report sur notre forum !