|
Volcanic Fest 2026 - Jour 3 - Dimanche Quelques échanges avec des festivaliers matinaux nous confortent dans l'enthousiasme ressenti par ces derniers. Un papa et son fils nous affirment passer un très bon moment, le festival étant le cadeau de noël du fils. Autant dire, un festival attendu de pied ferme et pas que par les organisateurs et les groupes!
 JJAX Dix minutes de retard au compteur pour lancer cette ultime journée de festival. Pas le temps de niaiser, mais pas de drapeau en fond de scène non plus pour afficher la couleur. Qu'importe, JJAX débarque sur scène et c'est pas pour enfiler des perles. Pour rappel, le projet est piloté par Julien Jacquemond à la guitare et au chant, la tête pensante de la formation. Pour l'épauler sur les planches, il y a du beau monde, à savoir Arnaud Gorbaty derrière les fûts (bien connu pour son artillerie dans Alkemyst ou Ecclesia), Brice Berrerd à la basse (ex-Les Discrets, KING) et l'excellent Karim Attoumane à la six-cordes lead (ex-Zuul FX). Sur le papier, ça envoie mais seulement une quarantaine de chevelus garnissent le pit à cette heure matinale. Le quatuor français ne se laisse pas décourager pour un sou et envoie quand même la sauce. Dès l'entame avec Gehenna, le ton est donné. La basse de Brice est bien sonore, ronde et présente comme on les aime, tandis que le rythme d'Arnaud donne immédiatement envie de se dandiner. Le public présent ne s'y trompe pas : ça hoche de la tête poliment puis de plus en plus franchement, encourageant chaleureusement le combo. Les chœurs balancés par le groupe rappellent les plus belles heures du heavy des années 80, apportant un vrai supplément d'âme et de nostalgie bienvenus. Mention spéciale au final sur Ulysses qui achève de convaincre les quelques lève-tôt venus braver la fatigue de cette dernière ligne droite. Une entame de journée fort sympathique qui méritait clairement un parterre un peu plus fourni ! Les absents ont toujours tort comme on dit.
Setlist : Gehenna Old Age Extand Reason Are You Ulysses  eOn (Element of Noise) Le set d'eOn (Element of Noise) débute, lui aussi, avec un peu de retard. Une attente vite oubliée dès les premières notes tant les Toulonnais en imposent. Formé en 1999, eOn évolue à la croisée du metal extrême et du hardcore. Le quintette est composé de Florent Molinier (chant), Abdel Kader Radjah (guitare lead), Olivier Missenti (guitare), Romain Jarguel (basse) et Nicolas "Ranko" Muller (batterie). Leur death metal, thrash et hardcore crossover déferle avec une puissance qui donne directement le ton. Le groupe envoie du lourd et transforme rapidement la fosse en véritable exutoire. L'ambiance est au défouloir, portée par des musiciens particulièrement investis dans leur prestation. On sent une réelle envie de partager ce moment avec le public. Très mobiles, les membres du groupe arpentent la scène, multiplient les échanges de regards avec les festivaliers et jouent volontiers avec les photographes. Une attitude qui renforce encore l'intensité d'un concert déjà bien généreux.
Setlist: Heads On Pikes Bullshit Everywhere Lost Not Found Break New Ground Come Down Angel Of Terror Legacy Of Shame  Bards Of Backwater Changement de décor total avec l'arrivée sur scène de Bards Of Backwater. L'orchestre pose son univers d'entrée de jeu avec un « B » qui trône sur un blason garnissant le devant des synthés, flanqué d'une curieuse peluche de chèvre en chapelier baptisée Howard, la mascotte vraisemblablement. Le ton est donné, le groupe est majoritairement grimé et prêt à nous embarquer dans son power Metal à l'esprit résolument médiéval. Côté line-up, on retrouve Willy McIntyre (de son vrai nom Cyril Jacob) à la guitare rythmique et aux chœurs, le martelleur Benjamin (Ben "The Mad" Law) derrière les fûts et le virtuose Nicolas (Thorigg) à la six-cordes solo. Mais la véritable maîtresse de cérémonie, c'est Lise (alias Beth). Un plaisir rare et franchement rafraîchissant de voir une femme aux commandes d'un tel navire, gérant d'une main de maître le chant, la basse ET les synthétiseurs ! Scéniquement, la musique se révèle aussi épique que les costumes particulièrement travaillés. L'énergie déborde et le plaisir du groupe à jouer ensemble est totalement communicatif. Les riffs balancés avec précision ont un côté super dansant qui secoue la foule, tandis que les chœurs apportent cette liesse qu'on adore dans le power. Le public, certes encore un peu modeste en nombre, se laisse totalement prendre au jeu. L'ambiance est joyeuse, les festivaliers répondent présents et encouragent chaleureusement la formation à la moindre sollicitation. Ça met une patate d'enfer pour la suite des festivités ! In fine, c'est un concert extrêmement plaisant de la part d'une bande de passionnés généreux. Après le set, j'ai eu le plaisir de recroiser certains membres qui m'ont fait l'honneur de m'offrir leurs médiators dédicacés de leurs propres mains, juste avant de devoir reprendre la route pour six longues heures de trajet. Un grand merci à eux pour la sympathie et la belle prestation ! Setlist: The Edge Of The Glade Howard is A Loser Heaven's On Fire Saxons Are Here The Defenders Tonight We Raise Our Drinks SMYU C'est au tour de SMYU (Show Me Your Universe) d'investir les lieux du Volcanic Fest. Mes voisins originaires de Tours, le groupe évolue entre rock alternatif et metalcore. La formation s'articule notamment autour de ses deux membres fondateurs : Jem Dolgon (Jérémy Dubray) au chant et Alexis Collas à la guitare. Le temps d'un morceau particulièrement punchy, la formation montre une belle énergie sur scène et donne envie d'en voir davantage. Mais l'appel du journalisme reprend vite le dessus : après cette première chanson, je file rejoindre Hrafngrímr pour une interview. Impossible donc d'en raconter davantage sur ce concert, même si ce bref aperçu laisse entrevoir un groupe qui ne manque ni de puissance ni d'envie.

Mess Out On enchaîne avec la formation lyonnaise Mess Out. Fidèle à son esprit alternatif et à la primauté du collectif, le groupe de Punk Rock / Nu Metal ne communique pas la liste nominative de ses musiciens sur ses canaux officiels, privilégiant une image d'équipe bien soudée. Sur les planches, les Lyonnais envoient une rythmique typiquement punk, boostée par des screams particulièrement bien placés qui feront clairement de l'œil aux aficionados de Guerilla Poubelle. On notera au passage quelques petits problèmes de placement au niveau de la batterie qui manquait parfois un brin de tempo, mais rien qui ne vienne gâcher le propos. Car de propos, il en est fortement question ici : Mess Out a des textes particulièrement engagés et le revendique haut et fort, poussant une gueulante dès le troisième morceau sur la canicule et le triste monde qu'on s'apprête à laisser à nos enfants, pour ceux qui se décident à en faire. Le set monte encore d'un cran en agressivité lorsqu'un des guitaristes annonce Awake, morceau beaucoup plus Hardcore. Signal au top pour lancer un wall of death mémorable, durant lequel le chanteur en profite pour emprunter un casque en carton piqué à un stand du festival (en vue des cartonnades prévues plus tard dans la journée) ! Le combo alterne les ambiances mais reste fidèle à sa ligne de conduite très politique. La preuve avec le titre Crève, dédié et engagé pour tout le corps médical laissé pour compte par le système public. Du rentre-dedans, des valeurs et une sacrée dose d'énergie, ça c'est Mess Out.
Setlist : One Last Time The Fray Idiocratie Généralisée Give Our Chance Back Raining In The Name Of Faith Awake Crève Bad Touch Kick Me To Death Outro We Will Set This Place On Fire  Faith In Agony La chanteuse est souffrante donc nous n'aurons finalement pas de concert de Faith In Agony. Le groupe Bangalore Choir joue donc plus tôt.
Bangalore Choir Pour cette édition du Volcanic Fest, Bangalore Choir fait figure d'exception puisque c'est le seul groupe anglophone de l'affiche. La formation réunit David Reece au chant, Diego Pires, Eric Juris et Andy Susemihl aux guitares, Riccardo Demarosi à la basse et Giovanni Savinelli à la batterie. Quel plaisir de retrouver sur scène David Reece, ancien chanteur d'Accept. Sa voix n'a rien perdu de son caractère et il prend rapidement le public à contribution. Sur la balade Ain't No Love, il fait reprendre le refrain par les festivaliers, avant de les filmer quelques morceaux plus tard en les invitant à chanter « Anymore... » à pleins poumons. Le groupe rend également hommage au passé de son frontman en reprenant Hellhammer d'Accept, un moment particulièrement apprécié des amateurs de heavy metal, dont je fais partie. Comme souvent dans ce style, les guitaristes occupent pleinement l'espace. À chaque solo, l'un d'eux vient se placer à l'avant de la scène pour capter tous les regards, tandis que le batteur brise une de ses baguettes noires, dont les morceaux sont recueillis puis envoyé dans la fosse par David. Puis vient Angel in Black, un morceau qui, à lui seul, conclut parfaitement le set. J'ai beaucoup aimé les voir sur scène mais regrette leur absence de merch...
Setlist: I Can't Breathe Just One Night XTC Bullet Train Ain't no Love Good Die Young Generation Clash Hellhammer Drivers Seat Angel In Black All Or Nothing Entracte à base de coups d'épées en carton sur des armures non moins fragiles pour les membres de l'association Les Cartonnades. Un moment hyper fun apprécié de tous et qui vient redynamiser les troupes avant la dernière ligne droite de concerts.  Naheulband C'est un autre type de coup qui attend Naheulband. Oui coup dur pour la troupe avant même le coup d'envoi car c'est en comité restreint que le Naheulband débarque sur les planches aujourd'hui. Seulement quatre membres sur scène, parmi lesquels on retrouve l'incontournable Julien « Le Mago » (chant et guitare) et l'impayable Ghislain « Le Voleur » Escalas Morel aux percussions et aux contes. Mais qu'à cela ne tienne ! La bande humoristique aux aventures grandiloquentes est LE groupe qui vient emballer ce dimanche de festival. L'ambiance se veut immédiatement ultra-familiale et le pit affiche enfin complet. Je suis assez surprise car dès les premières notes, c'est l'euphorie collective avec les festivaliers qui entonnent les paroles qu'ils connaissent absolument par cœur. Le groupe en profite pour nous glisser une composition inédite en faisant participer le public, dans une communion de dingue. Même un petit trou de mémoire du Mago sur La Bière du Donjon fait marrer tout le monde, le public est vraiment là pour se fendre la poire et passer un bon moment. Entre deux vannes, une question existentielle s'impose : « Est-ce qu'on peut faire du Metal avec une flûte ? ». Avant de nous dégainer une reprise barrée de The Final Countdown de Europe à la flûte, en demandant à la foule d'assurer le chant. Entre la promo de leur nouvel album On a pas peur et un authentique « On va tenter de bourriner ! » pour lancer le titre suivant, la formation déroule le set dans la joie et la bonne humeur. Les festivaliers sont à fond et ne font plus qu'un avec le groupe pour former une liesse des plus festives.
Setlist : A L'Aventure, Compagnons Le Nanana De L'Elfe Troll Farceur Dix Sous Dans Ma poche Le Grand Pot Au Feu Pub : Chiantos La Bière Du Donjon Bourriner Le Laridé Du Poulet Crom  Hrafngrímr Deux salles deux ambiances et c'est un retour au calme et l'introspection avec Hrafngrímr. Le groupe de pagan metal, composé de Mattjö Haussy (chant), Mostefa Elkamal, Christine Roche et Arnaud "Hindrik" Stefanakis, transporte le public dans un univers où se mêlent sonorités tribales, folk et metal. La scénographie est particulièrement soignée et affirme immédiatement l'identité visuelle du groupe. C'est comme si l'on était convié à un rituel. Les micros sont notamment ornés de plumes, tandis que les instruments traditionnels occupent une place centrale. Arnaud impressionne d'ailleurs en jouant pas moins de cinq instruments au cours du concert. Le couple de chanteurs, également uni dans la vie, fonctionne à merveille sur scène. On sent une vraie tendresse et complicité entre eux. Les morceaux oscillent entre puissance et spiritualité, jusqu'à frôler parfois la transe. Les percussions de Mostefa résonnent profondément, tandis que Mattjö adopte par moments une manière de chanter rappelant le timbre d'un kazoo. Le groupe interprète pour la première fois un nouveau titre, un moment particulier pour les musiciens comme pour le public. Entre deux morceaux, Mattjö traduit plusieurs passages en vieux norrois avant d'inviter les festivaliers à rendre hommage à leurs disparus. « Laissez-vous porter, fermez les yeux », glisse-t-il ensuite avec douceur. Une invitation qui résume parfaitement l'expérience proposée par Hrafngrímr qui se veut une musique introspective, puissante voir transportante. Au fil du concert, Mattjö descend au plus près de la fosse pour chanter avec le public. Les percussions, ornées de bois de cerf, renforcent encore l'esthétique païenne du groupe. Enfin, pour le dernier morceau, le chanteur revêt le masque resté devant lui pendant tout le set, offrant une conclusion aussi symbolique que marquante à cette véritable cérémonie musicale. Setlist : Niflíngar Koma (intro) Níu Bylgjur Allt Till Valhallar Dura Niflheims Auga Einherjar Brýr Blót Interlude Yfir Tárin Holmganga Óvinr Skuggar  EihwarComme à son habitude, Eihwar retourne le pit en quelques cris primaux et quelques pas de danse. La Louve captive immédiatement le public, tandis que Mark n'est pas en reste avec ses coups de baguettes qui rythment chaque mouvement des festivaliers. Depuis que je les ai vus lors de leur prestation au Plane'R Fest 2025, le duo a encore fait évoluer sa scénographie. Des tubes de néons viennent désormais renforcer l'identité visuelle du groupe, apportant une dimension électronique plus affirmée à leur univers mêlant sonorités nordiques, musique tribale et metal viking. Face à eux, le public répond avec une énergie assez hallucinante. Asrunn elle-même n'en revient pas de l'ambiance qui accompagne ce dernier concert de la première édition du Volcanic Fest. « Vous foutez plus de bordel que 5 000 personnes ! » lance La Louve, qui semble impressionnée par la ferveur des festivaliers, notamment dans une succesion de slams incessants. Une nouvelle fois, le duo ne laisse aucun répit. Le set se termine toujours avec autant d'énergie, dans une liesse des plus collectives.  Une première édition qui est une vraie réussite, les festivaliers avec qui j'ai pu échanger sont ravis, les groupes très contents également. Le festival a su proposer un événement riche d'animations et de concerts de qualité, tout en mettant en avant des artisans. La possibilité de se restaurer sur place et de pouvoir entrer et sortir du festival librement étaient également appréciables. Un festival qui a su répondre aux besoins et aux attentes. Toutefois, le bonheur de chacun d'entre nous ne peut compenser l'investissement financier qu'a nécessité l'évènement et afin que l'organisation puisse s'en remettre, une cagnotte a été ouverte ICI. Chacun peut y participer, chaque euro compte pour que puisse survivre ce programme si réunificateur des metalleux. On regrettera peut être l'absence de merch du festival, mais pour une première édition on ne peut pas leur en vouloir. La pré commande était néanmoins possible pour adopter un t-shirt, débardeur ou sweat à l'effigie du Volcanic Fest. Je renouvelle mes remerciements les plus chaleureux envers Elodie, Samael, l'équipe organisatrice, les bénévoles et les groupes pour la réalisation de ce magnifique évènement pour lequel je ne peux souhaiter qu'une suite. Alors, espérons le, see you soon!
|