Groupe:

Quietus

Date:

02 Septembre 2020

Interviewer:

fabulous

Interview Jérome

Peux-tu nous faire une présentation du groupe pour nos lecteurs et nous dire comment vous vous êtes rencontrés ?

Salut, moi c'est Jérôme, batteur du groupe. On est originaire de Charleville-Mézières, dans le Nord-Est de la France. On se connaît tous depuis des années, on fréquente la scène métal du coin depuis 20 ans maintenant et on a tous joué dans d'autres groupes, notamment dans Ed Warner, où on jouait déjà tous les 4.

Vous êtes un groupe jeune et vous avez décidé de passer directement par la case album plutôt qu’un EP comme ça se fait souvent habituellement. Pourquoi ce choix ?

Alors, le groupe est jeune, nous non. On fait tous de la zik depuis 20 ans, on a tous eu plusieurs groupes qui ont déjà sortis plusieurs disques. Avec notre groupe précédent, Ed Warner, on a sorti 2 albums, 3 ou 4 splits, et un EP. On avait envie de passer la vitesse supérieure avec Quietus, et on a travaillé pendant 1 an pour avoir de la matière à défendre sur scène et sur disque. D’où le choix de tout de suite s’orienter vers un album.

Vous venez de Charleville-Mézières, comment qualifierais-tu la scène métal dans votre région ? As-tu des groupes prometteurs comme le vôtre à nous conseiller ?

Je dois t’avouer que je ne suis plus trop au fait des jeunes formations du coin. Le fait est que dans la sphère métal, il y en a très peu. On habite un département où les opportunités de monter un groupe et de pouvoir le faire vivre en live ou sur disque sont faibles… Et la scène qui se développe chez nous est aujourd’hui plutôt rock ou électro. Je peux quand même te conseiller de jeter une oreille aux potes de Stories qui évolue dans un registre proche de Defeater ou Touche Amore.

Votre très bon premier album mélange plusieurs styles : math rock, post metal, hardcore, screamo, noise rock. Vous avez réussi le tour de force de rendre tout cela cohérent sur cet album, est-ce que cela vous encourage à explorer de nouveaux territoires musicaux sur vos prochains morceaux ?

C’est simplement parce qu’on écoute tout ça ! On vient tous d’horizons différents et on écoute aussi bien du screamo que du death, du black, du stoner ou du punk… Du coup, j’imagine qu’on recrache tout ça inconsciemment dans notre musique. Les retours sur le disque sont plutôt bons, et cette impression de cohérence ressort pas mal. Ceci dit, nos nouveaux morceaux sonnent plus « sombre », plus « sale ». C’est un côté de la musique qu’on voulait déjà sur ce disque, mais qu’on met un peu plus en avant sur ces nouveaux morceaux. On hésite pas à aller vers des ambiances plus glauques qu’on pourrait rapprocher de trucs post-black.

Votre album est un très joli digipack avec un artwork soigné et classe. Êtes-vous de ceux qui pensent que le visuel est encore important dans ce monde du dématérialisé ?

Parfaitement, on porte toujours une attention particulière au visuel, et on aime aller à l’encontre des codes du genre. On aime que le visuel ne donne pas spécialement d’indices sur ce que peut-être notre musique. Là, tu pourrais te dire « Tiens, encore un truc de post-rock… »... Raté. On continue d’acheter des disques. On a tous des étagères remplies de vinyles. Donc oui, l’objet est important pour nous, mais également pour les gens qui écoutent ce genre de zik. On est tous un peu des fétichistes du bon vieux disque qui prend la poussière.

Sur votre bio vous citez The Ocean, Daughters, Botch comme influences. Qu’est-ce que vous écoutez d’autres au sein de Quietus ?

Vaste question... Pêle-mêle, je pourrais te citer Mutoid Man, Rolo Tomassi, Lo, Lysistrata, Coilguns, Gojira… La dernière grosse baffe, on l’a pris avec Jardin de la Croix, un truc math-rock instrumental complètement dingue. Mais mes bonnes vieilles playlist classic rock et punk-rock tournent régulièrement.

Quel est le programme pour le groupe dans les mois à venir ? Et comment aimerais-tu que le groupe évolue ?

Malheureusement, la période actuelle annihile pas mal les plans de dates et tournées. On crève tous le concert, mais c’est juste impossible de prévoir quoi que ce soit à l’heure actuelle. On va donc se concentrer sur la composition de nouveaux morceaux, et vraisemblablement sur l’enregistrement d’un EP en fin d’année. On a également un projet de clip en tête, mais il faut que tout ça prenne forme tranquillement.

Votre album a été produit par Sébastien Hahn au studio Sapristi, une excellente production et un très bon son. Comment s’est passé l’enregistrement ?

On connait Seb depuis pas mal de temps maintenant, on avait déjà bossé avec lui sur le dernier EP d’Ed Warner, et on avait été très satisfait du résultat. C’est donc naturellement qu’on s’est tourné vers lui pour ce disque. De plus, on aimait l’idée de faire bosser le studio du coin. Seb nous connait, il connait notre zik et vient lui aussi de la sphère métal. Il est donc assez simple de lui faire comprendre comment on veut sonner, il sait de quelles références on lui cause.

Comment avez-vous composer cet album ? Comment se passe la composition d’un nouveau morceau de manière générale au sein du groupe ?

De façon complètement chaotique comme tu peux l’imaginer. Plus sérieusement, la composition a toujours été un truc très démocratique au sein du groupe. On part souvent de l’idée d’untel ou d’untel, et on construit petit à petit le morceau tous ensemble. On ne garde que les riffs qui font l’unanimité, là où parfois on pouvait faire des concessions avant. Mais nos morceaux sont quoi qu’il arrive à géométrie variable. On peut tout à fait modifier totalement un passage, même plusieurs mois après que la structure finale du morceau ait été faite. Là par exemple, les nouveaux morceaux qui figureront sur le futur EP viennent de subir quelques modifs, malgré qu’on les ait déjà fait tourner en live. On trouve toujours un truc à améliorer.

Si vous aviez le choix, en première partie de quel groupe vous aimeriez jouer ?

Black Sabbath ! Bon ok, là il n'y a que moi qui aimerais. Je pense que chacun doit avoir son petit rêve secret, mais on aimerait réussir à intégrer des plateaux intéressants dans notre esthétique. Allez, je vais dire Converge, ça devrait convenir à tout le monde (et je suis un gros fan de Ben Koller alors…). Mais faire la première partie d’un groupe comme Lysistrata nous ferait aussi kiffer par exemple. On aime assez le principe des progs éclectiques, ça nous permet de surprendre des gens qui s’attendent pas du tout à nous.

Avec les événements que l’on connaît vous avez eu quantités de concerts de reportés ou annulés j’imagine, vous en avez d’autres de prévus à l’horizon ?

Bah on s’en est pas mal tiré, puisqu’on a terminé notre tournée vers le 6 mars je crois, le 15 on était confiné… On avait pas spécialement prévu d’autres plans tournées ensuite, mais on a raté quelques festis qu’on aurait aimé faire. Là concrètement, on est assez pessimiste sur la reprise des concerts, ça sent vraiment pas bon. On table pas sur du live avant le printemps prochain clairement. Après, si la situation se débloque avant ça, on sera les premiers sur le coup. Mais ça risque de créer un effet de bouchon, tous les groupes crèvent le concert et vont se ruer sur la moindre date, ce qui est normal. C’est assez flou pour le moment, c’est pour ça qu’on va se concentrer sur l’enregistrement à venir.

Pour finir, un petit mot pour les gens qui vous supportent et pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

On remercie évidemment tous les gens qui nous soutiennent, qui nous écoute, qui viennent nous voir en live, et qui soutiennent les lieux de concerts et la scène indé. Et ceux qui ne nous connaissent pas ont forcément raté quelque chose.

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