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Interview Christine, Mattjö, Mus
Aujourd’hui, on se retrouve dans Théra’Pit pour des confessions metal sur le divan à l'occasion de votre passage au Volcanic Fest. Je vous propose qu’on puisse débuter par un tour de table ?Mus : Moi c’est Mus, je fais les percussions. Mattjö : Il a créé le groupe avec moi. Et il est à l'origine du projet. Moi je suis Mattjö, je suis le chanteur et compositeur du groupe, celui qui gère un peu le truc. Christine : Christine, je suis la chanteuse. Mattjö : Qui participe à la composition, qui écrit des chansons. Ma première question, c'est un petit peu pour comprendre le concept. Pour vous, Hrafngrímr, c'est plutôt un projet musical ou un trouble collectif ?Mus : Les 2 Madame (rires). Christine : C'était un projet musical et c'est devenu un trouble collectif (rires). Mattjö : C'est parti d'un trouble individuel. Qui est passé par un trouble musical pour devenir un trouble. Christine : Non plutôt projet. Trouble individuel puis projet musical qui est devenu un trouble collectif. Mattjö : Excellente correction. Christine : Parce que c'est aliénant à mort. Mattjö : Au départ c'est né de mon éjection de Skald avec mon univers culturel et esthétique. Aujourd’hui c’est vraiment une aventure collective avec des inspirations communes collectives avec des choix communs. Ce n'est plus un projet perso c'est un projet de tous dans lequel on exprime nos fantaisies, nos excentricités, nos frustrations. Christine : Nos émotions, nos questionnements. Alors justement ça va dans le sens de ma prochaine question. Lequel de vos morceaux vous ressemble le plus psychologiquement peut-être individuellement ?Mus : Chaque titre a un peu son âme, un état d’esprit. Certains qui expriment un peu plus de la colère, parfois de la rage, d’autres qui expriment de l'amour, de la peur. Et lequel te ressemble le plus psychologiquement ?Mus : Les deux premiers, surtout le deuxième. C’est le plus rentre dedans. Mattjö : C’est le plus primitif. Mus : Mais parce qu'on l'a composé dans cet état d'esprit. C’est-à-dire que le concept… on avait dit qu'on dirait jamais ça en interview… Mattjö : Le concept… je le dis ou je le dis pas ? En fait, c'était un pied de nez aux gens qui, après avoir vu la série Vikings, se sont imaginés qu'être vikings, c’est encore dans ce masculinisme et cette virilité qui n'ont pas peur de la mort, donc un fanatisme face à la beauté de la vie, parce que la vie, c'est précieux. En tout temps ça l’a été, il faut arrêter de penser que les mecs sont prêts à mourir pour Odin, c'est de la connerie. Donc les paroles de Allt Til Valhallar Dura c’était pour avoir ton prix précieux de fanatique, il faut tuer, il faut violer, il faut brûler, donc elle est un peu primitive cette chanson. C'est un mantra de vocabulaire hyper guerrier extrêmement violent pour dire en fait les mecs réveillez vous. Mus : Si on avait fait en français la chanson elle aurait été interdite (rires). Mattjö : Le Valhalla pour moi c'est un instrument de propagande. Déjà à l'époque. Mus : C'est comme le principe de paradis, comme les vierges, c’est comme ça dans toutes les cultures. Mattjö : Ce qu'on essaie de faire avec notre musique actuellement, c’est qu’on a créé des personnages pour pouvoir justifier nos propos. On a un propos de contemporains, même si on parle avec une vieille langue parce que c'était le fil conducteur du début du projet. Mais chanter des textes d’il y a 1000 ans, ça n'a pas de sens. En réalité, c'est très difficile de choisir une chanson qui me ressemble le plus. J'aime beaucoup Yfir Tárin, c'est une chanson qu'on avait écrite avec Mus il y a 10 ans c'était une ballade metal à la base. Et ça s'appelait Derrière les larmes, on faisait déjà l'état de la désolation dans le monde. Les guerres inutiles, les civils qui en prennent plein la gueule pour des considérations géopolitiques dégueulasses, enfin tu vois, il y a jamais de vraies raisons de faire la guerre. Quand on a autant d'histoire et d'archéologie, on sait que ça sert à rien. Mais si on le fait c'est pour d'autres raisons qui sont dégueulasses et les victimes ce ne sont pas les gars qui les causent. C'était une chanson qui avait été envisagée pour Arkan qui n'a pas été retenue. La chanson nous faisait tellement vibrer et en plus comme c'est le parrain de ma fille et qu’on était colocs à Paris cette chanson était très importante pour nous et on a voulu la garder. Et je pense qu'elle me ressemble dans cette naïve émotion où j'aimerais que certaines choses n'existent plus. Christine : Il y en a plusieurs qui me ressemblent, ça dépend de la sonorité et de ce qu'elles émettent comme émotion, mais globalement on va dire que ce serait Níu Bylgjur, Yfir Tárin et Skuggar. Et je garderai finalement Skuggar parce qu’elle est ombre et lumière. Elle est comme les gens, comme tout le monde en fait, on est ombre et on est lumière. Skuggar d’ailleurs ça veut dire les ombres. Ce qui était important dans cette chanson, c'est de montrer que même cette ombre qui nous colle au pied, elle est quand même la lumière du chemin de notre vie. Mus : Tu pourras noter si ça t'intéresse sur le plan psychologique qu’aucun de nous deux n’a cité une chanson qu’il a composée. A chaque fois sa préférée, c’est celle des autres. C'est marrant. Au final ? J'ai l'impression que les artistes ont quand même tendance à détester ce qu’ils font. Mattjö : Nous, on ne se rend même pas compte de ce qu'on dégage, de la notoriété qu'on pourrait avoir si tant est qu'il y en est une, mais on voit bien dans les festivals on joue souvent tard et on est bien traités. On a tellement le nez dedans et on a une telle humilité et une démarche tellement sincère et profonde. Il y a une humilité qui est vraie aussi dans notre processus créatif. C'est pour ça qu'on se consulte beaucoup et des fois quand on commence à libérer la confiance entre nous, je peux t'assurer que le processus créatif c'est des gamins qui sont en train de délirer complètement et à la fin ça se libère. Mais parce qu’on se donne confiance les uns les autres et on se galvanise les uns les autres dans la solidarité et la complicité. Quels sujets vous abordez facilement en musique mais plus difficilement dans la vie de tous les jours?Mattjö : Je crois que pour ma part c’est kif kif. En musique j'aborde tous les sujets. Mus : Pas de sujet tabou. Après on a de la chance, on a pas de label, on a pas de pression, pas de producteur. Mattjö : Surtout on est tous quelque part de notre histoire personnelle et de notre histoire artistique très rebelles et militants quelque part. C'est ça qui nous avait manqué à un moment donné dans Hrafngrímr et qu'il a fallu remettre dedans c'est notre identité. On ouvre notre bouche et tant pis. De toute façon ce qu'on va perdre quoi, on produit tout de même. Qu'est-ce qu'on risque ? Donc c'est aussi ça cette liberté, on travaille énormément parce qu'on fait tout nous-mêmes tout l'administratif, toute la gestion mais on est libre. On fait attention à comment on le dit par contre, parce qu'il est excessivement important de veiller à la temporalité, la sensibilité et la disponibilité de chacun. Moi, j'ai des maladresses parfois là-dedans, parce que je suis très passionné. Christine est plus subtile, plus raisonnable. Et d'ailleurs, il y a des sujets qui nous tiennent à cœur, qu’ils soient personnels ou sociétaux et on en parle. Les inégalités, les injustices, les violences faites aux femmes, aux enfants, les guerres inutiles, les faux prétextes pour faire des guerres pour tuer des gens pour faire du fric. C'est des réalités, ça n’est pas du complotisme. Ce sont des systèmes qui sont analysés depuis l'Antiquité et on sait pourquoi les gars font la guerre. Je suis un anti-esbrouffe, un anti-imposteur que ce soit dans la musique ou autres et qu'on vienne de me faire c**** et me dire tu joueras jamais dans ma salle, je m'en fous. Voilà. Le message sera passéMattjö : Il y a une vraie passion et c'est ce qu'on voulait chanter. On a besoin des réseaux sociaux pour l'expliquer parce qu'on chante en vieux Norois. On sait qu’on arrive à l'exprimer avec des émotions profondes quand on vient nous voir après un concert et que les gens ne comprennent pas les paroles et viennent en larmes et disent qu’on les a touchés. Et là, le taf d'artiste est fait. Christine : La symbolique a été transmise de toute manière même s'ils ne comprennent pas, après on peut l'expliquer. Mattjö : C’est là le but ultime de la musique et des vibrations des instruments et de nos voix. C'est l'émotion. Partager. Christine : Qu’elle soit violente, nostalgique ou mélancolique. Qu'elle soit envahie de tristesse, de plénitude ou de joie. L'émotion dans la musique c'est primordiale. Et quand vous composez sans filtre qu’elle est l'émotion qui revient peut être le plus fréquemment ?Mattjö : Ça dépend, on a différentes façons de composer. Christine elle va être tout de suite sur la mélodie vocale, tu me corriges ? Christine : C’est parce qu'on avait commencé des titres comme ça, sur des mélodies de voix. Mais globalement quand je compose, je commence par la percu. Mais pour moi ce qui est primordial c'est la mélodie. La mélodie qui va se passer dans le chant parce que si la mélodie reste à l'esprit, reste en tête, un truc qui va te coller à la godasse toute la journée tu dis « Ah ça c'est un bon truc » ! Mattjö : Je commence toujours avec le groove, la percu, j'écris comme quand j'avais des groupes de metal. Dans ma tête, y avait une idée de riff ou de mélodie mais ça va être la percu qui va me donner le groove. Mais des fois, on est en apéro, on se fait une jam tous les 2 et on regarde le lendemain en se disant que c'est pas mal finalement. Il y a aussi la spontanéité. Mus : Un an plus tard on avait retrouvé une chanson qu'ils avaient composée une fois en soirée entre eux deux. Mattjö : La spontanéité c'est primordial chez nous parce qu’on se dit qu'on n'est pas conditionné par quoi que ce soit. Des fois naïvement je peux me dire que ça vient du fond de l'âme, il y a peut-être une essence intéressante. Christine : Je suis très attachée aux sons qu'on utilise mais surtout aux nouveaux sons, pas aux sons anciens. Moi je n’ai pas un bagage historique de reconstitution, moi je viens au tout début du rock alternatif, du punk, rock électro, un peu industriel. Les sons acides, qui m'interpellent et on en a on a commencé à en mettre un petit peu plus. Je trouve que nous, en tant que Hrafngrímr, et au regard des personnalités de chacun, il serait intéressant, pour donner un peu de peps et du pétillant parce qu'on est tous comme ça, de donner du son nouveau et plus contemporain mélangé avec des instruments évidemment anciens. Mattjö : On veut une vraie liberté. On n'est pas attaché à quoi que ce soit, on peut essayer de perdre une partie du public en gagner une autre, peu importe. En fait, c'est nous, à nu, en toute sincérité. Christine : On veut se faire plaisir en fait et ne pas se donner de limite à se dire « ah oui mais si on fait ça les gens, ça ne va pas leur plaire » Si tu ne prends pas toi de plaisir dans la composition tu peux difficilement transmettre des émotions.Christine : On part de la base que les gens qui écoutent de la musique sont des gens intelligents et que si nous on se fait plaisir et on va transmettre ce plaisir. Donc de toutes manières les gens seront contents. Même si on part dans des approches un peu loin ou pas, on verra bien. En vue du concert de tout à l'heure, quel est le mood d’aujourd’hui entre le folk-acoustique et le brutal Death Metal ?Mattjö : On va être au milieu. Je pense qu’on a une musicalité un peu folk mais l'attitude sur scène est très rock metal. L’énergie aussi avec les voix growlées, sa voix singulière [en parlant de Christine] qui n'est pas du tout dans les voies trads. Christine : J’ai une voix plus grave. Mattjö : On est contents car on arrive à avoir un projet original mais on reste dans nos racines de metalleux et de rock. Mus : On avait tous des groupes de death metal au départ. Death metal oriental, et toi c’était ? Mattjö : Moi c'était de l'extrême prog, d’après la presse. Mais ouais en fait on est dans notre famille de metalleux, tout en apportant quelque-chose d'un peu différent. Donc je pense que l'énergie exacte et précise on la saura la première fois qu'on mettra un coup de tambour. On ne peut pas te dire que tout de suite. Christine : Ce qui est sûr, c'est qu'on est excités ! Mus : Ah ouais ça c'est clair. Moi, j'ai envie de taper comme un gros porc (rires) ! Oui et je discutais avec Arnaud [Arnaud « Hindrik » Stefanakis, quatrième membre du groupe] qui me disait qu’au final vous ne faites pas beaucoup de dates, mais vous les choisissez.Mus : Oui mais malheureusement, on a un travail en parallèle. Mattjö : Ce n’est pas que ça, l’objectif est de faire entre 15 et 20 dates par an dans des bonnes conditions pour nous et pour le public. Et puis aussi que chaque concert soit unique parce que pour l'avoir fait avant avec d'autres formations, quand tout ton concert est millimétré, que chaque intervention est la même à chaque concert tu n’es plus dans l'incarnation ou dans le vécu de ton concert, mais t’es dans l'interprétation froide. Et c'est de l’esbroufe. Mus : D’ailleurs, on va jouer un titre qu'on n'a jamais joué de notre vie. On a fait ça pour ce festival et il va s'appeler Volcanic en vieux Norois. Christine : Il n’existe même pas sur les plateformes. Mattjö : Il faut que ce soit vivant et une expérience unique parce que moi j'aime pas quand je vais à un concert que ça soit comme sur le CD. Ca doit être vivant, on est là pour vivre avec l'autre, c'est une communion un concert, un échange, une vibration commune. C’est comme ça que nous on veut le faire. Et vous avez une technique de régulation émotionnelle avant de monter sur scène ?Christine : Je ne supporte pas qu’on me touche avant le concert, je supporte pas les gens excités autour de moi. En fait, à un moment donné avant le concert je suis focus, je ne vois plus personne. Alors je peux paraître un peu acariâtre, un peu aigrie, un peu pas sympa mais en fait c'est je ne suis plus là. Et après je commence à me maquiller, à me costumer. Et là, c'est fini. Et Mattjö ça le déstabilise toujours parce qu’on est amoureux. Donc à ce moment-là, je lui dis « c’est bon tu ne me fais plus de bisous, tu ne me touches plus, tu me parles plus » (rires). Et puis je bois beaucoup d'eau, je m’hydrate et je me prépare psychologiquement. Mattjö : Elle me rejette (rires), donc du coup dans le déni je vais embêter les autres (rires). Non, je vais vérifier que tout le monde est à l'aise, je vérifie que tout le monde se sente bien. En général, j'espère avoir quand même une ou deux minutes avant pour qu'on puisse redescendre, se conditionner un peu quand même pour être à fond dedans. Parce que des fois quand tu cours partout et que tout de suite il faut que tu montes sur scène, t'es pas encore dedans, il faut deux ou trois chansons. On a quand même besoin d'un peu de temps. En général on a un kit qui nous permet de nous installer très rapidement et de pallier à tout imprévue. On est là, on s'encourage. On n'est pas à se faire des cercles, des machins, des trucs. Mus : On l’a déjà fait, mais en tout cas on essaie d'être bienveillants les uns envers les autres, on arrête de se taquiner puisqu'on est des copains depuis très, très longtemps, t’imagines des blagues parfois ça peut être lourd, mais on se connait tellement. Mattjö : On se laisse tranquille. Moi j'ai le trac de toute manière, donc je fuis. Est-ce qu'il y a un fantasme de collaboration ?Mattjö : J'adorerais faire un titre avec Max Cavalera. Je suis un fan ultime de Sepultura et de Soulfly. Je pense que Sepultura m'a conduit à faire ce que je fais aujourd'hui. Max Cavalera dans son texte et dans son être m'a beaucoup influencé positivement. Ça serait un de mes rêves en ce qui me concerne, mais il y a tellement d’artistes géniaux, et pas forcément dans les milieux pagan ou metal. Mus : L'intérêt je pense qu'il est là justement d'aller chercher des collaborations en dehors du style qu’on fait, ça pourrait venir enrichir la musique. Mattjö : [A Christine] Un petit duo avec Bjork ? Christine : Je rêverais de chanter avec Bjork, je rêverais de faire un duo avec Mike Patton. C'est mon Dieu sur terre. Et je rêverais de faire un duo avec Kim Dracula. En ce moment Ecca Vandal c'est ma pure pépite que j'adore. Mattjö : Et notre style nous le permettrait, il est vraiment malléable. Est-ce que vous avez l'impression de monter sur scène pour exorciser quelque chose ou pour partager ?Mus : Bien sûr, t'imagines tu bosses dans des domaines différents, rien à voir avec la musique. Ça te fait chier quoi. Alors que là t'es là, tu joues sur scène tu craches 120 dB dans la gueule des gens qui sont super sympas. Bien sur que c’est un exutoire, j’ai envie de tout lâcher. Christine : Je ne dirais pas que ça. Parce qu'il y a des morceaux exutoires. Globalement ce que j'aime c'est l'état dans lequel on est quand on est sur scène. Ça procure un état que je n'ai jamais connu ailleurs. On se laisse tellement envahir par la musique et du coup en tout cas-moi je le vois comme un cercle c'est-à-dire que je suis envahie. Et je chante et je propose cet état aux gens. Et HOP les gens me renvoient et en fait, c'est un cercle. Ça provoque un partage. On se donne à fond et c'est pour ça qu'à la fin des concerts, j'ai l'impression d'avoir tout donné, de m'être dégonflée totalement. Mattjö : Sur scène, j'ai l'impression que c'est là où je donne la meilleure version de moi-même, la plus honnête, la plus pure peut-être pas la plus belle. Christine : Quand on chante, on se met à nu totalement, on ne peut pas se cacher. C'est un cri de l'intérieur, il n'y a pas de filtre il y a rien, c'est nous. Même si on a des costumes. Et les gens arrivent à le capter en général. Quel est votre souvenir le plus fou de compos ou sur scène ?Mus : Allt Til Valhallar Dura. Mattjö : On a eu un fou rire, j'en ai pleuré. On en a pleuré, c'était un peu salvateur de casser un peu le mythe mascu du viking. Et on s'est fait des blagues en interne qui nous ont fait mourir de rire. Ça nous a galvanisés, ça nous a motivés et on a bossé sur le titre toute la nuit. Il est sorti presque comme sur l’album. Il y a une sorte de brutalité presque primitive et en même temps une autocritique du fantasme d’heroic fantaisy du bonhomme qu'on connaît comme les Conan et c'était presque thérapeutique. Mus : Pour toi Christine c’était au Motocultor ? Juste après on est allés signer des autographes. Christine : Oui,il y a une jeune fille en fait qui s'est effondrée, qui a commencé à pleurer. Je l’ai pris dans mes bras, je lui ai dis « je suis là, ne pleure pas », et elle me répond en pleurs « c'était tellement émouvant ». Donc c'était très émouvant et du coup j'étais déstabilisé. Et on l'a revue le lendemain. Est-ce qu'il y a une question qu'on ne vous a jamais posée et à laquelle vous aimeriez répondre ?Mus : Quelle est la différence entre une fenêtre à double battant et une porte-fenêtre ? J'adore j'ai toujours des trucs un peu barré comme ça.Mattjö : Est-ce que je suis heureux dans Hrafngrímr ? Et oui je suis très épanoui. Christine : J’ai beaucoup de chance d'être une femme dans un groupe d'hommes, bienveillants et déconstruits. Parce que ça fait 34 ans que je fais de la musique et c'est pas simple. On en parlait encore avec la chanteuse Eihwar, il n’y a pas assez de femmes régulièrement dans les fests. Que ce soit pour les techniciens ou autre, rien n'est pensé pour, quand on a nos règles, les loges. En fait, moi, je dois me déshabiller et je dois me costumer avec tous les garçons quoi. Et quand on dit « Excusez-moi de vous embêter je me mets où pour me préparer » et bien on fait sa diva mais non en fait, j'ai juste pas envie de me foutre à poil devant mes collègues. Mus : C’est arrivé une fois, les loges n’étaient pas fermées et on s’est fait traiter de diva. Mattjö : Maintenant on ramène nos paravents nous-mêmes comme ça c’est réglé. Toute la question de la condition de la femme dans la musique.Christine : Comment en tant que femme on fait pour se faire entendre ? Malheureusement, parfois on passe pour une conne mais je trouve que c'est super important de défendre ces droits. Comme je défendrai les droits d'un de mes collègues homme s’il a besoin de trucs spécifiques en fonction de son sexe. Mattjö : Ouais il faut le déconstruire, pourquoi est-ce que nous c'est pas un problème d'être à moitié à poils devant tout le monde, c'est mon corps aussi. Interview psycho (rires) Ah, je vous avais prévenu (rires). Est-ce que vous allez mieux que le début de l'interview ?Mus : Tu vas pas nous envoyer une facture à la fin ? (rires) Merci pour cette interview et votre temps et bon concert ce soir.
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