Koritni

Interview date

17 Juin 2012

Interviewer

Didier

I N T E R V I E W

Interview Lex et Eddy (face à face)


Salut et merci de nous accorder un peu de temps, nous sommes le webzine AuxPortesDuMetal. Alors ce Hellfest, est-ce votre première participation ?

Lex : On était là en 2009.

Combien de temps restez–vous à Clisson ? Etes-vous venus en famille ou juste avec le groupe ?

Lex : On est venu en famille puisque, en quelque sorte, notre famille c'est le groupe. Quand on est en tournée on opère comme une cellule familiale. Et une cellule familiale pas très au point, car on se dispute, on parlemente, on râle. Certains d'entre nous sont des vrais gosses, ils se font dessus et pissent au lit [rires]. On est arrivé ici le premier jour, vers 16 heures, on a vu quelques bons concerts et on reste jusqu'à lundi.

Comment s'est passé votre set ? Son ? Ambiance?

Lex : Le son je n'en ai pas la moindre idée. Car, sur une grosse scène comme celle-là, il est toujours horrible. Tu n'entends pas vraiment ce qui se passe. Quand je suis sorti de scène j'ai demandé à Eddy: tu as bien joué ? Il a dit oui, bon alors cool, je crois que moi j'ai bien chanté, mais il ne m'entendait pas et je ne l'entendais pas. Alors on a demandé aux autres, s'ils avaient fait un bon show et ils ont répondu aussi oui, donc on pense que le son était bon [rires]. Mais on n'est pas sûr, mais ceci dit, on a les enregistrements, donc on écoutera tout ça plus tard et on verra. L'ambiance est géniale, on est déjà venu et on était bien content que le soleil soit sorti, juste quand on a commencé.

Que pensez–vous de votre horaire de passage ? Et du temps dont vous avez disposé ? N'était-ce pas un peu court ?

Eddy : C'est carrément mieux que ce qui était prévu à l'origine, c'est à dire, vers midi, je crois. Je ne suis pas sûr, mais apparemment Steel Panther avait joué assez tôt donc ça les arrangeait de partir plus tôt et donc c'était super, on est passé plus tard, avec le beau temps, plus de monde et on a eu le temps de se réveiller tranquille aussi, pour se remettre de la veille, c'était parfait quoi.

Avez-vous eu le trac avant votre set ? Si oui, comment l’avez-vous géré ?

Eddy : Non plus trop en fait. On a tellement l'habitude de faire ça. Pour nous il n'y a pas de petit ou de gros concert, on se donne à fond sur n'importe quelle date. C'est sûr, qu'au Hellfest, il y a plus de monde, mais pour nous le boulot est le même. Si on ne se donne pas à fond pour chaque date ça ne sert à rien. Tu peux avoir un peu plus d'appréhension à cause des problèmes techniques, mais on a eu de la chance, tout s'est super bien passé, on s'est donné à fond et c'était super cool.

Pour ce genre de festival préparez-vous une setlist particulière ?

Lex : Oui, on est obligé. Normalement on joue entre une heure et demi et deux heures. Donc avec un créneau de quarante-cinq minutes on est obligé de changer la setlist. Je pense qu'on a trouvé le bon mix.

C'est un public différent d'un concert normal. Il ne vous connait pas forcément.

Lex : Oui, mais je pense que pour ce genre de musique, ça n'a pas d'importance qui tu es. On joue du Rock 'n' Roll, ça fait taper du pied. Tout le monde a des pieds, et tout le monde peut les taper. Je pense qu'ils apprécient ce que nous faisons, qu'ils soient fans de Pantera ou de death metal. On a fini avec un blues, on a pensé que ça serait marrant.

Comment trouvez-vous l'organisation du Hellfest ?

Eddy : C'est super ! On en parlait hier, c'est de la folie, je ne sais pas comment ils font à organiser tout ça, de cette manière là, il y a tellement de choses auxquelles penser. Ca s'était déjà bien passé il y a trois ans, et là pareil, c'est vraiment excellent.

Mission accomplie aujourd'hui, alors ? Et si vous pouviez changer quelque chose à votre prestation, que feriez-vous différemment ?

Eddy : Ah ouais, à voir les réactions du public, on a réussi à capter l'attention. On est content de ce qu'on a fait, pourtant on est plutôt perfectionnistes. Il y a toujours des trucs à revoir: les problèmes de son, et puis comme on bouge beaucoup, il y a quelques imperfections au niveau du jeu, mais ça fait partie du truc, c'est avant tout un show, et à ce niveau là, je pense qu'on a particulièrement bien assuré aujourd'hui. On a que des bons retours. On a envie de refaire ça bientôt [rires].

Sinon, vous préférez un créneau court dans un gros festival comme ça ou un petit concert en tête d'affiche ?

Eddy : C'est pas pareil, mais dans un festival, on peut aussi profiter du festival. On bosse pas trop [rires], on est bien accueillis, bien nourris...

Avez-vous d’autres concerts prévus en France, pour cette année ?

Lex : Oui on a encore une date dans cette tournée, où on joue en première partie de Beth Hart à Paris, à la Cigale. On y fait un set acoustique. Elle est vraiment géniale cette fille. C'est super cool de pouvoir jouer comme ça et de passer de Hellfest avec ces hordes de furieux death metalleux, à un concert de blues avec Beth Hart. C'est énorme et musicalement on peut assurer les deux.

Pourquoi, à votre avis, si peu d'artistes tournent en France quand on voit qu'un festival comme le Hellfest arrive à mobiliser de telles foules ?

Lex : c'est pas vrai, vous en avez, des concerts ! Allez vivre en Australie pour voir combien de groupes tournent là bas: aucun ! A part les gros comme AC/DC, Iron Maiden, car ça coûte une fortune d'aller là bas pour une si petite population, tu ne peux pas rentabiliser une tournée. Scorpions n'a jamais joué en Australie. Donc ne vous plaignez pas, en France !

Vous avez rencontré des artistes dont vous êtes fans ? Si oui, qui ?

Eddy : On en a croisé. On a vu pas mal de monde comme ça mais on essaye de pas trop les emmerder non plus, il y a tellement de monde autour d'eux. Déjà de les voir c'est bien, après si on a l'occasion de taper la discute, c'est cool, mais déjà de jouer sur la même scène, c'est extraordinaire.

Vous avez rencontré des artistes que vous vouliez éviter de rencontrer ? Si oui, qui ?

Non.

Vous allez suivre un concert pendant que vous êtes ici ?

Eddy : On a déjà profité hier. Là, maintenant qu'on a fini, on va se mettre en mode festivalier. On va boire des coups au soleil, profiter de la zic et voilà. On va revoir les Guns qu'on a déjà vu il y a quelques semaines à Paris.

Vous avez goûté le Muscadet ?

Lex : J'avais déjà goûté, oui.

Quel sera votre meilleur souvenir de votre passage au Hellfest 2012 ?

Lex : Tout ! Je suis content qu'il ne pleuve pas.

Et le plus mauvais ?

Lex : Rien !

Vous voulez revenir l'année prochaine ?

Lex : oui bien sûr !

Un petit message pour les gens qui veulent interdire le festival parce ce que c'est un festival sataniste ?

Lex : Je trouve que c'est marrant, que ça fait de la pub au festival, les gens en parle dans la presse. C'est une super pub, les fans sont en colère et soutiennent encore plus le festival. Au bout du compte, ces gens ne sont qu'une bande de cathos hystériques dont tout le monde se fout. Regarde ce que le festival est devenu. Je crois que les histoires avaient éclatées l'année où nous étions déjà là, en 2009 je crois, et depuis cette époque, le festival est devenu énorme. Donc, je pense que ça a été une bonne chose [rires].

Un petit message pour ceux qui téléchargent illégalement vos albums ?

Eddy : Ecoute, il faut que les gens comprennent qu'on ne fait pas ça pour l'argent car nous, on bosse tous à côté. On fait ça par amour de la musique et pour être sur scène et partager ça. Mais c'est difficile aujourd'hui de rentrer dans ses frais pour sortir un album. Donc si les gens aiment cette musique, il faut qu'ils la soutiennent. Sinon on va disparaitre, c'est aussi simple que ça. Parce que les gens qui nous voient sur des grosses scènes aujourd'hui pensent qu'on a des millions en banque, mais ce n'est pas vrai. On gagne pas grand chose sur ces dates. On vient pour partager, faire plaisir aux gens, et on est bien récompensés avec ça.

Un dernier petit message pour nos lecteurs ?

Lex : Si tu ne connais pas Koritni, va acheter un album, et une bouteille de Jack Daniel's ou un pack de bières, mets-le dans ton lecteur et fait toi plaisir avec une bière fraiche à la main. N'oublie pas d'appeler tes potes, c'est encore mieux en partageant.

Eddy : Pareil c'est un truc à partager entre potes, pas de prise de tête, c'est accessible si on aime tous les genres de musique, ça reste bien rock, assez heavy, c'est à découvrir et à découvrir sur scène.


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