Black Label Society

Date

25/02/2011

Lieu

Paris - La Cigale

Chroniqueur

Blaster of Muppets

L I V E R E P O R T

Zakk Wylde et son groupe Black Label Society se font plutôt rares par chez nous, c'est un fait. Alors que les Américains entament la treizième année de leur prolifique carrière (huit albums studio, un album live, quelques DVD, et je ne compte pas les compilations...), ils ne viennent nous rendre visite que pour la deuxième fois. Si l'on veut bien prendre en compte que l'album Order Of The Black est probablement l'un des disques les plus réussis du groupe, et que ces messieurs nous font le plaisir de passer dans la belle salle parisienne de La Cigale, on se dit qu'il serait vraiment malvenu de bouder un tel événement. Les fans ne s'y sont d'ailleurs pas trompés puisque le concert est complet depuis quelques mois déjà...

Parlons-en des fans. En cette journée du 25 février, ils sont en grande forme. Très tôt dans l'après-midi, beaucoup s'amassent devant l'entrée de la salle de concert, et une bonne demi-heure avant que la première partie n'investisse la scène, ils lancent déjà quelques petits pogos, comme ça, pour passer le temps. Impressionnant... et dire la soirée n'a même pas encore débuté ! Cela promet. On sent l'excitation et l'agitation dans l'air, le doute n'est pas permis: ce soir, l'ambiance va être très chaude.

C'est aux Anglais de Godsized d'ouvrir les hostilités et force est de constater qu'il les ouvrent bien comme il faut ! Nos amis British n'ont pas fait le déplacement pour rien tant l'accueil du public est chaleureux. C'est bien simple, l'ambiance dans la salle est conforme à celle que l'on pourrait attendre d'un show donné par une tête d'affiche. Et pour cause, le quatuor propose un set bien emmené et réjouissant, heavy, et servi par de grosses guitares comme on les aime. Très vite, il apparaît clairement que le choix de Godsized comme apéritif avant Black Label Society est tout sauf une erreur de casting. La musique proposée par nos voisins d'outre-Manche est en effet très proche de celle de la bande à Zakk Wylde.

Au menu: deux guitaristes, qui se chargent tous deux des rythmiques et des soli (l'un des deux s'occupe aussi du chant) secondés par une section rythmique bien solide, du gros riff, de la barbe et des casquettes. Les morceaux sont accrocheurs, l'ensemble sent bon le gros stoner rock et groovy gonflé au heavy metal, et il est extrêmement facile de se laisser embarquer par la prestation de Godsized. Le temps passe vite lors de ce set parfaitement rodé, et des titres comme Walking Away, Bleed on the Inside, Brother In Arms ou The Last Goodbye (dédiée à Gary Moore qui vient de nous quitter) ont vite fait de convaincre un auditoire ravi. Les musiciens ne devaient être trop mécontents non plus si l'on en juge par leurs mines réjouies au moment de quitter la scène, ainsi que par le joli saut dans le public effectué par le batteur au moment des aux revoirs. Je n'avais jamais entendu parler de Godsized avant ce concert, mais il est évident que je vais suivre leur évolution de très près... il n'est vraiment pas si courant d'être à ce point emballé par un groupe de première partie inconnu. Je regrette même de ne pas être allé me procurer un disque au stand merchandising...


La soirée a donc commencé de la meilleure des manières avec une belle surprise, mais que va-t-il en être de la suite ? Zakk et ses acolytes vont-ils réussir à ne pas décevoir un public surexcité ?
Au bout d'une attente qui paru interminable à certains fans impatients (il faut dire que beaucoup parmi les plus jeunes ont attendu de nombreuses années pour enfin voir le guitar hero sur scène... pour la première fois de leur vie), le groupe débarque enfin sur la scène de La Cigale et là, c'est l'explosion à tous les niveaux. La température monte d'un cran, le public éructe, les guitares de Zakk Wylde et Nick Catanese crachent le riff de The Beginning... At Last (fabuleuse idée que d'avoir déterré cette compo et de nous la servir en ouverture)... Bref, c'est le bonheur !

    

Sans prendre le temps de souffler après cette entrée en matière des plus réussies, les Américains enchaînent avec l'excellente Crazy Horse (extraite du dernier album) et c'est avec un sourire béat que l'on regarde s'agiter cette bête qu'est Zakk Wylde. Les autres musiciens savent s'affairer comme il faut de leur côté. Alors que Nick "Evil Twin" Catanese, le compagnon de toujours, est relativement discret en termes de jeu de scène, J.D. DeServio (à la basse) s'éclate, arpente la scène tel un sauvage échappé de l'asile (ça n'est pas une critique, ni une moquerie) et fait virevolter son instrument avec énergie. A la batterie, c'est le baptême du feu de Johnny Kelly (oui oui, le batteur de Type O Negative) qui est venu remplacer au pied levé Will Hunt parti enregistrer le nouvel album d'Evanescence... ah oui, ils existent encore eux ? Vraisemblablement.

Les titres s'enchaînent sans temps mort et parcourent la discographie du groupe en privilégiant des albums tels que Mafia ou le tout dernier Order Of The Black (à eux deux, ils représentèrent plus de la moitié du setlist de la soirée) au détriment de vieux classiques comme Stronger Than Death ou 1919 Eternal, jetés aux oubliettes. Cependant, on n'a pas trop envie de se plaindre tant les titres joués ce soir sont excellents et constituent un set bien équilibré. On se régale à l'écoute des écrasants Overlord et Fire It Up, alors que les terrassants et plus enlevés Funeral Bell ou Parade Of The Dead s'avèrent particulièrement jouissifs dans leurs versions live.

Le son est globalement bon même s'il manque un peu de clarté... remarquez, on s'en fiche pas mal, on n'est pas venu écouter de la musique classique ! Le chant de Zakk est un peu en retrait et ne semble pas surpuissant... paraît-il que le bonhomme était malade. Bon, là aussi, c'est perfectible, mais ça passe. La force de l'ensemble fait qu'on n'a pas le coeur a s'attarder sur quelques imperfections. En gros, on est quand même en train de se manger une bonne grosse claque !

                                                                

On notera la présence de la ballade In This River, jouée ce soir dans une version totalement différente de celle que nous avons eu à l'Elysée Montmartre en 2005 (et disponible sur le DVD filmé de soir-là). En effet, le piano présent sur la version studio de ce morceau est, pour une fois, sur scène et Zakk lache donc sa guitare le temps de nous faire une petite démonstration de ses talents (réels) de pianiste.

Puisque nous en sommes aux comparaisons avec le concert donné par BLS il y a presque six ans de cela, je dirais que le show de ce soir est globalement meilleur. Je sais que certains ont râlé au sortir de la salle parce que les Américains n'ont joué qu'une heure et une vingtaine de minutes, et que nous n'avons pas eu le droit à un rappel, mais il n'empêche... Déjà, le groupe brode ou délaye bien moins que la dernière fois. Et oui, parce que certaines personnes semblent oublier que le concert donné en 2005, bien que plus long (d'une demi-heure environ), ne fut absolument pas plus riche (un long solo inutile en guise d'intro, de longues pauses entre les chansons... et au final quasiment le même nombre de titres joués). Le concert de La Cigale est plus à mon goût car le setlist me plait davantage (question de goûts), et également parce qu'il est plus direct et carré et ne s'embarrasse pas du superflu... enfin presque. Oui, c'était presque le sans faute si monsieur Wylde ne s'était pas senti obligé de nous servir un (trop) long solo de guitare ultra poussif/répétitif/démonstratif, globalement stérile, sans feeling et sans intérêt. De la part d'un tel guitariste, un solo aussi pauvre que celui-là laisse perplexe...

Heureusement que la suite du show releva le niveau de belle manière avec de petits brûlots comme Godspeed Hellbound (excellente), la grosse surprise The Blessed Hellride ou une Stillborn dantesque en guise de final.
Le passage de Black Label Society par notre belle capitale était un événement à ne pas louper, malgré quelques petits défauts ou menues décéptions. L'ambiance fut explosive tout du long, le groupe bien en place, le light-show impeccable... Bref, il ne nous reste plus qu'à espérer qu'il ne nous faudra pas encore attendre six ans avant de revoir le groupe sur une scène française. Bonne nouvelle, BLS est au Hellfest. A ce propos, si vous les avez manqués ce coup-ci, je vous suggère d'aller vous prendre votre petite claque en juin prochain. Vous verrez, ça fait du bien.  

                                         



Setlist Black Label Society
:

1. The Beginning... At Last
2. Crazy Horse
3. What's In You
4. The Rose Petalled Garden
5. Funeral Bell
6. Overlord
7. Parade Of The Dead
8. In This River
9. Fire It Up
10. Guitar Solo
11. Godspeed Hellbound
12. The Blessed Hellride
13. Suicide Messiah
14. Concrete Jungle
15. Stillborn
 

                                                                

 

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