Retour dans la poisse du côté de Nashville pour retrouver All Them Witches. On les avait laissés avec une grosse presta remarquée au Hellfest 2024, on les retrouve avec un nouvel album, le premier depuis Nothing As The Ideal. Ce dernier date de 2020, autre époque, autres problématiques pour un monde qui semble devenu fada en ce XXIème siècle. Cette longue attente s’explique probablement par le départ de Robby Staebler, historique batteur et chanteur du gang du Tennessee. Rappelons tout de même que ce dernier est à l’origine du groupe, lui qui un jour de début janvier 2012 avait abandonné Portland pour tenter de remettre de l’ordre dans sa vie. Vivant alors dans sa voiture dans l’Oregon, ruiné, il reconstruisit sa vie et put lancer All Them Witches avec succès après avoir recruté Ben McLeod à la guitare.
Sauf qu’en avril 2024, ce bon vieux Bobby a quitté le crew pour se lancer dans d’autres projets laissant ainsi Ben McLeod seul aux commandes. C’est Christian Powers qui a pris le relais. Nouvel album et il est intéressant de voir quels sont les impacts en studio suite à cette réorganisation, toute sauf neutre. Le groupe a pensé jeter l’éponge, les musiciens le reconnaissent mais ont su se remobiliser. Et c’est en moins d’une semaine que fut enregistré ce disque, au célèbre Blackbird Studio de Nashville. L’ouverture Red Rocking Chair plante le décor : un gros riff bien gras, une ambiance bien « marais », All Them Witches garde le cap d’un d’un blues-rock psychédélique avec des éléments plus épais. La Valley n’a pas oublié …
Le groupe propose aussi des ballades bien typées avec ces sonorités presque bayou. C’est dark, délicieusement poisseux. Sur The Welterweight, Charles Michael Parks Jr. nous parle de son grand-père champion de boxe dans l’Alabama. All Them Witches c’est une certaine Amérique, plus authentique, loin des affres d’une modernité extérieure belliqueuse. Et surtout loin de ces villes côtières, miroirs aux urbains aux alouettes plongées dans une modernité sans but tel des poulets sans tête.
Ce House Of Mirrors a cette vertu de permettre au groupe de repartir, le groupe ouvrira d’ailleurs fin juin pour Slift dans la mythique salle de l’Olympia. Bonne nouvelle donc, bel exemple de résilience pour un groupe original, vraiment sympa et qui nous offre un bon disque. All Them Witches continue sa route et ça fait bien plaisir.