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le 22 juin 2026.

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Artiste/Groupe:

Atavistia

CD:

Old Gods Awakens

Date de sortie:

Mai 2026

Label:

Blood Blast Distribution

Style:

Death Melo teinté de Folk

Chroniqueur:

Le Diable Bleu

Note:

17.5/20

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Depuis des années, le Metal épique aux épices Death Melo, tourne un peu comme une immense taverne nordique ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre. On y entre pour boire une chope d’héroïsme musical, on y commande un riff folklorique, deux claviers enneigés et trois hurlements vikings servis dans une corne de guerre vaguement rincée à l’hydromel. Puis on recommence. Encore. Et encore. Jusqu’à parfois ne plus distinguer le grand cru du simple jus de chaussette fermenté.

Il faut dire que le marché déborde désormais de formations persuadées qu’il suffit d’ajouter une flûte, un casque à cornes et un refrain de taverne pour transformer une démo quelconque en fresque païenne et épique. À force, même les plus solides gosiers finissent par saturer. L’épopée devient antibiotique, à l’automatisme galopant. Le voyage devient un pâle circuit touristique organisé, saturant les réseaux de photos copier collées. Alors on attend plus ou moins patiemment la divine surprise, celle dont découlerait une bonne bière. Puis on apprend qu’une micro-brasserie aurait ouvert boutique au Canada. Allons gouter cette cuvée Atavistia et vite.

Pas totalement révolutionnaire. Pas vieillie trois siècles dans un tonneau druidique gardé par des loups mystiques. Mais un breuvage robuste, épais, sincère, brassé avec suffisamment de passion et d’innovations pour réveiller les papilles du vieux routard du Death Melo qui commençait doucement à roupiller au comptoir.

Avec Old Gods Awakens, les Canadiens ne réinventent pas la grande roue enneigée inventée par Ensiferum et perfectionnée par Wintersun. En revanche, ils prouvent qu’il reste encore de la place dans cette auberge déjà bien remplie. Et surtout, qu’on peut encore y servir des morceaux qui donnent envie de lever sa chope plutôt que de consulter sa montre connectée avec les indifférents du monde.

Dès Raise All Thy Horns, le décor est planté. Le groupe ouvre les portes de sa taverne avec tout l’arsenal attendu : claviers épiques, ambiance folklorique et sensation immédiate de départ pour une croisade folle où personne ne reviendra avec ses deux genoux intacts. Mais le véritable coup d’accélérateur arrive avec Mystic Tavern, probablement le morceau qui résume le mieux l’identité du groupe. Les riffs y galopent avec une énergie presque euphorique avant qu’un chant rugueux ne vienne transformer la fête en gigantesque concours de descentes de cervoise. Impossible de ne pas remuer la tête comme un pilier de comptoir possédé par Odin lui-même.

Seeker of Time poursuit cette ivresse héroïque avec une efficacité redoutable. Plus direct, plus compact, le titre déroule tout ce que les amateurs du genre aiment entendre : refrains fédérateurs, solos acérés, claviers grandioses et ce savant mélange entre agressivité et envolées mélodiques qui évoque immédiatement la scène finlandaise des grandes années. Oui, les influences sont visibles. Oui, certaines ficelles sont connues. Mais quand le plat est bien préparé, personne ne se plaint de retrouver ses épices préférées.

La suite de l’album varie intelligemment les intensités. To a New World apporte une noirceur plus lourde, presque inquiétante par instants, tandis que I Skogens Djup relance immédiatement la machine "Pagan" avec des rythmiques saccadées et entraînantes qui sentent la danse païenne improvisée sur une table beaucoup trop fragile pour supporter autant de bottes ferrées. On jurerait parfois entendre les fantômes de la Finlande planer au-dessus des forêts canadiennes, mon morceau pref, car sans doute le plus pêchu et le plus original. Un régal total, avec ses OOOh et ses Ooooooh, à entonner bras bien hauts.

Soufflons un poil grâce à Goddess of My Dreams, respiration plus douce, presque brumeuse, avant que Ride the White Storm ne remette une énorme pelletée de poudreuse dans les cervicales de l’auditeur. Ici, Atavistia retrouve son versant le plus guerrier, le plus féroce, porté par des rugissements qui semblent vouloir traverser une montagne à mains nues. Sublime mélange des maîtres Wintersun et Ensiferum, aux sangs mêlés dans la même choppe.

Enfin, le très long morceau-titre Old Gods Awakens clôture l’ensemble comme un dernier tonneau vidé à l’aube, car tiré avant la nuitée. Le groupe y concentre tout son savoir-faire, alternance entre violence et grandeur cinématographique, passages atmosphériques, accélérations furieuses et refrains taillés pour les grandes scènes de festival. Une conclusion ambitieuse, parfois presque excessive, mais généreuse comme un tavernier qui continue de remplir les verres alors que les chandelles sont déjà en train de mourir.

Le plus appréciable dans cette histoire reste peut-être ailleurs, Atavistia ne cherche pas à masquer ses influences derrière une prétendue révolution artistique. Le groupe aime manifestement Wintersun, admire probablement Ensiferum et assume pleinement cet héritage. Mais plutôt que de servir une pâle copie industrielle, les canadiens préfèrent brasser leur propre cuvée avec suffisamment de cœur pour éviter la simple imitation sous perfusion de houblon. Et dans un univers musical où tant de groupes ressemblent désormais à des boissons énergétiques métalliques produites en série aseptisée, cela mérite déjà largement qu’on lève le verre.

Alors non, Old Gods Awakens ne changera peut-être pas la face du Metal épique moderne. Mais il rappelle une chose essentielle, même dans une taverne déjà bondée, il reste toujours une bonne place pour une nouvelle bande de guerriers, sublimes brasseurs, capables de remettre un peu de chaleur et de sincérité dans nos cornes, parfois fatiguées d’avoir trop contenues de mousses tièdes.

Et franchement, un sacré coup de pied au c.l proscrit sans modération, et à ce stade de la soirée métallique mondiale, il s’agit d’une sacrée victoire. Qu’est ce que c’est bien foutu, chapeaux bas les artistes, rejoignez nous vite dans nos tavernes Fest-estivales européennes... en attendant dansons, remuons le popotin, bras tendus, et présentons aux cieux votre divine chopine. Et puis tant pis si quelques gouttes pouvaient éclabousser quelques vieux ronchons ne voulant pas participer à cette Fest. Qu’ils restent chez eux à écouter des GMA de dinosaure...

Traclist de Old Gods Awakens :

01. Raise All Thy Horns
02. Mystic Tavern
03. Seeker of Time
04. To a New World
05. I skogens djup
06. Goddess of My Dreams
07. Ride the White Storm
08. Old Gods Awaken 

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