AYREON

Artiste/Groupe

Ayreon

Album

01011001

Date de sortie

30/01/2008

Style

Metal Progressif Ayreonien

Chroniqueurs

Clément, Florent C

Note (Clément)

19/20

Note (Florent C)

20/20

Site Officiel

http://www.ayreon.com/

C H R O N I Q U E (Clément)

On attend un nouvel album d'Ayreon un peu comme on attend sa paye : avec impatience. Vous pensez, depuis 2004 ! Ayreon, c'est la garantie qualité : des chansons travaillées, variées, et des chanteurs exceptionnels.

Ce nouvel opus, intitulé 01011001 (si ca représente un nombre en binaire, ça fait 89), renoue avec les thèmes futuristes si chers à Arjen Lucassen. Le précédent album (The Human Equation) tranchait avec les autres albums en se plaçant dans une période contemporaine, en racontant l'histoire (sommes toutes assez banale) d'une personne trahie par son meilleur ami et en s'attachant plus particulièrement aux sentiments humain. Ouais mais nous on veut des machines ! Heureusement sa fin nous apprenait qu'il ne s'agissait que d'une parenthèse et Arjen pointait dans les dernières secondes, d'un doigt presque prophétique, vers le futur lointain.

Niveau musiciens, Lucassen s'est entouré de ses acolytes habituels (Ed Warby aux batteries, Joost van den Broek aux claviers) mais a aussi fait appel à bien d'autres outsiders, par exemple Michael Romeo et Lori Linstruth pour des solos de guitare. Mais comme à l'accoutumée, c'est du côté des chanteurs que la liste est impressionnante. Je ne vous donnerai pas la liste complete (17 au total), mais je peux vous citer Tom Englund (Evergrey), Hansi Kursch (Blind Guardian), Floor Jansen (After Forever, déjà là dans Star One par exemple) ou encore Daniel Gildenlöw (Pain of Salvation). C'est aussi ça qu'on aime avec Ayreon : les chanteurs tournent !

Allez, rentrons sans plus attendre dans le vif du sujet. Vous trouverez deux CD (le premier s'appelant 'Y' et le second 'Earth') totalisant 1h43 de bonheur, et un DVD bonus si vous optez pour la version spéciale (behind the scenes, making of, et tout le bazar habituel). Une version collector est aussi prévue avec un des images en plus dans le livret.

La première piste, The Age of Shadows (quasiment 11 minutes) débute sur de délicieuses sonorités mécaniques, liquides et malsaines annonçant le début d'un CD résolument orienté vers un futur bien sombre. Un bon gros riff de guitare à la Lucassen prend alors le relai et ce début d'album nous met une grosse claque : que c'est bon ! Des voix parfaites, tantôt graves, tantôt dans un style opéra... pas de doute, la mayonnaise prend. Au bout de 5min, tout se calme : on rentre dans la-chanson-dans-la-chanson, "We are forever"... à pleurer de beauté. On se repose en écoutant ces mélodies venues d'ailleurs, puis on repart crescendo vers la fin de cette première piste qui présage un album exceptionnel. Pourvu que le reste soit de la même trampe !...

.. et c'est bien le cas. Sans détailler chaque piste (ce serait trop long), sachez que les passages lents sont paticulièrement nombreux et en général très atmosphériques, souvent mélancoliques, et avec des sons futuristes omniprésents. Les pistes heavy donnent alors une impression de puissance encore plus importante (coups de coeur : The Earth Extinction et Unnatural Selection... quels riffs !), d'autant plus que les thèmes abordés sont sombres. On se demande sans arrêt : "que c'est beau ! mais où va-t-il chercher tout ca ?". Lucassen, un musicien de génie envoyé par les extraterrestres pour sauver l'humanité ? J'en suis désormais convaincu.

Les 4 pistes les plus longues sont divisés en sous-pistes et sont agencées avec brio. L'histoire est plus compliquée à suivre que dans The Human Equation (surtout quand on n'a pas les paroles) mais les thèmes abordés sont par exemple la manipulation génétique, la colonisation sur d'autres planètes, l'écologie ou la futilité des rencontres sur internet (!).

Comment dites-vous ? Est-ce qu'il y a des points négatifs ? Une piste (sur les 15) est à mon sens nettement en dessous du reste : Connect the Dots. Elle est répétitive, pas originale, mais la perfection n'est pas de ce monde. Rien d'autre à signaler, vraiment.

En conclusion, cet album est une véritable merveille qui nécessitera de nombreuses écoutes avant d'en apprécier tous les recoins (en partie à cause de sa longueur). Plus sombre que tous les autres, plus mélancolique, parfaitement équilibré. Des musiciens très talentueux, des chanteurs d'exception et des mélodies envoutantes. La production est encore une fois irréprochable. Incontournable !!

C H R O N I Q U E (Florent C)

Ca y'est ! Le nouveau Ayreon est bel et bien là, trois ans après The Human Equation. Mystérieusement intitulé 01011001 (ça sent l'arithmétique à plein nez...), l'histoire se veut comme à l'accoutumé d'une grande complexité. Comme je n'ai pas les paroles, difficile d'en parler.

Passons au casting : le géant Hollandais a frappé très fort pour cet opus avec pas moins de 17 chanteurs et chanteuses et 10 musiciens aussi talentueux qu'éclectiques ! Jugez plutôt : Tom S. Englund (Evergrey), Jorn Lande, Hansi Kursch (Blind Guardian), Anneke van Giersbergen (Agua de Annique, ex-The Gathering), Steve Lee (Gotthard), Floor Jansen (After Forever), Daniel Gildenlöw (Pain of Salvation), Simone Simons (Epica), Magali Luyten (Virus IV, Beautiful Sin), Bob Catley (Magnum), Jonas Renkse (Katatonia), Michael Romeo (Symphony X), Tomas Bodin (The Flower Kings), Derek Sherinian (Planet X). Une véritable dream team prête à sévir pour cette cuvée 2008 !

Une fois encore, le sieur nous propose un double album pour plus de 100min de musique, alors autant le dire tout de suite, ce copieux plat ne se digère pas d'une traite en une seule écoute ! Mais cela va de soit, et c'est ce qui fait le charme et le talent de ce projet.

Le festin commence par "Age of Shadows", énorme pavé de presque 11min ! Ca frappe fort d'entrée : sonorités futuristes (à la limite de l'indus), montée en puissance progressive, rythme arabisant avant que la plupart des invités commencent à pousser la chansonnette. Un véritable régal auditif, ce titre est le parfait mélange de ce que Arjen Lucassen sait faire, à savoir instaurer une atmosphère unique et changeante tout au long du titre en laissant s'exprimer les protagonistes.

"Comatose" est une ballade d'une beauté peu commune qui a la particularité d'être chantée par un duo comme seul le génial Lucassen peut nous proposer (Anneke-Jorn). Ce titre me transporte littéralement ! Quelle douceur dans la voix de Jorn ! Elle se marie à la perfection avec celle de Anneke. L'intensité est à son comble, ce titre intimiste est un chef d'oeuvre.

"Liquid Eternity" continue sur la lancée avec des performances vocales hallucinantes de Bob Catley, Floor Jansen et Jorn Lande entre autre. Les violons et autres choeurs "Ayreonniens" sont de sortie, rien à redire...

Je ne vais pas continuer titre par titre (trop long !) mais je vais revenir sur les moments marquants. "Beneath the Waves" prend aux tripes, on sent les invités se donner au maximum (quelle intervention de Hansi !!), du hard rock Ayreonnien aux accents futuristes (la fin incroyablement indus) et au refrain imparable. Grandiose !

Le disque 1 se termine par la courte et sublime ballade acoustique "Web of Lies" chantée par Simone Simons et Phideaux Xavier. Violons, violoncelle, guitare acoustique et flûte viennent agrémenter ce titre planant à souhait.

Le disque 2 débute comme le premier, par un titre de plus de 10min. Une perle !!! Refrain incroyable, solos de clavier futuriste hallucinant, parties symphoniques bluffantes, du grand art tout simplement !

"The Truth is Here" aurait très bien pu figurer sur The Human Equation, le côté médiéval du titre dénote, on se croirait chez Blackmore's Night, dépaysant et enchanteur.

L'intro de "River of Time" se fait très celtique, à la manière d'un Tuatha De Danann, avant que Hansi Kurch viennet nous gratifie d'envolées vocales dont lui seul à le secret. Un gros coup de coeur oł tous les instruments à vent et à cordes interagissent à merveille.

L'album se clôture par le titre le plus long de l'album, le bouquet final, l'apogée d'un chef d'oeuvre.

Arjen Lucassen nous propose un voyage unique et renversant avec ce 01011001. J'ai beau chercher, je n'arrive pas à lui trouver le moindre défaut. Contrairement à Avantasia, tous les guests sont utilisés à bon escient et à leur juste valeur et les chanteuses ne sont pas là pour faire de la figuration. Tout est pensé et réfléchi.

Bien sûr il vous faudra plusieurs écoutes avant de vous immerger dans cet univers extraordinaire, ne vous attendez pas à une entrée en matière facile si vous êtes un novice dans le domaine Ayreonnien ! Néanmoins, la complexité des titres n'est jamais rebutante bien au contraire ! Les refrains sont TOUS prenant, aucun titre est plus faible qu'un autre, aucune longueur non plus à déplorer.

Nous sommes devant une véritable oeuvre, un travail d'orfèvre que seul le génie de Monsieur Lucassen est capable de faire naître. Cerise sur le gâteau, la pochette est sublime et l'album sortira dans une édition collector en format dvd, un format digne de la qualité de l'opus : MAGISTRALE