BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Drôle de destin que celui de Sebastian "Sushi" Biesler. Vocaliste aux côté de Kevin Ratajczak dans Eskimo Callboy devenu Electric Callboyet débarqué en 2020. Remplacé par Nico Sallach qui avec son charisme et ses qualités a permis à Electric Callboy de décoller avec le disque Tekkno puis le récent Tanzneid. A posteriori, la scission entre Sushi et le collectif allemand paraît logique. Entre temps, Sushi a développé un nouveau projet Ghøstkid et il suffit d’écouter les deux groupes pour immédiatement comprendre l’incompatibilité entre les deux parties.
Electric Callboy a assumé à fond son mélange metalcore / techno années 90. Ce mix improbable fonctionne super bien, est décrié forcément car excessif et décomplexé mais admettons-le de bon cœur : le rendu est excellent pour qui le prend pour ce que c’est, c’est fun et efficace. Ghøstkid est à l’image de son créateur : torturé, sombre et truffé d’ambiances 90’s mais pas les mêmes. Ça ne pouvait donc pas le faire entre les deux parties. Reste que le décollage d’Electric Callboy qui coïncide avec son départ doit sacrément frustrer Sushi passé ainsi à côté d’une aventure immense. On peut aussi penser qu’Electric Callboy avait besoin d’un Nico Sallach parfait complément de Kevin Ratajczak et plus fédérateur pour "exploser". Vaste débat...
Sushi lui ne s’est pas posé de questions et enchaine les sorties depuis 2020 avec Ghøstkid. Follow The White Rabbit est déjà son troisième album, il y a de la créativité chez notre vocaliste. J’évacue d’entrée le titre de l’album. Référence évidente au film Matrix, cela place dans l’ambiance d’entrée. J’ai aussi pensé à Donnie Darko, la comparaison marche aussi bien. L’intro "parlée" d’1’30 aussi avec un monologue torturé ponctué de larmes qui, lui, nous renvoie du côté de chez Korn dont l’influence semble prégnante notamment avec cette basse qui slappe comme aux plus belles du néo.
Dès Ivory, le décor est planté : on plonge dans les 90’s avec des guitares qui sonnent indus, une voix très "dark pop", un gros refrain et même des synthés qu’on croirait sortis du Mechanical Animals de Marilyn Manson. Ghøstkid tient son univers, gothique en utilisant un spectre large : vocaux hurlés dans Mother Death, dark pop trèsParadise Lost périodeHost(en moins classieux) sur I Destroyed You, vocaux presque stand up sur le morceau titre avant que cela s’énerve. Le style est versatile. On trouve aussi des boîtes à rythmes qui assurent les parties de batterie mais la dominante Korn reste prégnante. Certes certaines parties de chant plus "catchy" et de très gros refrains (Purple Snakes) nuancent cette comparaison qui se veut plus sur l’atmosphère générale dégagée par ce disque.
Alors que son premier groupe a atteint les sommets avec une tête d’affiche au Wacken 2027 (pas rien pour des allemands), Ghøstkid suit son parcours sans se poser de questions. On imagine que ce n’est pas simple pour Sushi mais tel est son destin qu’il affronte bravement. Moins fédérateur mais non doté de qualités, avec un univers gothique, torturé mais cohérent et susceptible de trouver un public.