Automne 2023 à Londres. Green Lung groupe de stoner doom psychédélique sort son troisième album, le dénommé This Heathen Land. Les deux précédents efforts du groupe, malgré des qualités réelles, étaient restés plutôt confidentiel mais en faisant lorgner sa musique du côté de Ghost. On ne reviendra pas sur l’impact de ce groupe pour rester concentré sur notre sujet du jour. Plus efficace, doté de chouettes ambiances, Green Lung a trouvé son public, connu un vrai succès. Excellents créneaux en festival (dont la clôture du Motocultor 2025 en face de Machine Head), concerts qualitatifs en tête d’affiche, Green Lung a passé un cap, indéniablement. Forcément, on attendait la suite, le fameux disque de la confirmation.
Trois ans plus tard, voici Necropolitan. D’emblée, avec cet artwork et ce titre d’album, on sait où on se situe. Atmosphère lugubre, ambiance doomy comme on les aime, Green Lung joue la continuité ce qui est assez logique. Les anglais ne réinventent rien ici. L’inverse eût été bien trop risqué et Green Lung semble avoir trouvé son créneau. Alors le groupe poursuit sa route et fonce. Première difficulté : l’effet de surprise est passé. Pas grave en soi mais désormais Green Lung est attendu.
Naviguant toujours du côté de Ghost, je l’ai dit, mais aussi d’un Black Sabbath, figure tutélaire de toute la scène doomy il est vrai. La voix nasillarde de Tom Templar continue d’hanter ce disque ainsi que les riffs et soli d’un Scott Black tout heureux de dérouler les riffs qui ont dû hanter sa jeunesse. Avec le claviériste John Wright, leurs parties se répondent très bien (Evil In This House). Autre influence que je n’ai pas encore citée : Deep Purple. Dans ses claviers déjà mais aussi dans sa dynamique (Necropolitan Line). Green Lung s’inscrit donc dans une certaine tradition anglaise.
Phénomène amusant : là où certaines critiques se font sur leur trop grande ressemblance avec les mastodontes déjà trop cités ici, le succès semble aller crescendo. Le dernier concert au Summer Breeze (doté d’un excellent son) m’a confirmé la bonne réception de ce groupe qui intrigue et intéresse pas mal de festivaliers. La mise en hiatus de Ghost devrait en ce sens aider Green Lung à se faire sa place. Reste ce problème de charisme de musiciens en manquant singulièrement et un stoner doom qu’il conviendra de faire évoluer pour écarter les critiques sur leurs influences trop présentes.
On citera les Black Magic Radio, les Necropolitan Line qui fonctionnent bien et sortent du lot. On passera outre les thématiques un peu attendues. Green Lung respecte le cahier des charges d’un bon stoner rock psychédélique.
Un bon disque solide d’un groupe qui poursuit sa route dans l’exacte continuité. Telles sont à la fois les qualités et limites de ce disque qui musicalement offre un bon moment d’écoute mais ne réinvente rien. Les convertis par This Heathen Land y trouveront leur bonheur, le groupe porté par Nuclear Blast continuera sans problème sa belle trajectoire. Les esprits chagrins y trouveront à redire mais là est la rançon du succès.