Artiste/Groupe:

Mike Lepond's Silent Assassins

CD:

Whore Of Babylon

Date de sortie:

Juin 2020

Label:

Silver Lining Music

Style:

Heavy Metal

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

15.5/20

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Mike Lepond se serait-il mis en tête de faire partie des musiciens apparaissant sur le plus de sorties en 2020 ? Pas impossible. Le fameux bassiste de Symphony X a co-fondé DeadRisen dont le premier effort est paru en mars dernier pendant que sortait, quasi-simultanément, un nouveau Ross The Boss sur lequel il jouait aussi. Et voici maintenant le troisième album de Mike Lepond's Silent Assassins alors qu'on apprend qu'il vient de rejoindre Death Dealer (un autre groupe avec, entre autres, le guitariste Ross The Boss) dont le nouvel opus est annoncé pour l'automne prochain ! Comme Bon Jovi, on imagine que Mike dormira quand il sera mort (si vous ne saisissez pas cette référence, allez réécouter l'album Keep The Faith).

Petite séance de rattrapage pour les nouveaux venus (les connaisseurs, vous pouvez directement aller au paragraphe suivant) : Silent Assassins, c'est la déclaration d'amour de Mr. Lepond au heavy avec lequel il a grandi. Black SabbathJudas PriestIron MaidenManowarSaxon... c'est ce genre d'influences auxquelles il faut s'attendre ici. Avec quelques petites touches thrash et folk en passant, histoire d'enrichir le propos. Le line-up est grosso modo le même que sur le Pawn And Prophecy paru en 2018. Lepond a encore écrit la musique et les paroles, s'est chargé de la basse, de la guitare rythmique et participe aux chœurs. Le chanteur est toujours Alan Tecchio qui apporte toute son amplitude vocale et sa puissance sans s'économiser. On retrouve aussi les mêmes guitaristes qu'en 2018, Rod Rivera et Lance Barnewold ainsi que les potes de Symphony X (Michael Pinnella venu jouer du clavier sur deux pistes ou participer aux chœurs et Michael Romeo qui se charge de quelques orchestrations, joue un peu de mandoline et programme la batterie... oui, toujours pas de batteur mais, franchement, si je ne l'avais pas su, je ne l'aurais pas deviné). 

On le comprend dès les premières secondes de Dracul Son : l'important ici, c'est le riff ! Voilà un titre qui déboule à fond la caisse sur une guitare incisive et thrashy. Excellente entrée en matière où la puissance et la vélocité font la loi. La mélodie n'est pas en reste, quelques chœurs et orchestrations habillent le tout, Tecchio est hargneux à souhait... ça décoiffe ! La basse de Lepond est évidemment très audible et ce n'est pas l'intro de la piste suivante, Ides Of March, qui contredira ce constat. On reste sur du heavy costaud, avec un tempo moins fou mais toujours enlevé (ça galope comme il faut) et une touche mélodique et épique plus développée que sur le morceau d'ouverture. Démarrage d'album impeccable, d'une efficacité incontestable. Encore une intro avec une basse énorme sur le sombre Tell Tale Heart sur lequel Tecchio se fait particulièrement démoniaque (le chanteur ne se refuse rien, quitte à peut-être pousser le bouchon un peu loin sur un refrain à la montée impressionnante mais un poil too much sur la dernière note... comment fera-t-il en concert ? J'aimerais bien voir ça). Après cette triplette heavy en diable, une petite accalmie se présente sous la forme de Night Of The Long Knives. Au programme : incursion en terre folk avec mandoline et très chouette break aux guitares hispanisantes (que l'on doit à Rod Rivera) à mi-chemin. L'occasion de se rappeler que Lepond aime aussi Ritchie Blackmore.

L'accalmie se poursuit avec Champion, ballade très Manowarienne (je pense à Courage), chantée par Sarah Teets (Mindmaze, aucun commentaire sur le nom de famille, s'il vous plaît, vous êtes au-dessus de ça) qui joue également de la flûte sur ce morceau. Ca change du début d'album, c'est clair, et contribue donc bien à diversifier le propos... même si, je l'avoue, ce n'est pas vraiment le genre de compo qui m'enflamme. Cependant, je ne doute pas qu'elle trouvera des fans. Petite originalité : un joli solo de basse à mi-parcours. Histoire de ne pas créer trop d'accalmie en milieu d'album, on repart sur du metal bien vindicatif et véloce avec Ironborn ! L'occasion de ressortir du riff qui fleure bon le thrash comme au tout début de la galette. Energique ! On reste sur du heavy tranchant avec la mid-tempo et hargneuse Lady Bathory (encore du gros riff et une performance habitée d'Alan Tecchio), continue avec un morceau à l'inspiration plus hard rock et Saxonne (Power Of Steel... on a encore le droit de nommer une chanson ainsi aujourd'hui ?) avant de changer d'ambiance avec Whore Of Babylon, un titre plus posé qui détonne de par son ambiance orientale, ses percussions et claviers très présents. Cette plage plus planante et inattendue permet de se reposer avant le dernier assaut épique de plus de huit minutes : Avalon, une conclusion qui offre pas mal de petits changements et mélange joyeusement cavalcade heavy, ambiance médiévale, chœurs héroïques et, surprise, un petit solo d'orgue Hammond. 

En dépit d'une éventuelle méfiance suscitée par sa pochette assez moche, la nature même du projet ("mouais, le bassiste de Symphony X qui fait du heavy classique, ça ne va pas casser des briques") ou la suractivité de son instigateur principal ("Lepond est partout, il se disperse trop, ça va forcément se ressentir"), ce Whore Of Babylon prouve que Mike Lepond's Silent Assassins est un groupe sur lequel le fan de heavy peut compter pour passer un très bon moment. Bien écrit, produit et interprété, plus éclectique et varié que ce qu'on aurait pu penser, ce troisième album, offrant une belle synthèse de nombreuses influences chères à son créateur, est un divertissement de qualité qui, s'il ne réinvente pas la roue, sait très bien la faire tourner. Solide, fun... Recommandé ! 

 

Tracklist de Whore Of Babylon :

01. Dracul Son
02. Ides Of March
03. Tell Tale Heart
04. Night Of The Long Knives
05. Champion
06. Ironborn
07. Lady Bathory
08. Power Of Steel
09. Whore Of Babylon
10. Avalon

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