Quand on parle de Scorpions, forcément, ça intrigue le hardos. Et, tout aussi forcément, une palanquée de riffs et d’albums lui viennent en tête. Je ne vais pas vous faire de liste, vous les connaissez aussi bien que moi et si ce n’est pas le cas arrêtez donc de me lire et filez réviser ! Chacun a sa préférence. J’ai, pour ma part, un gros faible pour le Scorpions tout-puissant des années 80, d’autres préfèrent les albums avec Uli Jon Roth, bref, vous voyez le tableau. Mais personne, à ma connaissance, ne cite jamais Pure Instinct. C’est assez logique, quand on y réfléchit : c’est un album, à mon sens, moyen, à l’écoute duquel on s’ennuie poliment. Bien loin de la fougue des deux décennies précédentes, le Scorpions des années 90 ne sait pas trop où aller (à l’image d’un Metallica qui sort Load la même année).
C’est pourtant à cet album en apparence insignifiant - il ne se paye même pas le luxe d’être inécoutable, contrairement à son imblairable successeur - que Guillaume Gaguet (fan absolu du groupe, auteur de plusieurs livres les concernant et chroniqueur chez nos concurrents de chez Nightfall/Forces-Parallèles sous le pseudonyme de Gegers) a décidé de consacrer un chouette petit bouquin. Son but ici n’est pas de nous convaincre que c’est une pépite cachée, il n’essaie pas de réhabiliter quoi que ce soit. D’ailleurs, il ne donne pas frontalement son avis sur le disque. Mais on comprend vite pourquoi ça lui tient à cœur de parler de cet album, vous verrez. Mais voilà : le but n’est pas de le chroniquer.
Non, il va plutôt tenter de décortiquer l’ensemble, pour essayer de comprendre le pourquoi du comment. Pure Instinct existe, oui, mais pourquoi est-il comme ça ? Que s’est-il passé avant, pendant et après ? Ainsi, le livre passe en revue le contexte musical de l’époque, nous raconte l’enregistrement, détaille les titres un à un, nous parle des différentes versions de l’album, de la tournée qui suit, de la réception et évoque même l’étonnante - moche, oui - pochette. Le tout agrémenté de pas mal de bouts d’interviews, aussi bien des musiciens que des personnes qui gravitaient autour du groupe. Et c’est passionnant. Et on apprend un tas de trucs. Tiens, vous saviez par exemple qu’un des titres de l’album a été coécrit par une chanteuse indonésienne ? Eh non ! Dans quel contexte ? Oh, va falloir lire le bouquin pour le savoir, je ne vais quand même pas vous mâcher le travail.
A l’image de ce qu’a fait le podcast Children of the Sabbath pour les albums de....bah... Black Sabbath - concentrez-vous un peu, c’était pas dur -, le décorticage effectué ici nous prouve que même les albums en apparence insignifiants peuvent raconter un tas d’histoires vraiment intéressantes. Forcément, le livre raconte l’histoire d’un groupe précis. Mais les doutes, les remises en question ou, au contraire, les pics d’ego que vivent le groupe à cette période compliquée de l’histoire du hard rock résonnent avec ce que d’autres ont vécu à ce moment-là (j’ai déjà cité Metallica, ça marche avec un tas d’autres).
Une Epopée Crépusculaire est donc un petit bouquin très agréable à lire et sacrément bien documenté : entre les bouts d’interviews, les articles de presse et les nombreuses photos et autres illustrations, y’a de quoi faire. Si vous êtes fans de Scorpions, je ne saurai trop vous conseiller de foncer sans réfléchir. Si vous vous intéressez un peu au hard rock en général, il y a aussi de fortes chances que vous y trouviez votre compte. Et si vous vous en foutez... euh... qu’est-ce que vous faites encore là ?
Si ça vous intrigue, je vous mets ici la petite vidéo proposée par l’auteur pour présenter son projet :