Des plans délirants, un groove de fou, une technicité folle, un saxophone, des signatures rythmiques complètement barrées, une batterie démente : bienvenue dans l’univers du nu jazz contemporain avec Sungazer une formation fascinante. Ce groupe nous vient de New York et est constitué du binôme Adam Neely (basse) – Shawn Crowder (batterie, percussions). Il faut les avoir vus live pour se rendre compte qu’on ne comprend rien. Mais que ça le fait grave. La dimension jazz nous emmène dans un élitisme absolu. Le film Whiplash avait su décrire (et surtout montrer) cet aspect avec un talent pervers. Mains en sang, relations humaines impitoyables, quête inlassable d’excellence, le monde du jazz fait peur, vu de l’extérieur. Adam Neely et Shawn Crowder font partie de l’excellence de ce milieu avec un talent fou.
Ils ont fait appel au saxophoniste Jared Yee dont la valeur ajoutée est réelle avec de belles interventions qui aèrent superbement bien l’ensemble. A la guitare, là ils l’ont joué simple en faisant appel à des pointures : Shubh Saran, Mark Lettieri ou encore Plini avec lequel Sungazer a embarqué pour une tournée haut de gamme.
Plutôt orienté électro jazz à ses débuts, le duo a évolué vers une fusion rock progressif. Cela conviendra mieux à notre lectorat qui ne sera pas perdu. Bien sûr, on s’adresse ici à un public qui aime la technicité, la complexité. Le fan de Dream Theater serait parfaitement adapté à ce jazz fusion haut de gamme. Les compositions sont toutes passionnantes, mais j’y reviens, je ne suis pas sûr d’avoir compris ce qui se passait. Juste je sais que j’ai aimé, c’est déjà pas mal. Certaines, certains se régaleront à en décortiquer les plans, à essayer de disséquer la bête. Je n’ai pas le niveau pour être de ces derniers mais je peux assurer que l’écoute est un plaisir et que même sans comprendre, on arrive à bien profiter. Le titre du disque reprend celui d’une nouvelle d’Arthur C. Clarke parue en 1953. Sungazer c’est hautement référencé, très élitiste avec les critiques qui peuvent naturellement percer derrière ce terme.
En live, c’est simple, c’est juste dinguement bon. Complètement barré mais d’une grande clarté et sincèrement accessible pour profiter. A tenter, vraiment.