BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
L’annonce à la fin mai de la sortie du nouvel album du collectif Berlinois The Ocean m’avait réjoui ; et l’écoute du premier single releasé, Light Pollution, avait souligné un lien de filiation entre ce futur Solaris, et Holocene, le dernier album en date du collectif. Quelques signes avant-coureurs avaient toutefois laissé apparaitre quelques évolutions tant structurales que musicales. Les premières se sont révélées assez importantes. Exit Loïc Rossetti, voix du groupe depuis 2009, Paul Seidel, batteur depuis 2013 et David Ramis Åhfeldt guitariste depuis 2018. Si l’on sait que Peter Voigtmann avait quitté le groupe après la sortie de Holocene, il ne reste donc que le membre fondateur Robin Staps à la guitare et le bassiste Mattias Hägerstrand, présent depuis 2015, dans cette nouvelle mouture du collectif.
Quoi de nouveau dans le setup de Solaris. Premièrement, pour remplacer Rossetti, on note l’arrivée d’une voix féminine haut perchée, Lane Shi, et d’une masculine douce et rugueuse, Enrico Tiberi. Secundo, le collectif renforce sa partie cordes avec l’arrivée de deux guitaristes : Emmanuel Jessua et Marco Gennaro. Cette nouvelle base est complétée de Jordi Farré à la batterie. Un changement en profondeur qui n’est pas sans impact sur la musique.
C’est en fait assez difficile de définir Solaris. Les titres présentés avant la sortie de l’album laissaient entendre un changement dans la continuité (Light Pollution), un retour aux sources core-post-metal (Belligerence) ou encore une progression vers un electro-prog musical (Ultima Esperanza). Or il apparait à l’écoute complète de l’album, que celui-ci est ancré prog avec ses 4 titres de 10 minutes et plus, et émet également une impression globale de grande poésie. Paradoxal quand on connait l’œuvre du collectif. On les savait friands d’un metal scientifique et écologique. Avec Solaris, ils me prouvent être également amateurs d’un metal littéraire ; chouette, non ?
Du titre d’ouverture, que je surnommerais « Berlin » en rapport aux coordonnées de localisation, au titre final que je surnommerais « Terre-de-feu » pour les mêmes raisons, Solaris est un voyage rhétorique qui exprime un désespoir et une mélancolie comme écrit dans différents chapitres d’un livre. D’ailleurs il semblerait que Solaris soit basé sur le livre du même nom de l’auteur SF polonais StanisÅ‚aw Lem. Œuvre dans laquelle les notions d’océan (tiens donc), de science (ça alors) et d’impact d’éléments extérieurs (ah ouais quand même) se mélangent. Comme si la continuité de l’œuvre de The Oceanse retrouvait plus dans le fond que dans la forme ?
Musicalement, l’intégration des nouvelles personnalités a certainement eu un impact. La violence exprimée par Rossetti a laissé la place à une double ligne vocale mêlant douceur, folie et puissance. Sans être (encore) totalement convaincu, je dois admettre que cette nouvelle approche a du charme et trouve toute sa valeur dans Ultima Esperenza. La combinaison est également très efficace sur l’excellent et presque marin Departure Song et sur l’aguicheur Light Pollution. Hyper musical sur 8 minutes, ce premier single se fait plus haché et tempétueux sur les deux dernières minutes. Simulacra, comme d’ailleurs Departure Song, souligne la nouvelle orientation musicale prise. C’est cinématique et sensiblement différent des albums passés. Des titres avec une connotation un peu folk qui suggèrent le voyage, mais qui n’abandonnent pas un fond et la rythmique post metal. Puissant et harmonieux les plus de 17 minutes de Simulacra est un voyage à lui tout seul, et affiche ce qui pourrait être le nouveau monde musical du groupe.
Finalement c’est Belligerence qui est l’OVNI venu du passé du groupe. Dans ce titre la musicalité affichée jusqu’alors, laisse place à la brutalité de l’autre The Ocean. Et, finalement, avec Ultima Esperenza puis surtout avec les très Lunatic-Soul / Mariuz DudaMilk Of My Dream et « Terre de Feu » que l’on prend conscience de la quasi absence d’une trame électro jusqu’à là. Un autre changement majeur avec le récent passé du groupe.
La conclusion, c’est que Solaris m’a conquis, et va me permettre de tourner plus facilement la page de l’épopée paléontologique du groupe. N’y aura-t-il aucun regret ? Je ne le crois pas, mais il y aura l’espoir d’une nouvelle aventure avec le collectif.