Artiste/Groupe:

Van Halen

CD:

For Unlawful Carnal Knowledge

Date de sortie:

1991

Label:

Warner Bros

Style:

Hard Rock

Chroniqueur:

Bane

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Après un 5150 et un OU812 réussis (surtout le premier) mais définitivement orientés FM, à grands renforts de claviers kitschouilles, il allait bien falloir que Van Halen évolue. Certes, ces albums ont cartonné et le groupe faisait des tournées dantesques mais on est en 1991, là ! Les années 80 sont finies, il va falloir passer à autre chose. Beaucoup de groupes ont senti le truc venir à l'époque : des formations comme Poison, Cinderella ou Bon Jovi se détournent petit à petit du Hard US "tubesque" et essaient de se donner un côté plus "sérieux". Ca va nous donner de fort bonnes galettes, d'ailleurs : mes trois exemples vont accoucher de Flesh and BloodHeartbreak Station et Keep The Faith, trois albums hautement recommandables !

Ces changements s'observent un peu partout : le death chasse le thrash, la fusion et le grunge balaient le metal en général et des figures du genre vont calmer leur jeu pour vendre des palettes. Bref, début 1990, c'est un sacré tournant dans notre belle musique ! Alors notre ami Eddie Van Halen va décider d'arrêter les synthés et de refaire du vrai pur Hard Rock comme on l'aime ! Et pour se faire, quoi de mieux que d'appeler un producteur adapté ? Et quitte à en appeler un, quoi de mieux que de faire revenir le grand Ted Templeman, grand génie qui avait su rentranscrire toute la folie et le talent du groupe sur ses premiers albums ? C'est donc un disque qui veut s'éloigner des précédents et avancer...

C'est Sammy Hagar qui aura l'idée du titre : il a envie de titiller un peu la censure avec un titre d'album provocateur. Les autres ne seront pas tout à fait d'accord et ils se décident pour ce nom à rallonge... M'enfin, soyons honnêtes, il s'appelle quand même FUCK, cet album ! La pochette est on-ne-peut-plus sobre et élégante, juste un fond effet cuir bordeaux avec le logo du groupe. On est bien loin du kitsch de 5150 ou de l'horreur de Fair Warning et je suis forcé d'admettre que ça a de la gueule (en tout cas sur le CD, ça rend pas mal du tout). Le son de l'album est au top, Templeman oblige, même si je trouve la batterie un poil trop en avant. M'enfin, je chipote.

Et comment mieux ouvrir les hostilités qu'avec une perceuse ? Quoi ? Qu'est-ce qu'il raconte, le chroniqueur ? Il a perdu la boule ? Que nenni, ami lecteur circonspect, l'album s'ouvre vraiment sur un bruit de perceuse ! Toujours envieux de faire de nouvelles choses avec son instrument, Eddie a tout bonnement eu envie de faire tourner une perceuse au niveau du micro de sa gratte. Résultat, on a cet effet un peu bizarre qui ouvre l'album, avant d'enchaîner sur la batterie toujours aussi efficace du frangin Alex. Poundcake est un grand morceau, un tube absolu, un des plus grands titres du groupe, rien que ça. J'abuse ? Ecoute-le et on en reparle ! Je trouve notamment le refrain imparable. Et comme si ça ne suffisait pas, FUCK nous balance ensuite Judgement Day, morceau speed mega efficace avec un pré-refrain pile comme je les aime. Donc un deuxième gros tube, peut-être même mon morceau préféré de tout le disque. La vache, ça fait beaucoup d'entrée de jeu, il s'agirait de ne pas débander après !

Rassure-toi, ami lecteur pendu à mes lignes, la qualité ne s'arrête pas là ! Michael Anthony porte le troisième titre, orienté mid-tempo, avec une ligne de basse qui tue tout sur son passage, avant qu'un autre tube nous retombe dessus : l'ultra entraînante Runaround, un titre qui met une patate d'enfer et qu'il m'arrive de mettre dans la voiture le matin, pour arriver au boulot avec la banane ! On retrouve totalement la légèreté et la bonne humeur qu'on avait par exemple sur Dance The Night Away ou Summer Nights. J'adore ce genre de morceaux, ça marche tellement bien avec moi ! Et c'est un fan de Slayer qui dit ça, imagine un peu le grand écart ! Tout ça, c'est bien joli mais à part l'absence de synthé kitsch, Van Halen demeure joyeux. C'est là qu'arrive Pleasure Dome, titre mené tout à la double pédale - Alex fait un super boulot sur tout le titre, vraiment - et qui se veut bien plus sombre. J'aime beaucoup l'ambiance de ce morceau, même si je le trouve un poil long... Même constat pour In'N'Out, incontestablement réussi mais qui s'étire un peu trop. On pouvait largement retirer la dernière minute qui se répète à n'en plus finir ! Man on a Mission se veut ultra groovy et s'il y a bien un morceau de l'album que j'aimerais bien voir David Lee Roth chanter, c'est clairement celui-là ! Cela dit, c'est peut-être sur FUCK que Sammy Hagar - que j'aime de tout mon cœur - va réaliser sa meilleure performance. C'est bien simple, ce mec est à fond tout le temps et l'intensité avec laquelle il donne tout n'est pas sans me faire penser à monsieur Robert Plant, c'est dire ! Bon, certes, les notes suraiguës que ces deux messieurs atteignent aident sans doute dans la comparaison !

Sur The Dream is Over, on pense presque à AC/DC dans les couplets, on imaginerait sans mal Brian Johnson brailler de la sorte ! C'est peut-être la première fois que je pense à ce groupe en écoutant Van Halen, tiens... Bon, cela dit quand le refrain méga efficace et mélodique arrive, AC/DC quitte directement notre esprit. Le vrai gros tube, en dehors de Poundcake, c'est Right Now. Pas de clavier ici mais un titre qui repose sur un piano du plus bel effet. Presque ballade mais à 100% réussie, ce titre est clairement LE grand moment de cette deuxième partie d'album, avec Hagar qui donne tout et Eddie qui, comme d'habitude, nous tue au moment du solo ! Tiens, en parlant d'Eddie, celui-ci est bien joyeux au début des années 90 : son fiston, Wolfgang, qui rejoindra le groupe à la basse des années plus tard, vient de naître ! Pour fêter ça, il nous gratifie de 316, jolie petite instru pas franchement utile mais pas désagréable pour autant. Il semblerait cependant qu'elle n'ait pas été écrite pour cet album et qu'il la jouait déjà avant sur scène. Pas bien grave. Enfin, le groupe conclut avec Top Of The World, un tube à la Jump, avec un refrain fédérateur qui rentre foutrement bien dans la tête !

Des années plus tard, que retenir de cet album ? Tout simplement que le groupe est au top musicalement et humainement à ce moment-là, je vous renvoie d'ailleurs jeter un œil à un live gratuit qu'ils ont donné à Dallas en 91, qui les montre vraiment contents d'être là et de faire les couillons sur scène - vous verrez notamment l'infecte choucroute qui sert de cheveux à Sammy et la banane perpétuelle de tout le monde. FUCK n'est donc pas vraiment le tournant annoncé : si les racines hard rock reviennent en force, elles se mélangent merveilleusement bien avec les restes 80's de la musique des messieurs. "The Best of Both Worlds", en définitive (là, je te fais un clin d'œil, ami lecteur, mais ce n'est pas facile à transmettre à l'écrit). Fini les synthés, fini le son 80's, FUCK est un pur album hard rock, un autre sommet de la carrière de Van Halen et peut être le plus facile à écouter pour aborder la période Van Hagar, même si je lui préférerai toujours 5150.

Tracklist de FUCK :

01. Poundcake
02. Judgement Day
03. Spanked
04. Runaround
05. Pleasure Dome
06. In'N'Out
07. Man On A Mission
08. The Dream Is Over
09. Right Now
10. 316
11. Top Of The World

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