BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Il y a déjà quatre longues années que Yarotz nous avait envoyé dans la face le très bon Erinyes, album qui m’avait permis de découvrir avec un plaisir évident le trio landais composé de Fabien Zwernemann au chant et à la guitare, Vincent Perdicaro à la basse et au chant, et Enzo Laidi à la batterie. Ce second opus est également fait pour régaler mes oreilles de coreux à tendance chaotique. Et même si Resurgence se montre plus structuré, plus maîtrisé, plus contrasté et surtout plus immersif que son prédécesseur, il conserve cette fureur Hardcore‑Punk qui fait le charme de la formation.
Dès les premières secondes de The Rising Starts, Yarotz nous plonge dans le bain de son évolution. Les guitares s’étirent en longueur, privilégiant l’atmosphère au coup de boule. Ce premier titre, à la frontière du Post‑rock, m’a surpris, mais je l’ai vite perçu comme une introduction à la folie qui suit. Strengths and Fears prend le relais et, malgré un chant plus nuancé et un refrain catchy, reste un pur morceau oscillant entre Mathcore et passages plus lourds. C’est l’un des titres les plus longs de l’album, flirtant parfois avec une structure presque progressive, une forme de prog‑core en somme...
Tout au long de l’album, le groupe joue avec les contrastes : lourdeur écrasante, accélérations hardcore, passages sombres et alambiqués. Le virage se fait pleinement sentir sur Hysteric Souls et Four Dead Ends, où apparaissent les premières voix claires, intégrées sans jamais tomber dans la caricature. La violence n’est plus un objectif en soi, mais une tension qui alimente le propos. Un titre comme A Purifying Bath frappe fort et juste, avec des pauses calculées qui renforcent l’impact. L’interlude Walked in the Sludge fait redescendre l’agressivité au profit d’une troublante « douceur », introduisant une dimension plus atmosphérique, avant que Giving Up the Ghosts ne ramène le disque vers une puissance plus directe.
Le disque se clôt sur Abyssal, qui, avec ses treize minutes au compteur, s’impose comme la pièce la plus ambitieuse du projet. Le morceau synthétise les contrastes proposés tout au long de l’album : nappes synthétiques, voix claires, progression lente et tension permanente. Il est sans doute le titre le plus représentatif de cette nouvelle orientation.
Pour la petite histoire, l’album est inspiré par la saga Blackwater, qui a elle‑même beaucoup influencé une légende de l’horreur, Stephen King. Resurgence raconte la montée d’une entité qui submerge une communauté, métaphore de la lutte des classes, de l’exploitation de la nature et des dérives autoritaires. Un disque au sujet tristement contemporain, ancré dans son époque, miroir de sa violence et de la tristesse qui l’accompagne.
Tracklist de Resurgence :
01. The Rising Starts 02. Strengths and Fears 03. Hysteric Souls 04. Four Dead Ends 05. The Breach 06. A Purifying Bath 07. Walked in the Sludge 08. Giving Up the Ghosts 09. Abyssal