Artiste/Groupe:

[STÖMB]

CD:

From Nihil

Date de sortie:

Janvier 2020

Label:

Cezame Metal Factory

Style:

Metal Progressif instrumental

Chroniqueur:

Didier

Note:

17.5/20

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Je ne connaissais pas du tout le groupe [STÖMB] qui a pourtant été chroniqué sur le site d’abord pour le premier album The Grey, sorti en 2015, puis pour l’EP Duality, sorti en 2017. Dans les deux cas, les notes ont été atomiques, j’aurais dû être plus attentif, d’autant que je suis amateur de metal instrumental et que c’est justement de cela dont il s’agit. Le groupe a été créé en 2012, il est originaire de Paris et, pour être complet, leur discographie inclut aussi un premier EP, Fragment, sorti en 2013. Le groupe est aujourd’hui  constitué d’Aurélien De Freitas et Tom Bonetto aux guitares, d’Alex Garachon à la basse et de Tom Gadonna à la batterie. Dès qu’on se penche sur la carrière du groupe, on remarque que le graphisme et le visuel sont des éléments très importants. Je vous laisse regarder la vidéo de Ephemeral, pour comprendre de quoi je veux parler.

L’album est composé de dix morceaux, dont seulement un seul est en dessous des cinq minutes. Le tout fait plus de soixante-et-onze minutes. L’album est donc instrumental, progressif, typé djent. Les seules interventions de voix, sont celles d’une femme qui crie et pleure de façon glaçante dans Void Divine et de chœurs vaporeux de femme, dans Ephemeral. L’album est ponctué d’interventions de sons électroniques (intro style sous-marin dans Dimension Zero, Extrasensory, The Hologram, Towards Delivrance) qui viennent enrichir le son du groupe déjà riche en émotions puisque alternant à merveille les ambiances musicales contrastées, n’hésitant pas à passer de moments planants à d’autres aux riffs acérés comme des lames de katana. Question thème, c’est évidemment compliqué puisque sans aucun texte, mais le groupe arrive à nous faire voyager dans son univers mélancolique et un poil déprimant, censé explorer les thèmes philosophico-prise-de-tête que sont le chaos cosmique, le néant et l’insignifiance de l’Homme dans l’univers. Prenez une feuille : vous avez quatre heures soixante-et-onze minutes ! 

La pochette, comme celle des précédentes réalisations, est très recherchée : sur celle-là, le groupe a travaillé avec l’artiste peintre Sylvie Gedda pour un résultat… un peu flippant. Et pour accompagner la pochette, dans un style qui fait vraiment flipper, je conseille Void Divine avec ses riffs de guitare en accordage bas et ses cris de femme sur un break cauchemardesque. On a vraiment l’impression d’assister à un vieux film d’horreur, ambiance vintage en noir et blanc, glaçant ! C’est un des meilleurs morceaux de cet album, à mon goût. Même remarque avec les montées de Through The Cosmic Depth : ambiances vraiment impressionnantes et tellement inquiétantes. Les autres morceaux sont heureusement un peu moins noirs mais restent toujours très “cinématographiques” (Dimension Zero, Embrace The Nihil). C’est moins noir, pas si sûr, car c’est plus souvent la bande son de tes cauchemars que celle de La Petite Maison Dans La Prairie. Ce qui est sûr c’est que chaque morceau apporte son lot de variations, de riffs monstrueux (Extrasensory, The Threshold, Final Transmission), de petits break inspirés, de reprises tout en nuances et qu’on a pas une seconde pour s’ennuyer. A noter la présence de Pierre Danel (guitariste de Kadinja) sur le dernier morceau de l’album, Towards Delivrance. Quand je vous disais que le style du groupe était typé djent.

Au final,  je ne sais toujours pas si c’est du chaos cosmique ou du néant, je suis par contre convaincu que l’Homme est un élément insignifiant à l’échelle de l’univers ; mais je sais aussi que j’aime le metal instrumental et que [STÖMB] nous en livre là une magnifique pièce. Les amateurs du style ne peuvent passer à côté. Alors oui, c’est sombre, mais c’est beau (c’est bien connu que le noir c’est beau), racé et subtil, d’une “sombritude” qui fait réfléchir ou qui apaise le cerveau (selon l’humeur), qui transporte aussi, intérieurement ou dans les cieux (selon l’humeur), bien pratique en ces temps de confinement. Je vous recommande de chercher certaines vidéo YouTube qui mettent des images incroyables sur la musique de [STÖMB], une hypnotisante expérience. Mais pour moi, c’est le genre d’album à écouter fort, seul, un bon bouquin en main et qui me fait basculer dans un autre espace temps, dans ma bulle… Hein ? Quoi ? Déjà fini ?

 

Tracklist de From Nihil :

01. Dimension Zero
02. Void Divine
03. Extrasensory
04. Ephemeral
05. The Hologram
06. Embrace The Nihil
07. The Threshold
08. Final Transmission
09. Through The Cosmic Depth
10. Towards Deliverance

 

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